Biographie de la faim

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Réaction à chaud, je viens de finir ce roman à l’instant. Biographie de l’enfance d’Amélie Nothomb, de sa toute petite enfance a ses vingt ans. Difficile de faire un résumé de ce livre car on suit pas à pas son évolution au fil des ans et des pays qu’elle traverse (son père étant diplomate, elle n’a jamais vécu plus de trois ans dans un même pays). Le principal ressenti que j’ai pu avoir, c’est cette joie durant l’enfance, qu’elle retranscrit à merveille dans les premiers chapitres. Il m’arrive de rire en lisant mais pour le coup je revois encore la tête de mon amoureux en face de moi, me demandant ce qu’il y a de si drôle. Petit à petit, au fur et à mesure que les chapitres (et donc les années) passent, j’ai ressenti le mal être qui s’est installé, ce mal être qui survient durant l’adolescence et qu’elle traduit si bien en mots que durant toute la deuxième moitié du roman, je me sentais oppressée et je ne riais plus du tout.

Je vous en dis un peu plus plus bas.

Résumé royal:

Les vingt premières années d’Amélie Nothomb, de la joie de l’enfance au mal être de l’adolescence. Difficile de faire un résumé.

Résumé au dos du livre:

L’auteur de Stupeur et tremblements et de Métaphysique des tubes fait revivre ses souvenirs de petite enfance au Japon mais aussi à Pékin, à New York, au Bangladesh et autres lieux où l’a conduite la carrière d’un père diplomate.
Au cœur du kaléidoscope : sa faim. Le mystère de la faim, la faim goinfre, joyeuse ou tragique et angoissante, quête perpétuelle d’un accomplissement inaccessible, qui explique autant l’histoire des peuples que celle des individus.
Les figures du père, d’une nourrice japonaise, d’une sœur tendrement aimée se dessinent aussi dans ce récit pudique et sincère, maniant l’humour noir et la provocation.

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Comme à chaque fois que je lis un livre d’Amélie Nothomb, déjà, impossible de le poser quand j’ai commencé à lire. Toujours envie de lire immédiatement ce qui suit. Aussi, cet humour décapant voire noir que j’aime tant. Et surtout, et ça c’est la première fois que je le ressent aussi intensément, cette capacité à transmettre à ce point ses émotions, que le lecteur ne peut que partager avec elle cette joie de l’enfance qui s’étiole petit à petit au fil des années. C’est exactement ce que j’ai ressenti au fil de ma lecture. Moi qui riait tant au début, j’ai perdu petit à petit mon sourire jusqu’à ressentir un profond malaise. Merci à Amélie d’avoir évoqué ses vingt ans dans les dernières pages, qui ont été un second souffle pour elle et qui m’ont évité de finir ma journée complètement déprimée!

Les -: Difficile de trouver des points négatifs pour ce livre qui m’a tellement troublée que je suis complètement incapable de dire ce qui ne va pas. Si je voulais être pointilleuse, je dirais que tout va un peu trop vite dès le moment où elle arrive au Bangladesh. Moment qui correspond au début de son adolescence et qui m’amène à me contredire: si elle avait approfondi cette période, je pense que la dose de déprime causée par le livre aurait été beaucoup trop forte à supporter pour moi. Donc c’est bien comme ça en fait.

Ma note:

17/20  Ce livre m’a tellement troublée (je me répète mais troublée est le terme vraiment plus qu’approprié) que je suis incapable de dire à d’autres personnes s’il va leur plaire. Personnellement j’ai vraiment beaucoup aimé mais je peux comprendre que certains aient détesté le malaise que provoque cette lecture. Je ne peux que vous conseiller de le lire pour me donner votre avis car je suis très curieuse de savoir le ressenti d’autres lecteurs.

Citations choisies:

J’aime tellement le style d’Amélie Nothomb qu’il m’est difficile de faire un choix et de ne pas recopier la moitié du livre.

« Les cas le plus flagrants étaient les contes de fées. Un fabuleux créateur d’histoires tirait du néant des commencements formidables : là où il n’y avait rien il installait des mécaniques sublimes, des astuces narratives qui mettaient l’eau à la bouche de l’esprit. Il y avait des bottes de sept lieues, des citrouilles transformistes, des animaux pourvus d’une belle voix et d’un vocabulaire étendu, des robes couleur de lune, des crapauds qui se prétendaient princes. Et tout cela pour quoi? Pour découvrir que le crapaud était réellement un prince et qu’il fallait donc l’épouser et avoir de lui beaucoup d’enfants.  De qui se moquait-on? »

« Or j’étais le contraire d’une esclave puisque j’étais Dieu. Je régnais sur l’univers et en particulier sur le plaisir, prérogative des prérogatives, que je m’organisais à longueur de journée. »

« Juliette, dix ans et demi, était mon rêve. Quand on lui demandait ce qu’elle voulait devenir à l’âge adulte, elle répondait : « Fée ». En vérité, elle en était une de toute éternité, comme le prouvait son joli visage toujours dans la lune. Sa plus grande ambition était d’avoir un jour les cheveux les plus longs du monde. Comment ne pas aimer follement un être animé d’aussi nobles desseins? »

« Pour me rassurer, je voulus trop d’amour. Tel un suzerain médiéval accablant d’impôts son peuple exsangue, je réclamai à mes favorites d’inhumains tributs amoureux : je les mis littéralement à genoux. »

« J’avais lu pour qu’on m’admire. Je lisais et je découvrais que j’admirais. Admirer était une activité exquise, cela donnait des picotements dans les mains et facilitait la respiration. »

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2 réflexions sur “Biographie de la faim

    • Merci pour ce gentil commentaire! Moi le premier roman que j’ai lu de cet auteur est Mercure. Qui a vraiment été une belle entrée en matière. Si tu ne l’as pas lu je te le conseille vivement! Et j’ai adoré Hygiène de l’assassin aussi.

      Aimé par 1 personne

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