Danse, danse, danse

Enfin terminé! Je déteste lire un roman par petites vagues, vraiment je déteste ça! Bon, autant te le dire tout de suite ça va être un peu difficile pour moi de te parler de ce livre. J’ai vraiment adoré cette lecture! Mais c’est tellement Murakamiesque que c’est difficile d’en faire un résumé vois-tu (oui j’ai décidé de te tutoyer. On se connaît bien maintenant non? Ça te gêne?)! Cette histoire est la suite de La course au mouton sauvage que j’ai chroniqué un peu plus tôt ici. Il est possible de lire ce roman indépendamment de l’autre sans problème, mais dans ce cas certaines subtilités risquent de t’échapper car on retrouve le même narrateur (et quelques autres personnages) qui fait souvent allusion a des événements qui s’y sont produits. Comment parler de ce livre? J’ai lu à propos de ce roman, je cite : « Murakami a déclaré qu’écrire Danse, danse, danse avait été un acte de guérison après le succès inattendu de La Ballade de l’impossible et que, à cause de cela, il avait préféré l’écriture de Danse, danse, danse à celle de tout autre roman. » Et bien voilà, on y est! C’est ça ce roman, un roman qui fait du bien! Toujours ce côté poétique de la littérature japonaise, ces alternances entre le monde réel et celui du rêve, si bien qu’on a parfois du mal à les dissocier l’un de l’autre, cette alternance entre lenteur-langueur et précipitation des événements, qui aussitôt s’évaporent pour laisser de nouveau la place à l’introspection et la monotonie du quotidien. Voilà, ce roman, c’est tout ça.

Résumé royal:

On retrouve notre narrateur sans nom, qui éprouve un besoin irrépressible de retourner à l’hôtel du dauphin (cf La course au mouton sauvage). Il décide alors de tout mettre en pause et ce rend à Sapporo afin de découvrir ce qui l’attire tellement dans cet endroit. Mais là surprise, au lieu de retrouver le petit hôtel miteux qu’il a connu quatre ans plus tôt, il découvre une immense tour, dont le seul point commun avec l’ancien hôtel est qu’elle porte le même nom. De là vont s’en suivre des rencontres, des rêves, du réel, des attentes, des morts, des amis, des retrouvailles, des visions, l’obscurité…

Résumé au dos du livre:

Persuadé qu’une ancienne rencontre l’y appelle en rêve, le narrateur, un publicitaire branché filles, bouffe et scotch, retourne séjourner dans un hôtel. Sur place, il constate que le modeste établissement s’est transformé en un palace d’une vingtaine d’étages. Ce qu’il va découvrir défie les règles de l’imagination. Une chose est sûre : sa vie a changé – et c’est le plus important.

Un roman qui nous emmène danser sur le fil toujours ténu de la réalité.

« Tu es relié à ce lieu et ce lieu est relié à tout ».

Ce que j’en ai pensé:

Les +: En plus de ce que j’ai dit plus haut, je dirais que ce que j’aime dans les romans de Murakami (et celui-ci en particulier) c’est que malgré le côté onirique-fantastique, ce sont des romans du quotidien. Malgré l’obsession du narrateur de résoudre cette intrigue qui l’obsède, l’auteur prend le temps de s’attarder sur les choses de la vie. Ses personnages accordent toujours beaucoup d’importance à la nourriture, ils prennent le temps de cuisiner, de boire un verre, de fumer une cigarette, de se promener dans la rue, d’errer sans but. Une grosse partie du roman est dédiée à cette contemplation de la vie quotidienne et QUE CA FAIT DU BIEN! Dans notre société où tout va si vite, de prendre le temps de lire des histoires de gens qui prennent leur temps! On ressort changé de ces lectures, grandis. Les personnages de Murakami dans tous les romans que j’ai lu jusque là n’accordent que très peu de place au superflu, et c’est une bonne leçon de vie que l’on tire de ces lectures.

Les -: Je ne sais pas. Tu m’en veux si je ne trouve rien?

Ma note:

18/20  Gros coup de cœur pour ce roman avec lequel j’ai passé un si bon moment. Je ne met pas 20 parce-que je ne pourrais pas aller jusqu’à dire qu’il a changé ma vie, mais un peu ma vision des choses de la vie, quand même!

Citations choisies:

« Un énorme singe gris cendre fit irruption dans la pièce, un marteau à la main, et me frappa l’occiput de toutes ses forces. Je sombrai aussitôt dans un sommeil profond comme un évanouissement.

Un sommeil hard et tight. J’étais plongé dans le noir, je n’y voyais goutte. Pas la moindre note de musique. Pas de Moon river, ni d’amour est bleu. Un sommeil simple et sans décor. Quel chiffre vient après 16? demanda quelqu’un. 41, répondis-je. Il dort, dit le singe gris cendre. Oui, je dors. Je dors profondément, le corps roulé en boule comme un écureuil, à l’intérieur d’une boule de fer très dure. Une de ces masses d’acier qu’on utilise pour détruire les immeubles. Elle est vide. Et je suis endormi à l’intérieur. »

« Quelle ineptie! Enfin, ce que je veux dire, c’est que tous ces besoins sont artificiellement créés. Ça ne te viens pas naturellement, c’est fabriqué de toutes pièces. On crée l’illusion que des choses inutiles sont complètement indispensables. C’est très simple, il suffit de produire rapidement des informations, du genre : l’endroit où il faut habiter, c’est Minato-ku, la voiture à avoir, une BMW, la montre, une Rolex, et on répète ça tellement de fois que tout le monde finit par y croire. Une certaine catégorie de gens se persuade que toutes ces choses vont les différencier des autres. Ils ne seront plus comme tout le monde. Et ils ne se rendent pas compte qu’au contraire ils deviennent exactement comme tout le monde! Ils manquent totalement d’imagination. C’est une simple information artificiellement créée. Une illusion totale. Moi je suis profondément écœuré par tout ça. »

« Car quelles que soient leur raison d’être, les ténèbres inspirent toujours à l’homme une terreur sans nom. Elles peuvent nous aspirer, déformer notre existence, nous faire disparaître. Qui peut encore posséder une certitude dans des ténèbres absolues? La raison d’être des ténèbres, qui croit à une chose pareille? Les ténèbres déforment, métamorphosent, effacent purement et simplement tout. Et le néant, qui est la seule logique des ténèbres, recouvre tout. »

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