L’ère du soupçon

Couverture L'Ère du soupçon

Fatiguée, je suis. Mes lectures, de finir, j’essaie.

La Princesse de Clèves, je picore. Pas totalement emballée. Mais de ça, je vous en reparle plus tard.

J’ai lu l’ère du soupçon, de Nathalie Sarraute, très intéressant pour qui veut en savoir plus sur ce qu’est le nouveau roman. J’ai passé la première partie, très intéressante, mais trop de références à des auteurs que je n’ai pas encore lus. J’y reviendrai plus tard.

Des citations valent mieux qu’un long discours. Je vous incite quand même à parcourir ce livre, très intéressant.

Citations choisies :

« Dans son mouvement incessant qui la fait se déplacer toujours vers cette ligne mobile où parvient à un moment donné la recherche et où tout porte le poids de l’effort, elle a brisé les cadres du vieux roman et rejeté, les uns après les autres, les vieux accessoires inutiles. Les loupes et les gilets rayés, les caractères et les intrigues pourraient continuer à varier à l’infini sans révéler aujourd’hui autre chose qu’une réalité dont chacun connaît, pour l’avoir parcourue en tous sens, la moindre parcelle. »

« Tous ces sentiments du lecteur à l’égard du roman, l’auteur, il va sans dire, les connaît d’autant mieux que, lecteur lui-même, et souvent assez averti, il les éprouve.

Aussi, quand il songe à raconter une histoire et qu’il se dit qu’il lui faudra, sous l’œil narquois du lecteur, se résoudre à écrire : « La marquise sortit à cinq heures », il hésite, le cœur lui manque, non, décidément, il ne peut pas. »

« Il faut donc empêcher le lecteur de courir deux lièvres à la fois, et puisque ce que les personnages gagnent en vitalité facile et en vraisemblance, les états psychologiques auxquels ils servent de support le perdent en vérité profonde, il faut éviter qu’il disperse son attention et la laisse accaparer par les personnages, et, pour cela, le priver le plus possible de tous les indices dont, malgré lui, par un penchant naturel, il s’empare pour fabriquer des trompe-l’œil. »

« Ainsi, par un mouvement analogue à celui de la peinture, le roman que seul l’attachement obstiné à des techniques périmées fait passer pour un art mineur, poursuit avec des moyens qui ne sont qu’à lui une voie qui ne peut être que la sienne ; il laisse à d’autres arts – et notamment au cinéma – ce qui ne lui appartient pas en propre. Comme la photographie occupe et fait fructifier les terres qu’à délaissées la peinture, le cinéma recueille et perfectionne ce que lui abandonne le roman. »

« Le soupçon, qui est en train de détruire le personnage et tout l’appareil désuet qui assurait sa puissance, est une de ces réactions morbides par lesquelles un organisme se défend et trouve un nouvel équilibre. Il force le romancier à s’acquitter de ce qui est, dit Philip Toynbee, rappelant l’enseignement de Flaubert, « son obligation la plus profonde : découvrir de la nouveauté », et l’empêche de commettre « son crime le plus grave : répéter les découvertes de ses prédécesseurs ». »

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