Chroniques de l’oiseau à ressort

Bon, alors là, j’espère que tu as un peu de temps à m’accorder… Votre majesté est déboussolée très cher(e)! Il m’a fallu trois semaines pour lire ce bouquin! Pas parce-qu’il est long (950 pages), plutôt parce-que j’étais incapable de le lire d’une traite… Je pense avoir lu plus de la moitié des romans de Murakami, mais aucun ne m’avait jusque-là à ce point déstabilisée. Ce roman est un ovni! Tu ne peux pas le lire en quelques jours comme ça sans le reposer, tu risquerais d’être entraîné dans l’histoire, c’est à en devenir fou! C’est un bouquin qui mérite que tu le fermes de temps en temps pour y réfléchir. Et arrivée à la fin, je ne sais pas si je l’ai véritablement aimé ou non… je crois que oui.

Résumé royal:

Un chat disparu, un oiseau à ressort invisible, une voisine qui traîne la jambe, un oiseau qui écarte les ailes mais ne pourra jamais voler, un puis à sec, des enfances difficiles, un patron de pressing amateur de jazz, une étrange histoire, une enquête « prune, pin, bambou », un drôle d’héritage, une échelle de corde, un prestidigitateur, une prostituée de la conscience, des révélations à la piscine municipale, une tâche sur le visage…

Résumé au dos du livre:

Le jour où sa femme disparaît inexplicablement, la vie de Toru Okada bascule – et emporte avec elle les repères du monde. C’est dans une réalité qui s’enfuit sous d’excentriques mirages que le jeune homme s’éveille un matin. Un théâtre d’ombres débutant par de mystérieux coups de téléphone, et où se croisent peu à peu des êtres déroutants, inclassables, aux confins d’un univers guidé par le chant d’un oiseau à ressort…

« Haruki Murakami crée des univers dont on est aussitôt prisonnier… Le charme opère : on est absorbé par cette lecture qui tient du manga et de l’uchronie, mais aussi et surtout par une atmosphère qui n’appartient qu’à Murakami. » Amélie Nothomb, Le Monde des Livres

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Encore et toujours, les côtés onirique et surnaturel des romans de Murakami, encore plus présents, peut-être, dans ce roman.

Le personnage de May Kasahara, drôle, loufoque, qui apporte un peu de légèreté dans cette histoire.

Le personnage d’Ushikawa, vraiment dérangeant. Le même Ushikawa que dans 1Q84?

Les -: Il m’a manqué des passages de la vie réelle, comme je les aime tant dans les romans de Murakami. Je trouve qu’il est l’un des auteurs qui décrit si bien les petites choses de la vie courante, comme si c’était quelque chose qui méritait que l’on en face un récit, qu’il donne envie de vivre, simplement, de s’asseoir dans sa cuisine, de se poser pour boire un café ou une bière en écoutant la radio ou en silence… Ces aspects là, cette sérénité de la vie quotidienne qui nous rattache toujours à la réalité, sont moins présents dans ce roman, et ça m’a manqué.

Certaines longueurs parfois, surtout dans les récits historiques, où j’ai eu tendance à décrocher. Non pas que ça ne m’ait pas intéressé, mais ne connaissant pas le contexte, c’était un peu compliqué à suivre. En revanche , il faut avoir le cœur bien accroché durant ces passages parce-que certaines descriptions sont à la limite du soutenable. Je t’aurai prévenu(e)!

Ma note:

15/20 Je ne sais toujours pas quoi penser de ce livre. Je l’ai aimé, il m’a dérangée, je l’ai fermé plusieurs fois, puis ré-ouvert, j’ai réfléchi, j’ai compris, puis me suis perdue…

Citations choisies:

« Je lui versai une nouvelle tasse de café. Elle y mit de la crème, tourna lentement la cuillère. De mon côté, je bus une gorgée de mon café noir. A petits coups secs, l’horloge du salon frappait contre le mur du temps. »

« Tous les éléments s’entremêlaient comme les pièces d’un puzzle en trois dimensions. Un puzzle où la vérité n’était pas forcément la réalité, et la réalité n’était peut-être pas la seule vérité. »

« Mes larmes tombaient bruyamment par terre, aussitôt absorbées par les flaques de lune. Sous les rayons laiteux, je les voyais briller, comme de magnifiques cristaux. Tout d’un coup, je me suis rendu compte que mon ombre pleurait aussi : l’ombre de mes larmes se découpait nettement sur le mur. Oiseau-à-ressort, as-tu déjà regardé l’ombre de tes larmes? Ce n’est pas une ombre ordinaire, ça n’a rien à voir. C’est un ombre venue exprès de nos cœurs d’un autre monde lointain. En les voyant, je me suis demandé si, en réalité, ce n’était pas mon ombre qui pleurait de vraies larmes, dont les miennes n’étaient qu’un pâle reflet. »

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