Les amants du Spoutnik

Hello! Je reviens encore une fois avec un Murakami (promis je passe à autre chose ensuite), cette fois Les amants du Spoutnik. J’ai commencé cette lecture dans l’avion en partant pour Lisbonne, et je n’y ai plus touché jusqu’à mon retour, n’ayant ni le temps ni vraiment la tête à la lecture. Je viens de le finir à l’instant, et j’avoue être encore un peu chamboulée par la fin. J’ai voulu écrire cet article « à chaud » pour essayer d’être la plus juste au niveau de mon ressenti, j’espère y parvenir au mieux. A vrai dire j’ai été un peu déstabilisée par la première moitié du roman, ne reconnaissant pas l’écriture de Murakami. J’ai vraiment eu l’impression que le livre était coupé en deux. La première partie étrangement classique, et puis d’un coup, pile au milieu du roman, retour à « l’anormale ». Des chats, la Lune, la plage, la nourriture, les cigarettes, l’alcool, Ouf! C’est bien lui! Pour vous la faire courte, j’ai beaucoup aimé cette lecture, et je trouve que ce roman ne ressemble pas vraiment (un peu bien sûr) aux autres, dans le sens où cette fois, le côté onirique auquel nous sommes habitués, est présent mais empli d’une profonde tristesse. C’est un roman qui ne nous laisse pas indemne, surtout quand on a subi la disparition de quelqu’un de proche. Murakami retranscrit de façon magistrale l’émotion et la solitude que l’on peut ressentir à la perte de quelqu’un qu’on aime, sans en faire trop, et c’est là qu’on voit le génie de cet auteur (et c’est pour ça que je l’aime!!!).Murakami in plane

Résumé royal:

K, le narrateur et Sumire, une amitié étrange mais sincère, la passion pour la littérature, l’envie d’écrire, des amours non réciproques, le désir, une rencontre, Miu, le changement, le voyage, la vieille dame mangée par ses chats, la disparition, l’avion, l’absence, le rêve. Le manque. La solitude…

Résumé au dos du livre:

K. est amoureux de Sumire, mais dissimule ses sentiments sous une amitié sincère. La jeune fille est insaisissable, et voue un amour destructeur à une mystérieuse femme mariée. Un jour, Sumire disparaît, sans laisser de traces. K. part à sa recherche sur une île grecque, dans les rues de Tokyo, ou tout le ramène à elle.

« Une fable du troisième millénaire : des êtres séparés, un amour impossible, le néant spirituel, un vide implacable. Envoûtant. »
Céline Geoffroy, Les Inrockuptibles

Ce que j’en ai pensé:

Les +: La façon d’écrire de Murakami, encore et toujours. C’est beau, c’est poétique, mélancolique. L’alternance entre la narration par K. et les flash-back sur les histoires de Sumire et Miu vus cette fois par Sumire est menée avec brio.

Le fait de basculer d’un coup de la plus grande normalité à des événements quasi fantastiques, où tout s’accélère, où on ne démêle plus le vrai du faux.

Et surtout, comme je l’ai déjà dit, la fin. Je ne veux pas trop en dire, simplement, je remercie Murakami d’avoir mis des mots justes là où il est très difficile de le faire, tout en délicatesse, sans tomber dans le mélodrame, simplement poser des mots, décrire un ressenti, sans chercher à se torturer l’esprit pour comprendre pourquoi la douleur, pourquoi on se sent si seul, etc. Il nous montre simplement qu’il n’y a rien à comprendre, que c’est normal. Et ça fait du bien, et c’est doux même si c’est triste.

Les -: Simplement peut être l’écriture (je chipote là bien sûr) qui m’a semblée un peu moins recherchée que dans les autres livres. Peut être est-ce dû à la traduction, je ne sais pas. Des phrases plus courtes, plus simples. Il m’a semblé que ce livre là était un peu différent des autres. Ou peut être que c’est l’écriture complexe de Thomas Clerc qui a laissé ses traces dans mon esprit (je vais donc prononcer un sortilège de désenvoûtement pour pallier à ça tout de suite!).

Ma note:

17/20  Pas mon préféré de Murakami, j’ai quand même adoré. Je vous le recommande à 200% mais à éviter si vous déprimez un peu. Je vais lire un roman jeunesse maintenant tiens, pour changer!

Citations choisies:

« Pourtant, au risque d’énoncer un lieu commun de plus et de généraliser, j’ajouterai qu’une certaine part d’inutilité me paraît indispensable à nos vies imparfaites. Si nous en retirions tout ce qui est inutile, l’imperfection elle-même disparaîtrait. »

« C’est simple. Il suffit de rêver. Rêver sans cesse. Entrer dans le monde des songes, et ne plus en ressortir. Vivre éternellement dedans.

Car, dans les rêves, il n’est pas nécessaire d’établir des distinctions entre les choses. Pas du tout nécessaire. Les frontières n’existent pas. Et du coup, dans les rêves, les collisions se produisent rarement. Même quand il y en a, elles ne sont pas douloureuses. La réalité, c’est différent. La réalité, ça mord. Réalité, réalité. »

« J’adore cette phrase. Je crois que voilà un des principes fondamentaux de la réalité : accepter que les choses difficiles à comprendre soient difficiles à comprendre. […] Voilà pourquoi je me suis mise à écrire. J’ai réfléchi de manière quotidienne, et ainsi j’ai conçu un rêve au sein du royaume sans nom qui se trouve dans le prolongement de ma pensée – un fœtus aveugle nommé compréhension, qui flotte dans le liquide amniotique universel et écrasant de l’incompréhension. »

« Pourquoi est-il nécessaire que nous soyons si seuls? Tant de gens vivent dans ce monde en attendant quelque chose les uns des autres, et ils sont néanmoins contraints à rester irrémédiablement coupés des autres. Cette planète continue-t-elle de tourner uniquement pour nourrir la solitudes des hommes qui la peuplent? »

« C’est ainsi que nous poursuivons nos existences, chacun de notre côté. Si profondément fatale que soit la perte, si essentiel que soit ce que la vie nous arrache des mains, nous sommes capables de continuer à vivre, en silence – même lorsqu’il ne reste plus de notre être qu’une enveloppe de peau, tant nous avons changé intérieurement. »

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