Dans les forêts de Sibérie

Ce livre c’est la liberté sans limites. La liberté d’être seul, la liberté d’être loin de tout, et en même temps si (trop) près.

Ce livre c’est un éloge de la nature, des arbres, des animaux. C’est ne prendre à la nature que ce dont on a vraiment besoin. Ce livre c’est se sentir humble face à elle.

Ce livre c’est la vie en cabane. C’est le réconfort de l’alcool, d’un feu de bois, d’un thé brûlant.

Ce livre parle de livres.

Ce livre c’est la solitude et le silence. C’est partager un repas sous la pluie allongé à même le sol.

Ce livre c’est le temps qui passe et que l’on regarde passer. Ce livre c’est vivre l’instant.

J’ai adoré ce livre.

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« L’homme libre possède le temps. L’homme qui maîtrise l’espace est simplement puissant. En ville, les minutes, les heures, les années nous échappent. Elles coulent de la plaie du temps blessé. Dans la cabane, le temps se calme. Il se couche à vos pieds en vieux chien gentil et, soudain, on ne sait même plus qu’il est là. Je suis libre parce que mes jours le sont. »

« Les livres sont plus secourables que la psychanalyse. Ils disent tout,mieux que la vie. »

« Etre seul, c’est entendre le silence. Une rafale. Le grésil brouille la vue. Je pousse un hurlement. J’écarte les bras, tends mon visage au vide glacé et rentre au chaud. J’ai atteint le débarcadère de ma vie. »

« Il est bon de savoir que dans une forêt du monde, là-bas, il est une cabane où quelque chose est possible, situé pas trop loin du bonheur de vivre. »

Contes de Noël

Aujourd’hui, je reviens avec un conte de Dickens, plutôt de circonstance n’est-ce pas! Autant te le dire tout de suite : j’ai adoré cette lecture! Cette histoire se déroule à Londres à Noël, et je crois que tout le monde devrait la découvrir en cette période. Il y a tout ce que j’aime dans cette histoire : Noël, de la neige, et surtout, des fantômes! Ouiiiii! Et puis ça finit bien, et ça, ça fait plaisir !

On sent que ce conte a inspiré énormément d’auteurs, je vais te citer un passage :

« Quittant le théâtre bruyant des affaires, ils allèrent dans un quartier obscur de la ville, où Scrooge n’avait pas encore pénétré, quoiqu’il en connût parfaitement les êtres et la mauvaise renommée. Les rues étaient sales et étroites, les boutiques et les maisons misérables, les habitants à demi nus, ivres, mal chaussés, hideux. Des allées et des passages sombres, comme autant d’égouts, vomissaient leurs odeurs repoussantes, leurs immondices et leurs ignobles habitants dans ce labyrinthe de rues ; tout le quartier respirait le crime, l’ordure, la misère. Au fond de ce repaire infâme on voyait une boutique basse, s’avançant en saillie sous le toit d’un auvent, dans laquelle on achetait le fer, les vieux chiffons, les vieilles bouteilles, les os, les restes des assiettes du dîner d’hier au soir. Sur le plancher, à l’intérieur, étaient entassés des clefs rouillées, des clous, des chaînes, des gonds, des limes, des plateaux de balances, des poids et toute espèce de ferraille. Des mystères que peu de personnes eussent été curieuses d’approfondir s’agitaient peut-être sous ces monceaux de guenilles repoussantes, sous ces masses de graisse corrompue et ces sépulcres d’ossements. »

Ça ne te ferait pas penser à un autre quartier sombre et malfamé?

Passons à la suite…

Résumé royal:

Scrooge, un vieux radin qui ne veut pas fêter Noël. Le froid qui s’installe. Une apparition sur le pas de la porte. Une sonnette qui s’agite. Une apparition sans entrailles. Un drôle de spectacle. L’heure détraquée. L’esprit du Noël passé. L’esprit du Noël présent. Le dernier esprit…

Résumé au dos du livre:

Le soir de Noël, un vieil homme égoïste et solitaire choisit de passer la soirée seul. Mais les esprits de Noël en ont décidé autrement. L’entraînant tour à tour dans son passé, son présent et son futur, les trois spectres lui montrent ce que sera son avenir s’il persiste à ignorer que le bonheur existe, même dans le quotidien le plus ordinaire.

Ce que j’en ai pensé:

Les + : Le Londres un peu gothique de Dickens, j’adore! Voyez plutôt : « Il n’y a pas de doute que Marley était mort : ceci doit être parfaitement compris, autrement l’histoire que je vais raconter ne pourrait rien avoir de merveilleux. »

La capacité de cet auteur à nous plonger au cœur de l’histoire et nous faire oublier ce qui existe autour de nous. C’était Noël pour moi aujourd’hui.

Un conte qui finit bien, qui donne envie de sourire, de gâter ses proches, de passer de bonnes fêtes. On se sentirait presque honteux d’être grognon sinon!

Les petites allusions de l’auteur au cours de l’histoire, c’est quand même Dickens hein, il ne va pas manquer une occasion de dénoncer des injustices ou de lancer une petite pique de temps en temps : « […] qu’en outre Scrooge possédait aussi peu de ce qu’on appelle imagination qu’aucun habitant de la Cité de Londres, y compris même, je crains d’être un peu téméraire, la corporation, les aldermen et les notables. »

Sa façon de dénoncer l’avarice avec humour…

Les – : Trop court, je pense, c’était tellement chouette!

Ma note:

18/20 J’ai vraiment aimé cette lecture, j’aime beaucoup Dickens. J’ai hâte de me replonger dans un de ses romans. J’ai aussi envie de découvrir les adaptations en film de ce conte, histoire de me plonger pour de bon dans l’ambiance!

Citations choisies:

« Scrooge prit son triste dîner dans la triste taverne où il mangeait d’ordinaire. Ayant lu tous les journaux et charmé le reste de la soirée en parcourant son livre de comptes, il alla chez lui pour se coucher. »

« L’obscurité ne coûte pas cher, c’est pour cela que Scrooge ne la détestait pas. »

« Les rideaux de son lit furent tirés, et Scrooge, se dressant dans l’attitude d’une personne à demi couchée, se trouva face à face avec le visiteur surnaturel qui les tirait, aussi près de lui que je le suis maintenant de vous, et notez que je me tiens debout, en esprit, à votre coude. »

Les ferrailleurs 1 – Le château

Hey, salutations!

Aujourd’hui je te parle du tome 1 de la saga Les Ferrailleurs : Le Château. Pour la petite histoire, j’étais à la fnac, cherchant un cadeau pour une amie, lorsque j’ai été happée par cette couverture (qui est vraiment canon, avouons-le), chose qui m’arrive quand même très rarement. Comme n’importe quelle personne un tant soit peu réfléchie (mais oui…), avant d’emporter avec moi mon précieux, je regarde rapidement les avis sur Livraddict. Et là, je me rend compte qu’il était sur ma wish list (majesté, 0 – boulet, 1). Voilà comment son petit côté burtonien m’a séduite deux fois.

Résumé royal:

Un enfant qui entend les objets, une orpheline tachetée, une poignée de porte perdue, un cousin tortionnaire, des discussions dans une horloge, des punaises qui piquent, un nom perdu, une séance sur canapé, une mouette disparue, des paroles étranges, une tasse repose moustache, un oncle aveugle qui les entend aussi, des conduits de cheminées, une grand-mère séquestrée, une autruche, un bouton d’argile et un demi souverain…

Résumé au dos du livre:

Au milieu d’un océan de détritus composé de tous les rebuts de Londres se dresse la demeure des Ferrayor. Le Château, gigantesque puzzle architectural, abrite cette étrange famille depuis des générations. Selon la tradition, chacun de ses membres, à la naissance, se voit attribuer un objet particulier, qui le suivra toute sa vie.
Clod a quinze ans et possède un don singulier : il est capable d’entendre parler les objets… Tout commence le jour où la poignée de porte appartenant à Tante Rosamud disparaît. Les murmures des objets se font de plus en plus insistants. Dehors, une terrible tempête menace. Et voici qu’une jeune orpheline se présente à la porte du Château…

Entre Gormenghast, de Mervyn Peake, et les délices steampunk d’Otomo ou de China Miéville, féerie machinique peuplée de cauchemars gothiques, telle s’annonce l’histoire de la déchetterie fantastique d’Edward Carey. François Angelier, Le Monde des livres.

Ce que j’en ai pensé:

Les + : Les illustrations de l’auteur, sombres et belles, de personnages macabres et farfelus.

Le plan du manoir au début du livre! J’adore quand un livre commence par un plan ou une carte, ici on est directement plongé dans le fatras de ces lieux avant même d’avoir lu une ligne.

Bien sûr, le contexte : quoi de mieux que l’Angleterre victorienne, n’est ce pas? Gothique à souhait!

L’idée des objets de naissance, tu ressentirais quoi, toi si on te donnais « un racloir à chaussure »?

Le personnage de Tummis. Complètement déjanté, mais qui a des convictions et les assume jusqu’au bout, quitte à en souffrir.

La grand-mère qui s’énerve vers la fin, et là je me suis dit : « Enfin quelqu’un pète les plombs dans cette barraque! »

Les – : J’ai mis beaucoup de temps à entrer dans l’histoire, au moins la moitié du livre.

Un peu déçue par le côté « pas assez loufoque » que promettait la couverture (même si l’autruche m’a bien fait rire). J’ai plutôt aimé cette lecture, mais je m’attendais à ce que ce soit un peu plus sombre et plus déjanté, avec de l’humour noir, façon famille Addams.

Les objets qui prennent vie, une excellente idée, mais pourquoi les transformer en monstre façon Marvel? Pour l’adaptation au cinéma? J’ai malheureusement eu l’impression que ce livre est écrit dans le but d’être adapté à l’écran (ce qui serait sans doute formidable, je n’ai rien à redire là dessus, c’est simplement le côté scénario déjà ficelé qui me gêne).

Ma note:

14/20 J’ai apprécié cette lecture, le côté hyper-inventif de l’auteur, ses descriptions, mais je n’ai pas réussi à être absorbée par l’histoire. Je lirai sans doute le tome 2 en espérant me réconcilier avec les Ferrayor. Je l’espère vraiment.

Citations choisies:

« Je file dans mes appartements, qui seront vides sans toi. Mais je vais retrouver mes scarabées poilus, mes poissons d’argent, mes vers de farine, mes charançons, mes mites et mes termites, mes cafards, mes blattes, mes phoridae, mes bousiers, mes hannetons, mes mouches à viande, mes cloportes et mes punaises, mes moucherons et mes perce-oreilles, sans oublier bien sûr ma mouette cendrée, et à tous je transmettrai tes salutations.

– Merci, vieux robinet, à plus tard.

– Allez, vieille bonde, dit-il, et pas un mot à ce sujet, hein? »

« Parfois, pour avoir le sentiment d’une indépendance encore plus grande et l’impression que je m’appartenais pleinement, je m’allumais une pipe en argile ou prenais même une bouffée de cigarillo si j’en avais trouvé un, sinon je me roulais tout seul dans mon coin une cigarette avec des chutes d’ongle et de la poussière de mites séchées. »

« Grand-Père, pour nous les Ferrayor, était à lui seul toutes les planètes et leurs mouvements : nul soleil ne pouvait jamais se lever, aucun matin, aucune couleur, aucun mouvement, aucun souffle ne pouvait advenir sans son autorisation. Il était l’autorisation d’exister, revêtue de sombres habits, dans un costume noir, très noir. »

Harry Potter et l’enfant maudit

Attention là on arrive à l’Article (avec un A majuscule, je vous prie).

Tadadadaaaaaaaaaaaa!

Bon je vais vous annoncer la couleur dès le départ, je suis un peu perdue quant à mon avis sur cette lecture. Je fais certainement partie des plus grands fans d’Harry Potter depuis mes 11ans (oui parce que j’ai eu la chance de découvrir ces livres à 11 ans et d’attendre chaque sortie d’un nouveau tome tel un hippogryphe affamé), et c’est pour cette raison que j’ai mis tant de temps avant de lire L’Enfant maudit : j’avais peur d’être déçue.

Bon avant que votre majesté vous fasse l’honneur de vous donner son avis (… oui bon c’est dimanche!), commençons dans l’ordre (maiiiis oui!).

Résumé royal:

Dix-neuf ans plus tard, retour sur le quai de la voie 9 3/4, Harry accompagne ses enfants jusqu’au Poudlard express, son fils Albus a peur d’être envoyé chez les Serpentard.

La décision du choixpeau. Une amitié profonde. Des rencontres. Un défi. L’inattendu. Les ennuis. Le passé. Des décisions. La compréhension.

Résumé au dos du livre:

La huitième histoire. Dix-neuf ans plus tard.

Être Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il travaille au cœur des secrets du ministère de la Magie.
Marié et père de trois enfants, Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, tandis que son fils Albus affronte le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu.
Quand passé et présent s’entremêlent dangereusement, père et fils se retrouvent face à une dure vérité : les ténèbres surviennent parfois des endroits les plus inattendus.

Le texte intégral de la pièce de théâtre.
D’après une nouvelle histoire originale de J.K. Rowling, John Tiffany et Jack Thorne.
Une pièce de théâtre de Jack Thorne.

Ce que j’en ai pensé (je vais essayer de ne pas spoiler):

D’abord, j’ai davantage eu l’impression de lire une fan fiction qu’un 8ème tome de Harry Potter. Je m’explique (en évitant de spoiler au maximum) : j’ai eu l’impression que cette histoire tourne davantage autour de ce qui aurait pu se passer durant l’histoire que l’on connaît, plutôt que dans le présent. Un peu comme si on avait ressorti les brouillons de JK Rowling et que l’on avait écrit une histoire avec. Du coup, les nouveaux personnages (les enfants de Harry, Ginny, Ron, Hermione et Malefoy) ne sont pas vraiment des personnages principaux à mon sens puisqu’ils partent en quête de quelque chose qui puisse résoudre le passé de leurs parents…

Les +: La scène de la bibliothèque dans le bureau d’Hermione! J’ai adoré!

Même si j’ai mis un peu de temps à démarrer, j’ai quand même été happée par cette lecture (on est quand même de retour dans cet univers que j’adore!) et ai tout lu d’un trait!

Ron, toujours aussi drôle (quoique un peu trop…).

Rogue, toujours aussi… « CŒUR » « CŒUR » « CŒUR »!!?!?!!

Enfin, la relève est plutôt pas trop mal assurée, même si je ne me suis pas autant attachée aux enfants qu’aux parents. Mais le Scorpius Hermionesque-intello-froussard me plaît bien.

Les – (et là, sachez que je suis vraiment désolée de tout ce que je vais dire, j’en suis la première peinée) :

J’ai mis un bon moment avant de me mettre dans le bain, je n’arrivais pas à m’attacher aux nouveaux personnages au début… ni aux anciens d’ailleurs. Je ne les reconnaissais pas.

Malefoy qui s’entend avec tout le monde! Non mais c’est un comble! Je veux bien qu’ils aient des intérêts communs, et pas des moindres, mais Malefoy est censé rester Malefoy pas faire copain copain!

McGonagall qui appelle Hermione Mme la Ministre, et Malefoy qui appelle McGonagall Minerva… sont devenus potes? C’est possible mais moi ça me gêne, pour moi McGonagall reste leur professeur même si ils sont adultes, je comprends qu’ils aient d’autres relations mais de là à inverser les rôles, je m’insurge! Un peu de respect tout de même!

Un gros moins, comme l’a fait remarquer Margaud Liseuse dans sa vidéo, pourquoi les parents interviennent toujours lorsque leurs enfants ont des ennuis à Poudlard? Personne n’est intervenu pour Harry, Ron, Hermione et les autres pendant sept ans non? Et d’ailleurs, où sont passé leurs autres enfants, James, etc? On ne les voit jamais!

La vendeuse de bonbons dans le Poudlard express qui se sent pousser des ailes (ah ah le jeu de mots majesté! Tape m’en cinq!). Non mais qu’est ce qui lui prend?

Et le polynectar préparé viteuf on en parle?

Enfin, on sent que J.K Rowling n’a pas écrit cette histoire. J’ai trouvé qu’il manquait ce petit je ne sais quoi qui a rendu les Harry Potter uniques. Peut être est-ce dû à la forme (théâtrale) du texte, je ne sais pas. Il m’a manqué sa « magie ».

Et enfin,questions SPOILER: Pourquoi avant la bataille de Poudlard, Voldemort, certain de son succès, aurait cherché à s’embarrasser d’une descendance puisqu’il visait l’immortalité? Et surtout, puisque Bellatrix a accouché dans le manoir des Malefoy, comment ça se fait Drago ne soit pas au courant? Ron était saoul pour son mariage au point de ne pas s’en souvenir et Hermione n’a rien dit? Ah et juste une dernière : Harry a peur des pigeons???!???

Ma note:

14/20 Même si j’ai eu pas mal déceptions, il n’en reste pas moins que j’ai été plus qu’heureuse de retrouver le monde d’Harry Potter. Mais trop d’incohérences à mon goût. Je n’ai pas envie de détester ce livre alors je suis un peu désarçonnée.

Citations choisies:

« Comment distraire Scorpius d’un gros problème émotionnel ?
Emmenez-le dans une bibliothèque. »

« Albus est différent et c’est plutôt une bonne chose, non ? Tu sais, il voit très bien que tu fais ton Harry Potter. Ce qu’il veut, c’est voir qui tu es vraiment. »

« DELPHI
Qu’est-ce que tu as fabriqué ?

SCORPIUS
J’ai…heu….ouvert un livre pour le lire. Depuis que je suis sur cette planète, ça ne m’a jamais paru une activité particulièrement dangereuse. »

Riquet à la houppe

Aujourd’hui je te parle du dernier roman d’Amelie Nothomb que j’ai vue une nouvelle fois mardi pour une dédicace (que d’émotions, que d’émotions!). Je suis restée encore une fois complètement bête devant elle tellement j’admire cette belle personne! Bref on ne va pas en faire un roman (ouai, majesté, ouaiiiiii…), je l’aime d’amour et puis c’est tout!

Amélie et votre altesse

Revenons au roman…

Résumé royal:

Un garçon laid mais très intelligent, une fille très belle qui observe, de beaux bijoux, des oiseaux, la vie…

Résumé au dos du livre:

« L’art a une tendance naturelle à privilégier l’extraordinaire. »

Amélie Nothomb

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Tout, j’ai adoré ce livre. Je retrouve mon Amélie que j’aime tant! C’est drôle, bien écrit, les personnages sont attachants ou détestables, mais le regard de l’auteur reste toujours tendre (ce qui est réellement sa façon d’être, c’est vraiment une personne d’une immense gentillesse).

Le point de vue du bébé. Comme dans Métaphysique des tubes, l’auteur prend le point de vue du bébé, et que c’est drôle!

Le personnage de la grand-mère, Passerose ; mystique, généreuse, une fée. La grand-mère que tout le monde rêverait d’avoir (mais bon la mienne était parfaite alors…).

C’est un roman qui donne envie de relire les contes!

Et surtout, encore une fois, les prénoms des personnages!

Les -: Trop court, peut être, forcément quand on aime on en veut toujours plus.

Ma note:

18/20  J’ai adoré cette lecture!

Citations choisies:

« Par la fenêtre de leur chambre sous les combles de l’Opéra, ils regardaient Paris qui pour eux seuls n’avait pas changé depuis Cocteau. Tout le monde n’a pas la grâce d’être des enfants terribles. »

« Personne ne connaissait l’âge de Passerose. Cette ignorance renforçait l’idée qu’elle venait d’une époque radicalement autre, où les papiers d’identité n’existaient pas et où les filles de seize ans hésitaient entre les carrières de fée ou de sorcière. »

« Qui a vu la splendeur d’un escadron d’oies sauvages ne peut que s’incliner devant ces aristocrates du ciel. »

Anna Karénine

Mais que ça faisait longtemps! Votre altesse vous prie d’accepter pour la centième fois ses plus plates excuses pour sa trop longue absence. Elle souhaite de tout son cœur pouvoir tenir ce blog de façon régulière mais il lui est parfois difficile de lire autant qu’elle le voudrait. Si tu t’inquiètes de son absence, tu peux t’abonner à son compte instagram créé il y a peu, et partager avec elle tes propres lectures, passions et envies.

Bref, j’en ai mis du temps avant de te parler de ce roman, je m’en excuse! Fini l’attente, je m’exécute tout de suite! Ah et juste pour info, demain je vais à nouveau à la rencontre de la belle personne qui m’a conseillé cette lecture (ouiiiiiiiiiii!!!)… je te laisse deviner qui (petit indice : elle est de nationalité belge et un tout petit peu connue…).

Résumé royal:

Pour une fois, je préfère à un résumé plus ou moins détaillé, te citer la première phrase de ce roman (qui est en quelque sorte un résumé à elle seule) :

« Toutes les familles heureuses se ressemblent. Chaque famille malheureuse, au contraire, l’est à sa façon. »

Résumé au dos du livre:

Anna n’est pas qu’une femme, qu’un splendide spécimen du sexe féminin, c’est une femme dotée d’un sens moral entier, tout d’un bloc, prédominant : tout ce qui fait partie de sa personne est important, a une intensité dramatique, et cela s’applique aussi bien à son amour.
Elle n’est pas, comme Emma Bovary, une rêveuse de province, une femme désenchantée qui court en rasant des murs croulants vers les lits d’amants interchangeables. Anna donne à Vronski toute sa vie.
Elle part vivre avec lui d’abord en Italie, puis dans les terres de la Russie centrale, bien que cette liaison « notoire » la stigmatise, aux yeux du monde immoral dans lequel elle évolue, comme une femme immorale. Anna scandalise la société hypocrite moins par sa liaison amoureuse que par son mépris affiché des conventions sociales.
Avec Anna Karénine, Tolstoï atteint le comble de la perfection créative.
Vladimir Nabokov.

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Ce livre c’est la vie. Pas romancée, même si c’est un roman, pas exagérée, même si les personnages sont exubérants, ce livre c’est un portrait magnifique de la société russe du XIXème siècle et du temps qui passe.

J’ai beaucoup aimé cette lecture, du fait qu’on suit l’histoire de plusieurs personnages en parallèle, et si certains sont parfois agaçants, on est aussitôt embarqué au chapitre suivant par un autre dont la vie est plus palpitante, ou dont les traits de caractères sont plus aimables.

Les personnages de Levine et Kitty! Qu’ils sont choux n’est-ce pas!

L’écriture de Tolstoï. J’ai ri, j’ai pleuré, et tout ça est amené avec tellement de facilité! Sans compter le point de vue très juste et l’ironie de l’auteur sur la condition humaine.

Les -: Anna. Je n’ai pas réussi à l’aimer. Un peu au début mais je me suis lassée d’elle… pour mieux la comprendre finalement à la fin du livre.

Certaines longueurs, notamment les passages politiques qui ne m’intéressent pas vraiment.

La fin. Je n’ai pas trop apprécié cet enchaînement de « révélations soudaines », qui m’ont donné une impression de « bon on est à 1000 pages il faut en finir ». Mais ce n’est que mon avis (et c’est facile à dire, majesté!), et surtout, ce n’est pas si important.

Ma note:

17/20 Un grand classique que j’ai été ravie de découvrir, et qui m’encourage à lire d’autres œuvres de ce grand auteur. Je ne peux que te le conseiller, ne t’arrête pas au nombre de pages, il se lit facilement et les chapitres sont courts, ce qui fait qu’on n’a absolument pas le temps de s’ennuyer.

Citations choisies:

« A mon avis, ces deux questions sont liées indissolublement, dit Pestzof. C’est un cercle vicieux. La femme est privée de droits, faute d’instruction; et de son manque d’instruction, on déduit l’absence de droits. Il ne faut pas oublier que l’asservissement des femmes est si grand et si ancien que souvent nous ne voulons pas comprendre l’abîme qui nous sépare de l’autre sexe. »

« D’abord ne te balance pas ainsi, dit Alexis Alexandrovitch. Et ensuite, sache que ce qui doit nous être cher, c’est le travail lui-même et non la récompense. Je voudrais te faire comprendre cela. Si tu ne cherches que la récompense, le travail te paraîtra pénible ; mais si tu aimes le travail, ta récompense ira de soi. »

« Tiens! une mendiante avec un enfant… Elle pense sans doute que j’ai pitié d’elle… Est-ce que nous tous ne sommes pas abandonnés dans le monde?… Pour seulement se haïr, et ensuite se tourmenter et faire souffrir les autres… »

Chez soi – Une odyssée de l’espace domestique

Je viens de terminer Chez soi, de Mona Chollet, un livre / essai qui a été maintes fois cité par Solange (notamment ici). Il s’agit d’un essai sur tout ce qui a trait au logement. Je te donne mon avis un peu plus loin…

Résumé au dos du livre : Le foyer, un lieu de repli frileux où l’on s’avachit devant la télévision en pyjama informe ? Sans doute. Mais aussi, dans une époque dure et désorientée, une base arrière où l’on peut se protéger, refaire ses forces, se souvenir de ses désirs. Dans l’ardeur que l’on met à se blottir chez soi ou à rêver de l’habitation idéale s’exprime ce qu’il nous reste de vitalité, de foi en l’avenir.
Ce livre voudrait dire la sagesse des casaniers, injustement dénigrés. Mais il explore aussi la façon dont ce monde que l’on croyait fuir revient par la fenêtre. Difficultés à trouver un logement abordable, ou à profiter de son chez-soi dans l’état de « famine temporelle » qui nous caractérise. Ramifications passionnantes de la simple question « Qui fait le ménage ? », persistance du modèle du bonheur familial, alors même que l’on rencontre des modes de vie bien plus inventifs…
Autant de préoccupations à la fois intimes et collectives, passées ici en revue comme on range et nettoie un intérieur empoussiéré : pour tenter d’y voir plus clair, et de se sentir mieux.

Mon avis : J’ai adoré la première moitié du livre, le côté intimiste qu’installe l’auteur lorsqu’elle traite du fait d’être casanier (ce que je suis, je me suis beaucoup retrouvée dans ce qu’elle écrit), du bonheur que l’on éprouve des petites choses du quotidien, et même le plaisir de l’ennui parfois lorsque l’on est seul chez soi. Cette première partie m’a un peu fait penser à Intérieur, de Thomas Clerc, dont je t’avais parlé ici. J’ai aimé la partie qui traite du temps, de celui dont on ne dispose pas pour cause de trop de travail, de celui qu’on idéalise, celui pendant lequel on s’imagine profiter au maximum de lire, écrire, créer, de celui que l’on gaspille inutilement à cause d’internet… J’ai relevé plein de citations et de livres auxquels elle fait référence (j’ai notamment très envie de découvrir Oblomov, dont je n’avais jamais entendu parler jusque là mais qui m’a l’air très chouette).

J’ai beaucoup moins apprécié la deuxième moitié du livre, lorsqu’elle parle du féminisme, par exemple (non que ça ne m’intéresse pas, mais ce n’est pas ce que je recherchais dans cette lecture), du mal logement ou de l’architecture (peut être que le fait de travailler 39h/semaine dans une agence immobilière contribue au fait que les problèmes de logement me deviennent insupportables).

Mon avis général est donc plutôt mitigé, j’attendais autre chose de cette lecture. J’espérais en fait approfondir ce que j’avais aimé dans le livre de Thomas Clerc. Comme Solange, je regrette que ce livre ne soit pas plus personnel. Mais comme elle le dit aussi, ce n’était pas vraiment le propos.

Citations : 

« La maison abrite la rêverie, la maison protège le rêveur, la maison nous permet de rêver en paix. Il n’y a pas que les pensées et les expériences qui sanctionnent les valeurs humaines. » Peu importe les angoisses que m’inspiraient tant l’état du monde que ma propre situation : « respire! » me soufflait Bachelard. »

« Mais il faut se rendre à l’évidence : je peux bien refermer sur moi toutes les portes que je veux, désormais, je ne suis plus jamais seule. J’ai muté. J’ai dans la tête un tumulte infernal. Mon cerveau est ouvert à tous les vents. Il ressemble à un poste de radio qui changerait de fréquence toutes les deux minutes. Ma pensée saute sans cesse du coq à l’âne; ce qui, je le sais bien, est le propre de la pensée, mais pas à ce point. Je continue d’éprouver un besoin impérieux de solitude, et d’apprécier ces moments, mais ce n’est plus la même qualité de solitude. Je ne retrouverai jamais l’intégrité mentale, la paix et la concentration des heures de lecture dans la bibliothèque de mon enfance ou sur le canapé de mon adolescence. Comme le dit si bien une image diffusée par l’écrivain Douglas Coupland, qui a beaucoup circulé… sur Internet : « Mon cerveau d’avant Internet me manque ». »

« J’ai les moyens d’acheter des livres, mais moins de temps pour les lire. En contemplant les piles qui encombrent l’appartement, j’essaie d’évaluer de combien leur volume dépasse déjà la somme de temps que j’aurai jamais à leur consacrer. Je découvre avec soulagement qu’en japonais in existe un mot pour cela : tsundoku (« acheter des livres et ne pas les lire ; les laisser s’empiler sur le sol, les étagères ou la table de nuit »). Auparavant, aucun essai ne me semblait trop ardu si le sujet m’intéressait : je m’installais à la table du salon et je laissais les heures s’écouler sereinement, soulignant avec soin les passages marquants au crayon et à la règle. En protégeant ma concentration, la pièce autour de moi semblait me seconder dans mes efforts et partager l’émerveillement des révélations qu’ils me valaient. Désormais, la journée ayant épuisé mon énergie intellectuelle, je suis trop fatiguée le soir pour faire autre chose que de regarder des séries télévisées. »