Ni d’Eve ni d’Adam

Au début des cours de français.

Puis deux histoires d’amour.

Une avec un Japonais, beau et incroyablement gentil qui veut devenir Templier.

La deuxième avec ce pays sublime où règne en maître le Mont Fuji, et où les kakis son auréolés de flocons blancs.

Récit d’une intimité qui fait rire puis bouleverse.

Formidable éloge de la liberté, qui n’a pas de prix et pour laquelle on peut tout abandonner.

J’ai beaucoup ri durant cette lecture, beaucoup appris aussi.

Sur Amélie, sur la vie…

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« Le garçon observait mon manège et je jure que je vis dans ses yeux ce constat : « Les Belges sont des gens bizarres. » L’hôpital se foutait de la charité. »

« On tombe amoureux de ceux que l’on ne supporte pas, de ceux qui représentent un danger insoutenable. »

« Pourquoi ne pouvais-je me débarrasser de la conviction que j’y étais surveillée par une caméra? Une impression d’œil invisible m’accompagnait. Je grimaçai vers le plafond, puis vers les murs : il ne se passa rien. L’ennemi était rusé qui feignait de ne pas remarquer mon inconduite. Méfiance.

Le garçon me surprit en train de tirer la langue à une peinture contemporaine. 

 – Tu n’aimes pas l’oeuvre de Nakagami? demanda-t-il. 

 – Si. C’est magnifique, dis-je avec un enthousiasme sincère envers la toile sublime d’obscurité. 

Rinri dut en conclure que les Belges montraient leur langue aux tableaux qui les bouleversaient. »

« On devrait toujours avoir quelque chose à fuir, pour cultiver en soi cette possibilité merveilleuse. D’ailleurs, on a toujours quelque chose à fuir. Ne serait-ce que soi-même. 

La bonne nouvelle, c’est que l’on peut échapper à soi-même. Ce que l’on fuit de soi, c’est la petite prison que la sédentarité installe n’importe où. On prend ses cliques et ses claques et on s’en va : le moi est tellement étonné qu’il oublie de jouer les geôliers. »

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Lis ce livre, il est vraiment chouette! Et découvre cet auteur si tu ne la connais pas, elle est fabuleuse!

Et aussi je te conseille l’adaptation filmique de ce roman : Tokyo fiancée. Ce film est vraiment très bien, très fidèle au livre et les acteurs sont géniaux.

Regarde!

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Kafka sur le rivage

Ce livre est un voyage initiatique.

On y croise un homme qui parle avec les chats et à qui il manque la moitié de son ombre, un chauffeur routier qui découvre la musique classique, une femme gay, un adolescent en quête de vérité et une âme cherchant le repos.

Dans ce livre, les poissons tombent du ciel.

Tout commence par une malédiction.

Ce livre est un éloge de la liberté et de la culture.

Tout finit au pays des merveilles.

Ce livre est une métaphore de la vie dans laquelle le manque est omniprésent.

Marcher dans la forêt, de plus en plus loin et ne plus avoir peur.

Ce livre a changé ma vie et j’ai pris énormément de plaisir à le relire.

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« Parfois, le destin ressemble à une tempête de sable qui se déplace sans cesse. Tu modifies ton allure pour lui échapper. Mais la tempête modifie aussi la sienne. Tu changes à nouveau le rythme de ta marche, et la tempête change son rythme elle aussi. C’est sans fin, cela se répète un nombre incalculable de fois, comme une danse macabre avec le dieu de la Mort, juste avant l’aube. Pourquoi ? Parce que la tempête n’est pas un phénomène venu d’ailleurs, sans aucun lien avec toi. Elle est toi-même, et rien d’autre. Elle vient de l’intérieur de toi. Alors, la seule chose que tu puisses faire, c’est pénétrer délibérément dedans, fermer les yeux et te boucher les oreilles afin d’empêcher le sable d’y entrer, et la traverser pas à pas. Au cœur de cette tempête, il n’y a pas de soleil, il n’y a pas de lune, pas de repères dans l’espace ; par moments, même le temps n’existe plus. Il n’y a que du sable blanc et fin comme des os broyés qui tourbillonne haut dans le ciel. Voilà la tempête de sable que tu dois imaginer. »

« Mais je déteste par dessus tout les gens qui manquent d’imagination. Ceux que T.S Eliot appelait « les hommes vides ». Ils bouchent leur vide avec des brins de paille qu’ils ne sentent pas, et ne se rendent pas compte de ce qu’ils font. Et avec leurs mots creux, ils essaient d’imposer leur propre insensibilité aux autres. »

« – Mon camion pue le poisson, ça ne vous fait rien? demanda-t-il.

 – Nakata aime beaucoup le poisson.

    Le routier se mit à rire. 

 – T’es pas ordinaire, toi au moins!

 – Oui, on me le dit parfois.

 – Moi, j’aime bien les gens bizarres. Je me méfie des gens normaux qui mènent une vie normale. »

Sur les chemins noirs

Chuter.

Se relever et marcher.

Marcher pour chasser les démons. Marcher pour rester debout. Marcher parce qu’on ne peut vivre sans.

Partir sur les chemins noirs. Loin de tout, loin du monde.

Nostalgie. Pessimisme. L’actualité, le Monde, malgré tout trop présents.

Traverser par les campagnes la France d’un bout à l’autre. D’abord la Provence. Ensuite le Massif central.

Et puis retrouver la mer.

Le terme de ce périple.

Les eaux sombres de la Normandie.

Une angoisse s’insinue.

Et après?

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« Ayant reconquis l’usage de mes jambes, je ne pouvais pas désespérer. M’était rendue la liberté de mouvement, le droit de me carapater dès que pointait l’ombre d’une contrainte, d’une requête, d’une sommation – pire : dès que sonnait le téléphone. »

« Il ne s’agirait pas de mépriser le monde, ni de manifester l’outrecuidance de le changer. Non! Il suffirait de ne rien avoir de commun avec lui. L’évitement me paraissait le mariage de la force avec l’élégance. »

« Dans la descente, ce panneau sous les poiriers prouvait combien l’administration maternait les citoyens : La praticabilité de cet itinéraire n’est pas garantie. On devrait annoncer cela à tous les nouveau-nés au matin de leur vie! »

« Une seule chose était acquise, on pouvait encore partir droit devant soi et battre la nature. Il y avait encore des vallons où s’engouffrer le jour sans personne pour indiquer la direction à prendre, et on pouvait couronner ces heures de plein vent par des nuits dans des replis grandioses. 

Il fallait les chercher, il existait des interstices.

Il demeurait des chemins noirs.

De quoi se plaindre? « 

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J’ai aimé ce livre. Je découvre petit à petit cet auteur et chaque ligne me donne envie de dévorer les suivantes, chaque ligne me donne envie de prendre mon sac à dos et de partir, loin de tout. Mais même sur les chemins noirs, la mondialisation n’est jamais très loin. J’espère que l’on ouvrira les yeux assez tôt.

Merry Christmas

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Londres, ni son climat, n’avaient rien de bien agréable. Cependant on remarquait partout dehors un air d’allégresse, que le plus beau jour et le plus brillant soleil d’été se seraient en vain efforcés d’y répandre.

En effet, les hommes qui déblayaient les toits paraissaient joyeux et de bonne humeur ; ils s’appelaient d’une maison à l’autre, et de temps en temps échangeaient en plaisantant une boule de neige (projectile assurément plus inoffensif que maint sarcasme), riant de tout leur cœur quand elle atteignait le but, et de grand cœur aussi quand elle venait à le manquer.

Les boutiques de marchands de volailles étaient encore à moitié ouvertes, celles des fruitiers brillaient de toute leur splendeur. Ici de gros paniers, ronds, au ventre rebondi, pleins de superbes marrons, s’étalant sur les portes, comme les larges gilets de ces bons vieux gastronomes s’étalent sur leur abdomen, semblaient prêts à tomber dans la rue, victimes de leur corpulence apoplectique ; là, des oignons d’Espagne rougeâtres, hauts en couleur, aux larges flancs, rappelant par cet embonpoint heureux les moines de leur patrie, et lançant du haut de leurs tablettes, d’agaçantes œillades aux jeunes filles qui passaient en jetant un coup d’œil discret sur les branches de gui suspendues en guirlandes ; puis encore, des poires, des pommes amoncelées en pyramides appétissantes ; des grappes de raisin, que les marchands avaient eu l’attention délicate de suspendre aux endroits les plus exposés à la vue, afin que les amateurs se sentissent venir l’eau à la bouche, et pussent se rafraîchir gratis en passant ; des tas de noisettes, moussues et brunes, faisant souvenir, par leur bonne odeur, d’anciennes promenades dans les bois, où l’on avait le plaisir d’enfoncer jusqu’à la cheville au milieu des feuilles sèches ; des biffins de Norfolk, dodues et brunes, qui faisaient ressortir la teinte dorée des oranges et des citrons, et semblaient se recommander avec instance par leur volume et leur apparence juteuse, pour qu’on les emportât dans des sacs de papier, afin de les manger au dessert. Les poissons d’or et d’argent, eux-mêmes, exposés dans des bocaux parmi ces fruits de choix, quoique appartenant à une race triste et apathique, paraissaient s’apercevoir, tout poissons qu’ils étaient, qu’il se passait quelque chose d’extraordinaire, allaient et venaient, ouvrant la bouche tout autour de leur petit univers, dans un état d’agitation hébétée.

Et les épiciers donc ! oh ! les épiciers ! leurs boutiques étaient presque fermées, moins peut-être un volet ou deux demeurés ouverts ; mais que de belles choses se laissaient voir à travers ces étroites lacunes ! Ce n’était pas seulement le son joyeux des balances retombant sur le comptoir, ou le craquement de la ficelle sous les ciseaux qui la séparent vivement de sa bobine pour envelopper les paquets, ni le cliquetis incessant des bottes de fer-blanc pour servir le thé ou le moka aux pratiques. Pan, pan, sur le comptoir ; parais, disparais, elles voltigeaient entre les mains des garçons comme les gobelets d’un escamoteur ; ce n’étaient pas seulement les parfums mélangés du thé et du café si agréables à l’odorat, les raisins secs si beaux et si abondants, les amandes d’une si éclatante blancheur, les bâtons de cannelle si longs et si droits, les autres épices si délicieuses, les fruits confits si bien glacés et tachetés de sucre candi, que leur vue seule bouleversait les spectateurs les plus indifférents et les faisait sécher d’envie ; ni les figues moites et charnues, ou les pruneaux de Tours et d’Agen, à la rougeur modeste, au goût acidulé, dans leurs corbeilles richement décorées, ni enfin toutes ces bonnes choses ornées de leur parure de fête ; mais il fallait voir les pratiques, si empressées et si avides de réaliser les espérances du jour, qu’elles se bousculaient à la porte, heurtaient violemment l’un contre l’autre leurs paniers à provisions, oubliaient leurs emplettes sur le comptoir, revenaient les chercher en courant, et commettaient mille erreurs semblables de la meilleure humeur du monde, tandis que l’épicier et ses garçons montraient tant de franchise et de rondeur, que les cœurs de cuivre poli avec lesquels ils tenaient attachées par derrière leurs serpillières, étaient l’image de leurs propres cœurs exposés au public pour passer une inspection générale…, de beaux cœurs dorés, des cœurs à prendre, si vous voulez, mesdemoiselles !

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CHARLES DICKENS, CANTIQUE DE NOËL.

Images Pottermore.

Dans les forêts de Sibérie

Ce livre c’est la liberté sans limites. La liberté d’être seul, la liberté d’être loin de tout, et en même temps si (trop) près.

Ce livre c’est un éloge de la nature, des arbres, des animaux. C’est ne prendre à la nature que ce dont on a vraiment besoin. Ce livre c’est se sentir humble face à elle.

Ce livre c’est la vie en cabane. C’est le réconfort de l’alcool, d’un feu de bois, d’un thé brûlant.

Ce livre parle de livres.

Ce livre c’est la solitude et le silence. C’est partager un repas sous la pluie allongé à même le sol.

Ce livre c’est le temps qui passe et que l’on regarde passer. Ce livre c’est vivre l’instant.

J’ai adoré ce livre.

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« L’homme libre possède le temps. L’homme qui maîtrise l’espace est simplement puissant. En ville, les minutes, les heures, les années nous échappent. Elles coulent de la plaie du temps blessé. Dans la cabane, le temps se calme. Il se couche à vos pieds en vieux chien gentil et, soudain, on ne sait même plus qu’il est là. Je suis libre parce que mes jours le sont. »

« Les livres sont plus secourables que la psychanalyse. Ils disent tout,mieux que la vie. »

« Etre seul, c’est entendre le silence. Une rafale. Le grésil brouille la vue. Je pousse un hurlement. J’écarte les bras, tends mon visage au vide glacé et rentre au chaud. J’ai atteint le débarcadère de ma vie. »

« Il est bon de savoir que dans une forêt du monde, là-bas, il est une cabane où quelque chose est possible, situé pas trop loin du bonheur de vivre. »

Contes de Noël

Aujourd’hui, je reviens avec un conte de Dickens, plutôt de circonstance n’est-ce pas! Autant te le dire tout de suite : j’ai adoré cette lecture! Cette histoire se déroule à Londres à Noël, et je crois que tout le monde devrait la découvrir en cette période. Il y a tout ce que j’aime dans cette histoire : Noël, de la neige, et surtout, des fantômes! Ouiiiii! Et puis ça finit bien, et ça, ça fait plaisir !

On sent que ce conte a inspiré énormément d’auteurs, je vais te citer un passage :

« Quittant le théâtre bruyant des affaires, ils allèrent dans un quartier obscur de la ville, où Scrooge n’avait pas encore pénétré, quoiqu’il en connût parfaitement les êtres et la mauvaise renommée. Les rues étaient sales et étroites, les boutiques et les maisons misérables, les habitants à demi nus, ivres, mal chaussés, hideux. Des allées et des passages sombres, comme autant d’égouts, vomissaient leurs odeurs repoussantes, leurs immondices et leurs ignobles habitants dans ce labyrinthe de rues ; tout le quartier respirait le crime, l’ordure, la misère. Au fond de ce repaire infâme on voyait une boutique basse, s’avançant en saillie sous le toit d’un auvent, dans laquelle on achetait le fer, les vieux chiffons, les vieilles bouteilles, les os, les restes des assiettes du dîner d’hier au soir. Sur le plancher, à l’intérieur, étaient entassés des clefs rouillées, des clous, des chaînes, des gonds, des limes, des plateaux de balances, des poids et toute espèce de ferraille. Des mystères que peu de personnes eussent été curieuses d’approfondir s’agitaient peut-être sous ces monceaux de guenilles repoussantes, sous ces masses de graisse corrompue et ces sépulcres d’ossements. »

Ça ne te ferait pas penser à un autre quartier sombre et malfamé?

Passons à la suite…

Résumé royal:

Scrooge, un vieux radin qui ne veut pas fêter Noël. Le froid qui s’installe. Une apparition sur le pas de la porte. Une sonnette qui s’agite. Une apparition sans entrailles. Un drôle de spectacle. L’heure détraquée. L’esprit du Noël passé. L’esprit du Noël présent. Le dernier esprit…

Résumé au dos du livre:

Le soir de Noël, un vieil homme égoïste et solitaire choisit de passer la soirée seul. Mais les esprits de Noël en ont décidé autrement. L’entraînant tour à tour dans son passé, son présent et son futur, les trois spectres lui montrent ce que sera son avenir s’il persiste à ignorer que le bonheur existe, même dans le quotidien le plus ordinaire.

Ce que j’en ai pensé:

Les + : Le Londres un peu gothique de Dickens, j’adore! Voyez plutôt : « Il n’y a pas de doute que Marley était mort : ceci doit être parfaitement compris, autrement l’histoire que je vais raconter ne pourrait rien avoir de merveilleux. »

La capacité de cet auteur à nous plonger au cœur de l’histoire et nous faire oublier ce qui existe autour de nous. C’était Noël pour moi aujourd’hui.

Un conte qui finit bien, qui donne envie de sourire, de gâter ses proches, de passer de bonnes fêtes. On se sentirait presque honteux d’être grognon sinon!

Les petites allusions de l’auteur au cours de l’histoire, c’est quand même Dickens hein, il ne va pas manquer une occasion de dénoncer des injustices ou de lancer une petite pique de temps en temps : « […] qu’en outre Scrooge possédait aussi peu de ce qu’on appelle imagination qu’aucun habitant de la Cité de Londres, y compris même, je crains d’être un peu téméraire, la corporation, les aldermen et les notables. »

Sa façon de dénoncer l’avarice avec humour…

Les – : Trop court, je pense, c’était tellement chouette!

Ma note:

18/20 J’ai vraiment aimé cette lecture, j’aime beaucoup Dickens. J’ai hâte de me replonger dans un de ses romans. J’ai aussi envie de découvrir les adaptations en film de ce conte, histoire de me plonger pour de bon dans l’ambiance!

Citations choisies:

« Scrooge prit son triste dîner dans la triste taverne où il mangeait d’ordinaire. Ayant lu tous les journaux et charmé le reste de la soirée en parcourant son livre de comptes, il alla chez lui pour se coucher. »

« L’obscurité ne coûte pas cher, c’est pour cela que Scrooge ne la détestait pas. »

« Les rideaux de son lit furent tirés, et Scrooge, se dressant dans l’attitude d’une personne à demi couchée, se trouva face à face avec le visiteur surnaturel qui les tirait, aussi près de lui que je le suis maintenant de vous, et notez que je me tiens debout, en esprit, à votre coude. »

Les ferrailleurs 1 – Le château

Hey, salutations!

Aujourd’hui je te parle du tome 1 de la saga Les Ferrailleurs : Le Château. Pour la petite histoire, j’étais à la fnac, cherchant un cadeau pour une amie, lorsque j’ai été happée par cette couverture (qui est vraiment canon, avouons-le), chose qui m’arrive quand même très rarement. Comme n’importe quelle personne un tant soit peu réfléchie (mais oui…), avant d’emporter avec moi mon précieux, je regarde rapidement les avis sur Livraddict. Et là, je me rend compte qu’il était sur ma wish list (majesté, 0 – boulet, 1). Voilà comment son petit côté burtonien m’a séduite deux fois.

Résumé royal:

Un enfant qui entend les objets, une orpheline tachetée, une poignée de porte perdue, un cousin tortionnaire, des discussions dans une horloge, des punaises qui piquent, un nom perdu, une séance sur canapé, une mouette disparue, des paroles étranges, une tasse repose moustache, un oncle aveugle qui les entend aussi, des conduits de cheminées, une grand-mère séquestrée, une autruche, un bouton d’argile et un demi souverain…

Résumé au dos du livre:

Au milieu d’un océan de détritus composé de tous les rebuts de Londres se dresse la demeure des Ferrayor. Le Château, gigantesque puzzle architectural, abrite cette étrange famille depuis des générations. Selon la tradition, chacun de ses membres, à la naissance, se voit attribuer un objet particulier, qui le suivra toute sa vie.
Clod a quinze ans et possède un don singulier : il est capable d’entendre parler les objets… Tout commence le jour où la poignée de porte appartenant à Tante Rosamud disparaît. Les murmures des objets se font de plus en plus insistants. Dehors, une terrible tempête menace. Et voici qu’une jeune orpheline se présente à la porte du Château…

Entre Gormenghast, de Mervyn Peake, et les délices steampunk d’Otomo ou de China Miéville, féerie machinique peuplée de cauchemars gothiques, telle s’annonce l’histoire de la déchetterie fantastique d’Edward Carey. François Angelier, Le Monde des livres.

Ce que j’en ai pensé:

Les + : Les illustrations de l’auteur, sombres et belles, de personnages macabres et farfelus.

Le plan du manoir au début du livre! J’adore quand un livre commence par un plan ou une carte, ici on est directement plongé dans le fatras de ces lieux avant même d’avoir lu une ligne.

Bien sûr, le contexte : quoi de mieux que l’Angleterre victorienne, n’est ce pas? Gothique à souhait!

L’idée des objets de naissance, tu ressentirais quoi, toi si on te donnais « un racloir à chaussure »?

Le personnage de Tummis. Complètement déjanté, mais qui a des convictions et les assume jusqu’au bout, quitte à en souffrir.

La grand-mère qui s’énerve vers la fin, et là je me suis dit : « Enfin quelqu’un pète les plombs dans cette barraque! »

Les – : J’ai mis beaucoup de temps à entrer dans l’histoire, au moins la moitié du livre.

Un peu déçue par le côté « pas assez loufoque » que promettait la couverture (même si l’autruche m’a bien fait rire). J’ai plutôt aimé cette lecture, mais je m’attendais à ce que ce soit un peu plus sombre et plus déjanté, avec de l’humour noir, façon famille Addams.

Les objets qui prennent vie, une excellente idée, mais pourquoi les transformer en monstre façon Marvel? Pour l’adaptation au cinéma? J’ai malheureusement eu l’impression que ce livre est écrit dans le but d’être adapté à l’écran (ce qui serait sans doute formidable, je n’ai rien à redire là dessus, c’est simplement le côté scénario déjà ficelé qui me gêne).

Ma note:

14/20 J’ai apprécié cette lecture, le côté hyper-inventif de l’auteur, ses descriptions, mais je n’ai pas réussi à être absorbée par l’histoire. Je lirai sans doute le tome 2 en espérant me réconcilier avec les Ferrayor. Je l’espère vraiment.

Citations choisies:

« Je file dans mes appartements, qui seront vides sans toi. Mais je vais retrouver mes scarabées poilus, mes poissons d’argent, mes vers de farine, mes charançons, mes mites et mes termites, mes cafards, mes blattes, mes phoridae, mes bousiers, mes hannetons, mes mouches à viande, mes cloportes et mes punaises, mes moucherons et mes perce-oreilles, sans oublier bien sûr ma mouette cendrée, et à tous je transmettrai tes salutations.

– Merci, vieux robinet, à plus tard.

– Allez, vieille bonde, dit-il, et pas un mot à ce sujet, hein? »

« Parfois, pour avoir le sentiment d’une indépendance encore plus grande et l’impression que je m’appartenais pleinement, je m’allumais une pipe en argile ou prenais même une bouffée de cigarillo si j’en avais trouvé un, sinon je me roulais tout seul dans mon coin une cigarette avec des chutes d’ongle et de la poussière de mites séchées. »

« Grand-Père, pour nous les Ferrayor, était à lui seul toutes les planètes et leurs mouvements : nul soleil ne pouvait jamais se lever, aucun matin, aucune couleur, aucun mouvement, aucun souffle ne pouvait advenir sans son autorisation. Il était l’autorisation d’exister, revêtue de sombres habits, dans un costume noir, très noir. »