Kafka sur le rivage

Ce livre est un voyage initiatique.

On y croise un homme qui parle avec les chats et à qui il manque la moitié de son ombre, un chauffeur routier qui découvre la musique classique, une femme gay, un adolescent en quête de vérité et une âme cherchant le repos.

Dans ce livre, les poissons tombent du ciel.

Tout commence par une malédiction.

Ce livre est un éloge de la liberté et de la culture.

Tout finit au pays des merveilles.

Ce livre est une métaphore de la vie dans laquelle le manque est omniprésent.

Marcher dans la forêt, de plus en plus loin et ne plus avoir peur.

Ce livre a changé ma vie et j’ai pris énormément de plaisir à le relire.

☔     ☔     ☔

« Parfois, le destin ressemble à une tempête de sable qui se déplace sans cesse. Tu modifies ton allure pour lui échapper. Mais la tempête modifie aussi la sienne. Tu changes à nouveau le rythme de ta marche, et la tempête change son rythme elle aussi. C’est sans fin, cela se répète un nombre incalculable de fois, comme une danse macabre avec le dieu de la Mort, juste avant l’aube. Pourquoi ? Parce que la tempête n’est pas un phénomène venu d’ailleurs, sans aucun lien avec toi. Elle est toi-même, et rien d’autre. Elle vient de l’intérieur de toi. Alors, la seule chose que tu puisses faire, c’est pénétrer délibérément dedans, fermer les yeux et te boucher les oreilles afin d’empêcher le sable d’y entrer, et la traverser pas à pas. Au cœur de cette tempête, il n’y a pas de soleil, il n’y a pas de lune, pas de repères dans l’espace ; par moments, même le temps n’existe plus. Il n’y a que du sable blanc et fin comme des os broyés qui tourbillonne haut dans le ciel. Voilà la tempête de sable que tu dois imaginer. »

« Mais je déteste par dessus tout les gens qui manquent d’imagination. Ceux que T.S Eliot appelait « les hommes vides ». Ils bouchent leur vide avec des brins de paille qu’ils ne sentent pas, et ne se rendent pas compte de ce qu’ils font. Et avec leurs mots creux, ils essaient d’imposer leur propre insensibilité aux autres. »

« – Mon camion pue le poisson, ça ne vous fait rien? demanda-t-il.

 – Nakata aime beaucoup le poisson.

    Le routier se mit à rire. 

 – T’es pas ordinaire, toi au moins!

 – Oui, on me le dit parfois.

 – Moi, j’aime bien les gens bizarres. Je me méfie des gens normaux qui mènent une vie normale. »

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