Le passage de la nuit

Il est de ces moments o√Ļ, relisant un livre, tu te rem√©mores des sensations lointaines, rang√©es dans un coin oubli√© de ta m√©moire. Les sensations de tes 15 ans, cette √©poque o√Ļ peu importait la r√©alit√©, o√Ļ seule ta soif de d√©couvrir te faisait vivre, o√Ļ rien d’autre que tes envies n’avait d’importance… J’ai pris plaisir √† red√©couvrir ce livre, celui par lequel j’ai d√©couvert Haruki Murakami, il y a 11 ans. Il m’a d’ailleurs sembl√© que c’√©tait le meilleur choix, que c’est par celui ci qu’il fallait commencer. Ce livre c’est une nuit √† Tokyo, o√Ļ le temps s’√©graine lentement, o√Ļ on retrouve cette nostalgie que sait si bien instaurer cet auteur, et que j’ai d’autant plus ressentie qu’il a r√©veill√© beaucoup de souvenirs. Ce livre est un temps de m√©ditation et de calme, o√Ļ l’on s’autorise √† ralentir, √† faire une pause avant de retourner √† une vie o√Ļ tout va parfois trop vite…

Résumé royal:

Un restaurant, Tokyo la nuit, une chambre, un love h√ītel, un masque, des vinyles, l’horloge de la nuit, les cam√©ras de surveillance, une moto, l’heure des fant√īmes, le bureau d√©sert, de la musique classique, du lait entier et une pomme choisis avec soin, un caf√©, une r√©ponse taille M, des sandwiches au thon et au mercure, le square aux chats…

Résumé au dos du livre:

Dans un bar, Mari est plong√©e dans un livre. Elle boit du th√©, fume cigarette sur cigarette. Surgit alors un musicien qui la reconna√ģt. Au m√™me moment, dans une chambre, Eri, la soeur de Mari, dort √† poings ferm√©s, sans savoir que quelqu’un l’observe. Autour des deux sŇďurs vont d√©filer des personnages insolites : une prostitu√©e bless√©e, une g√©rante d’h√ītel vengeresse, un informaticien d√©sabus√©, une femme de chambre en fuite. Des √©v√©nements bizarres vont survenir: une t√©l√©vision qui se met brusquement en marche, un miroir qui garde les reflets… A mesure que l’intrigue progresse, le myst√®re se fait de plus en plus dense, sugg√©rant l’existence d’un ordre des choses puissant et cach√©. Le temps d’une nuit, Haruki Murakami nous entra√ģne dans un Tokyo sombre, hypnotique, aux pr√©mices d’un drame.

Ce que j’en ai pens√©:

Les +: Sous ses aspects sombres et inqui√©tants, j’ai plus ressenti du calme que de l’inqui√©tude √† la lecture de ce roman. Cet auteur a vraiment un don pour instaurer cette ambiance de qui√©tude dans ses romans. √áa fait du bien!

Encore et toujours chez Murakami, le c√īt√© onirique, surnaturel, qui se m√™le √† la r√©alit√©. On est incapable de distinguer le r√™ve du r√©el, sans que cela ne pose aucun probl√®me.

Les personnages, dont on ne sait pas grand chose, et pourtant attachants.

Et bien s√Ľr, comme √† chaque fois, c’est un livre qui parle de nourriture! A chaque fois que je lis Murakami, j’ai faim!

Les -: Certains passages un peu longuets peut √™tre, mais sans que j’arrive vraiment √† d√©finir pourquoi.

Ma note:

17/20 Voil√† un livre qui fait du bien quand on se sent stress√© (mon dieu que je d√©teste ce mot!). On se pose, au calme de cette nuit, et on s’interroge sur la r√©alit√© sans en √™tre vraiment affect√©. C’est un livre qui donne envie de prendre le temps de vivre.

Citations choisies:

« Elle interrompt sa lecture, regarde par la fen√™tre. De son point de vue, au premier √©tage, elle peut observer le boulevard anim√©. M√™me √† cette heure, les passants sont nombreux, les lumi√®res vivent. Des gens sans destination, d’autres avec. Des gens sans but, d’autres avec. Des gens qui essaient de retenir le temps, d’autres qui cherchent √† en pr√©cipiter le cours. Apr√®s avoir contempl√© quelques instants le spectacle urbain ininterrompu, la fille inspire et se replonge dans son livre. Elle saisit sa tasse. Sa cigarette √† peine entam√©e se consume sur le cendrier et forme une longue cendre r√©guli√®re. »

« A l’√©vidence, il y a l√† quelque chose de tout √† fait incompatible avec le naturel. Voil√† √† peu pr√®s ce que l’on est en mesure de comprendre pour le moment. »

« Tu sais, nos vies ne sont pas d√©coup√©es simplement en « sombre » et « lumineux « . Il y a une zone interm√©diaire qui s’appelle « clair-obscur « . La saine intelligence consiste √† en distinguer les nuances, √† les comprendre. Et, pour acqu√©rir cette saine intelligence, il faut pas mal de temps et d’efforts. »

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