Un homme qui dort

 

Cet article ne sera pas comme les autres, parce que ce roman (si l’on peut parler de roman, mais oui, je crois) ne ressemble pas aux autres.

Ce roman est une expérience. Ce roman c’est la contemplation, la recherche de l’indifférence mais la mise en exergue de tous les sens. Ce roman c’est des images, des odeurs, des sons, des sensations. Ce roman c’est le temps qui passe. Ce roman c’est la solitude. Ce roman c’est des humeurs variables. Ce roman est une ritournelle, tout ressemble à tout, la vie est une éternelle répétition.

Ce roman c’est l’enfermement de la petite chambre ou l’enfermement de la grande ville.

Ce roman c’est la fuite de la vie.

Ce roman c’est du gris, partout, et une bassine de plastique rose.

Ce roman est merveilleusement bien écrit.

Ce roman est une leçon.

Extraits choisis: 

« Au fil des heures, des jours, des semaines, des saisons, tu te déprends de tout, tu te détaches de tout. Tu découvres, avec presque, parfois, une sorte d’ivresse, que tu es libre, que rien ne te pèse, ne te plaît ni ne te déplaît. »

« Tu te vois, tu te vois te voir, tu te regardes te regarder. Même si tu t’éveillais, ta vision demeurerait identique, immuable. Même si tu parvenais à t’ajouter des milliers, des milliards de paupières, il y aurait encore, derrière, cet œil, pour te voir. Tu ne dors pas, mais le sommeil ne viendra plus. Tu n’es pas éveillé et tu ne te réveilleras jamais. Tu n’es pas mort et la mort même ne saurait te délivrer… »

« Tu traînes dans les rues, tu entres dans un cinéma ; tu traînes dans les rues, tu entres dans un café ; tu traînes dans les rues, tu regardes la Seine, les boucheries, les trains, les affiches, les gens. Tu traînes dans les rues, tu entres dans un cinéma où tu vois un film qui ressemble à celui que tu viens de voir, la même histoire béate racontée par un monsieur trop intelligent, pleine de gentillesse et de musique, et puis l’entracte, des films publicitaires que tu as vus vingt fois, cent fois, les actualités que tu as vues dix fois, vingt fois, un documentaire sur les sardines, ou sur le soleil, sur Hawaï ou sur la Bibliothèque Nationale, la bande-annonce d’un film que tu as déjà vu et que tu verras encore, le film que tu viens de voir qui recommence encore une fois, avec son générique morcelé, la plage d’Etretat, la mer, les mouettes, les enfants qui jouent sur le sable. »

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