Riquet à la houppe

Aujourd’hui je te parle du dernier roman d’Amelie Nothomb que j’ai vue une nouvelle fois mardi pour une dédicace (que d’émotions, que d’émotions!). Je suis restée encore une fois complètement bête devant elle tellement j’admire cette belle personne! Bref on ne va pas en faire un roman (ouai, majesté, ouaiiiiii…), je l’aime d’amour et puis c’est tout!

Amélie et votre altesse

Revenons au roman…

Résumé royal:

Un garçon laid mais très intelligent, une fille très belle qui observe, de beaux bijoux, des oiseaux, la vie…

Résumé au dos du livre:

« L’art a une tendance naturelle à privilégier l’extraordinaire. »

Amélie Nothomb

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Tout, j’ai adoré ce livre. Je retrouve mon Amélie que j’aime tant! C’est drôle, bien écrit, les personnages sont attachants ou détestables, mais le regard de l’auteur reste toujours tendre (ce qui est réellement sa façon d’être, c’est vraiment une personne d’une immense gentillesse).

Le point de vue du bébé. Comme dans Métaphysique des tubes, l’auteur prend le point de vue du bébé, et que c’est drôle!

Le personnage de la grand-mère, Passerose ; mystique, généreuse, une fée. La grand-mère que tout le monde rêverait d’avoir (mais bon la mienne était parfaite alors…).

C’est un roman qui donne envie de relire les contes!

Et surtout, encore une fois, les prénoms des personnages!

Les -: Trop court, peut être, forcément quand on aime on en veut toujours plus.

Ma note:

18/20  J’ai adoré cette lecture!

Citations choisies:

« Par la fenêtre de leur chambre sous les combles de l’Opéra, ils regardaient Paris qui pour eux seuls n’avait pas changé depuis Cocteau. Tout le monde n’a pas la grâce d’être des enfants terribles. »

« Personne ne connaissait l’âge de Passerose. Cette ignorance renforçait l’idée qu’elle venait d’une époque radicalement autre, où les papiers d’identité n’existaient pas et où les filles de seize ans hésitaient entre les carrières de fée ou de sorcière. »

« Qui a vu la splendeur d’un escadron d’oies sauvages ne peut que s’incliner devant ces aristocrates du ciel. »

Les Catilinaires

Mes chers sujets, je vous souhaite bien le bonsoir! J’ai été quelque peu absente, je vous l’accorde. Pas le moral, pas envie de lire. Je me pose beaucoup de questions en ce moment, sur mon avenir, le sens de la vie, tout ça… Alors j’ai un peu de mal à me concentrer. Mais ça revient petit à petit.

Quoi de mieux qu’un bon Nothomb pour se remettre d’aplomb?

J’avais déjà lu celui-ci mais j’ai vraiment éprouvé du plaisir à le relire, à le redécouvrir, d’une certaine manière. C’est fou comme notre vie, nos expériences, peuvent influencer notre façon de voir les choses! Disons que je n’ai pas éprouvé les mêmes sentiments envers les personnages de cette histoire que la première fois que j’ai lu ce livre, il y a quelques années. Ai-je grandi? De façon positive? Bref, fin des méditations, je vous en parle…

Résumé royal:

Un couple de jeunes retraités, une maison isolée, le paradis sur terre, la neige, la forêt. Un voisin encombrant, le désenchantement, la découverte de soi…

Résumé au dos du livre:

La solitude à deux, tel était le rêve d’Emile et de Juliette. Une maison au fond des bois pour y finir leurs jours, l’un près de l’autre. Étrangement, cette parfaite thébaïde comportait un voisin. Un nommé Palamède Bernardin, qui d’abord est venu se présenter, puis a pris l’habitude de s’incruster chez eux chaque après-midi, de quatre à six heures. Sans dire un mot, ou presque. Et cette présence absurde va peu à peu devenir plus dérangeante pour le couple que toutes les foules du monde…
C’est une comédie très noire, d’une lucidité tour à tour drôle et dévastatrice, que nous offre ici la romancière d’Hygiène de l’assassin, révélation littéraire de 1992.

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Encore et toujours, l’écriture d’Amélie Nothomb. Toujours des histoires sombres avec ces pointes d’humour noir qui me font éclater de rire malgré la tension régnante. Son audace : elle n’hésite pas à décrire la laideur des personnages, ne cherche pas le politiquement correct et j’aime ça! Parce-que cela ne nous empêche pas d’éprouver de l’empathie pour ces personnages, parce-que ce regard, même s’il est empreint d’une réalité plutôt impitoyable, n’est pas fondamentalement méchant. Et c’est ce que j’aime tant chez cet auteur. C’est une personne d’une infinie gentillesse. Et malgré la noirceur, cela transparaît dans son écriture. C’est mon avis en tout cas.

Le personnage de Bernadette, bien sûr! J’ai ri!

Le personnage de Juliette aussi, très attendrissante.

Le dernier paragraphe qui répond au premier. On s’interroge toujours. Et on comprend. Ou pas…

Les -: Quelques longueurs parfois, mais nécessaires à l’histoire. On se met à la place des personnages, on les comprend.

La fin un peu rapide. Mais nécessaire aussi, d’un autre côté parce-que la tension devenait trop importante. Il était temps d’en finir!

Ma note:

15/20  Une belle lecture! J’ai retrouvé cet humour noir de l’auteur que j’ai tellement aimé dans Hygiène de l’assassin. Voilà qui me redonne toujours le goût de lire!

Citations choisies:

« On ne sait rien de soi. On croit s’habituer à être soi, c’est le contraire. Plus les années passent et moins on comprend qui est cette personne au nom de laquelle on dit et fait les choses. »

« Juliette et moi, nous voulions avoir soixante-cinq ans, nous voulions quitter cette perte de temps qu’est le monde. Citadins depuis notre naissance, nous désirions vivre à la campagne, non par amour de la nature que par besoin de solitude. Un besoin forcené qui s’apparente à la faim, à la soif et au dégoût. »

« Le voisin avait franchi notre seuil puis tendu la main au-dehors : il avait tiré vers l’intérieur quelque chose d’énorme et de lent. Il s’agissait d’une masse de chair qui portait une robe, ou plutôt que l’on avait enrobée dans un tissu.

Il fallait se rendre à l’évidence : comme il n’y avait rien d’autre avec le docteur, il fallait en conclure que cette protubérance s’appelait Bernadette Bernardin. »

Les combustibles (❤️🇧🇪)

Quoi de mieux pour dire à nos chers voisins belges qu’on les aime que de lire une de leurs meilleures représentante?

Je reviens donc aujourd’hui avec le troisième livre d’Amélie Nothomb qui est une pièce de théâtre sous forme de huit-clos. Livre très court puisqu’il n’est composé que de 89 pages.

Je suis dubitative quant à mon avis sur ce bouquin. Je vous explique plus bas.

Résumé royal:

La guerre, l’hiver, le froid, un huit clos, les livres, le dernier que l’on emporterait sur une île déserte…

Résumé au dos du livre:

La ville est assiégée. Dans l’appartement du Professeur, où se sont réfugiés son assistant et Marina, l’étudiante, un seul combustible permet de lutter contre le froid : les livres…
Tout le monde a répondu une fois dans sa vie à la question : quel livre emporteriez-vous sur une île déserte ? Dans ce huis clos cerné par les bombes et les tirs des snipers, l’étincelante romancière du Sabotage amoureux pose à ses personnages une question autrement perverse : quel livre, quelle phrase de quel livre vaut qu’on lui sacrifie un instant, un seul instant de chaleur physique ?
Humour, ironie et désespoir s’entre-tissent subtilement dans cette parabole aux résonances singulièrement actuelles.

Ce que j’en ai pensé:

Les +: La capacité d’Amélie Nothomb à créer des personnages masculins d’une cinquantaine/soixantaine d’année ventripotents et odieux qui paraissent si réels. Et encore mieux, sa capacité à me les faire aimer! De toute façon avec Nothomb on se retrouve toujours à aimer les « méchants »! J’ai eu l’impression de retrouver le Prétextat Tach d’Hygiène de l’assassin, qui je l’avoue, fait partie de mon Panthéon des personnages de fiction (Hygiène de l’assassin que, je vous l’ai déjà dit il me semble mais mieux vaut deux fois qu’une, je vous conseille à 10000%).

La fin, LA FIN!!! J’adore le cynisme et le côté odieux du professeur! C’est mon côté diabolique qui prend le dessus (quoi tu savais pas? MOUAHAHAHAHAH! Tu veux savoir qui sont mes idoles dans la vie?)

Le sujet : quelle est la place des livres dans une vie, quelle importance leur accorde-t-on, et à partir de quand peut-on ou pas décider de les sacrifier?

Les -: J’ai senti la jeunesse de l’auteur dans ce livre. Contrairement aux deux précédents, je ne sais pas expliquer mais j’ai senti quelquefois un manque de maturité dans l’écriture (les grands mots, me direz vous, il ne s’agit en aucun cas d’une critique étant donné que je serais bien en peine d’écrire un livre du niveau de ce texte, c’est simplement mon ressenti).

Le début un peu laborieux alors que la fin est presque trop rapide; tout se précipite alors que j’aurais aimé que ça dure un peu plus.

Ma note:

14/20  J’ai adoré la fin, mais ce n’est définitivement pas mon préféré des livres d’Amélie Nothomb.

Citations choisies:

« Mais non Daniel! Que cette guerre vous ait au moins appris l’intolérance! Sinon, elle n’aura servi à rien. »

« Mine de rien c’était une sacrée question que me posait votre chère et tendre. La formulation habituelle en est : « Quel livre emmèneriez-vous sur une île déserte? » Interrogation que j’ai toujours trouvée un peu stupide, car absurde : si le métier de professeur d’université devait offrir, en prime, un voyage sur une île déserte, ça se saurait. Mais, posée à l’envers, la question devient essentielle : quels livres auriez-vous le moins de scrupules à détruire? »

« Nous ne sommes pas en train de parler de réalité. Que votre vie n’ait pas de valeur artistique, c’est très possible. Raison de plus pour que la littérature en ait une.

LE PROFESSEUR. Ca vous arrange bien, n’est-ce pas? Votre vie peut être médiocre, puisque la littérature compensera. »

Le Sabotage amoureux

Bonsoir et bonne soirée ! Je ne suis pas très présente en ce moment, je vous prie de m’excuser. Il se trouve que je lis moins, ayant moins de temps, mais surtout que j’ai reçu pour Noël une liseuse (Kobo glow, pour les intéressés), ce qui fait que je peux maintenant trimbaler avec moi toute une flopée de livres et de ce fait, en lire plusieurs en même temps. Et forcément, ça prend du temps pour en finir un. Soyez ravis, chers serviteurs, c’est chose faite (*hourras, *acclamations) ! J’étais sceptique à propos des liseuses, mais il faut avouer qu’il y a tout de même un avantage: mon sac à main est beaucoup plus léger depuis qu’il ne contient plus la moitié de ma bibliothèque (« oui mais je prends ce livre, mais si ce n’est pas mon humeur du moment je prends celui là pour avoir le choix mais si il ne me plaît pas, au cas où, je prends celui là, et je prends tout ça même si je ne vais avoir qu’une heure pour lire aujourd’hui et que je rentre à la maison ce soir… »).

J’ai donc terminé Le Sabotage amoureux d’Amelie Nothomb (et oui encore elle et je n’en ai pas terminé avec cet auteur étant donné que j’ai décidé de (re)lire tous ses romans dans l’ordre chronologique de parution). Celui-ci n’est pas mon préféré mais j’ai tout de même passé un très bon moment. Si je n’ai pas chroniqué Hygiène de l’assassin, qui est son premier (et qui fait partie de mes plus gros coups de cœur du monde dans la terre dans l’univers), c’est simplement parce que je l’ai lu plusieurs fois et qu’il faudrait que je le relise encore une fois pour écrire une chronique, donc ce sera pour plus tard.

Bref, revenons à nos couronnes…

Résumé royal:

L’enfance de l’auteur durant les trois ans qu’elle a passés en Chine. La méchanceté des enfants « légitimée » par une grande épopée, des escapades à cheval, la découverte du sentiment amoureux… et de l’autodérision, toujours.

Résumé au dos du livre:

Saviez-vous qu’un pays communiste, c’est un pays où il y a des ventilateurs ? Que de 1972 à 1975, une guerre mondiale a fait rage dans la cité-ghetto de San Li Tun, à Pékin? Qu’un vélo est en réalité un cheval ? Que passé la puberté, tout le reste n’est qu’un épilogue?

Vous l’apprendrez et bien d’autres choses encore dans ce roman inclassable, épique et drôle, fantastique et tragique, qui nous conte aussi une histoire d’amour authentique, absolu, celui qui peut naître dans un cœur de sept ans. Un sabotage amoureux : sabotage, comme sous les sabots d’un cheval qui est un vélo…

Avec ce roman, son deuxième livre, Amélie Nothomb s’est imposée comme un des noms les plus prometteurs de la jeune génération littéraire.

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Je le dis et le redis, j’adore Amélie Nothomb! C’est une personne d’une immense gentillesse et qui pour moi a vraiment un talent formidable. J’adore sa façon d’écrire, et je suis d’autant plus impressionnée quand je me rend compte qu’elle a écrit ce roman alors qu’elle avait mon âge aujourd’hui. Chapeau Madame!

L’humour! Cette faculté qu’elle a de nous faire rire de tout, y compris (et surtout) d’elle même.

Le vocabulaire. Je sais que ça en dérange certains, mais moi ça me plaît d’apprendre des nouveaux mots quand je lis, et de devoir parfois stopper ma lecture pour prendre le dictionnaire.

Les -: Peut être quelques longueurs parfois, mais c’est tout.

Ma note:

15/20  Pas mon préféré de Nothomb, mais c’était un chouette moment. Que j’aime cet auteur! Hâte de lire le suivant. Mais avant, je vais commencer par ceux qu’elle m’a conseillés (oui parce que j’ai reçu un joli cadeau en provenance de Paris vendredi dernier… une jolie lettre! Jolie émotion aussi!).

Citations choisies:

« Je n’avais jamais eu d’ami ou d’amie. Je n’y avais même pas songé. A quoi m’eussent-ils servi? J’étais enchantée de ma compagnie.

J’avais besoin de parents, d’ennemis et de compagnons d’armes. Dans une moindre mesure, j’avais besoin d’esclaves et de spectateurs  –  question de standing. »

« C’était mon troisième hiver au pays des Ventilateurs. Comme d’habitude, mon nez se transformait en Dame aux camélias, crachant le sang avec une belle prodigalité. »

« La neige, où je lisais des questions qui me donnaient très chaud et puis très froid.

La neige, sale et dure, que je finissais par manger dans l’espoir d’y trouver une réponse, en vain.

La neige, eau éclatée, sable de gel, sel non pas de la terre, mais du ciel, ciel non salé, au goût de silex, à la texture de gemme pilée, au parfum de froidure, pigment du blanc, seule couleur qui tombe des nuages.

La neige qui amortit tout  –  les bruits, les chutes, le temps  –  pour mieux mettre en valeur les choses éternelles et immuables comme le sang, la lumière, les illusions. »

Biographie de la faim

couv67634681

Réaction à chaud, je viens de finir ce roman à l’instant. Biographie de l’enfance d’Amélie Nothomb, de sa toute petite enfance a ses vingt ans. Difficile de faire un résumé de ce livre car on suit pas à pas son évolution au fil des ans et des pays qu’elle traverse (son père étant diplomate, elle n’a jamais vécu plus de trois ans dans un même pays). Le principal ressenti que j’ai pu avoir, c’est cette joie durant l’enfance, qu’elle retranscrit à merveille dans les premiers chapitres. Il m’arrive de rire en lisant mais pour le coup je revois encore la tête de mon amoureux en face de moi, me demandant ce qu’il y a de si drôle. Petit à petit, au fur et à mesure que les chapitres (et donc les années) passent, j’ai ressenti le mal être qui s’est installé, ce mal être qui survient durant l’adolescence et qu’elle traduit si bien en mots que durant toute la deuxième moitié du roman, je me sentais oppressée et je ne riais plus du tout.

Je vous en dis un peu plus plus bas.

Résumé royal:

Les vingt premières années d’Amélie Nothomb, de la joie de l’enfance au mal être de l’adolescence. Difficile de faire un résumé.

Résumé au dos du livre:

L’auteur de Stupeur et tremblements et de Métaphysique des tubes fait revivre ses souvenirs de petite enfance au Japon mais aussi à Pékin, à New York, au Bangladesh et autres lieux où l’a conduite la carrière d’un père diplomate.
Au cœur du kaléidoscope : sa faim. Le mystère de la faim, la faim goinfre, joyeuse ou tragique et angoissante, quête perpétuelle d’un accomplissement inaccessible, qui explique autant l’histoire des peuples que celle des individus.
Les figures du père, d’une nourrice japonaise, d’une sœur tendrement aimée se dessinent aussi dans ce récit pudique et sincère, maniant l’humour noir et la provocation.

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Comme à chaque fois que je lis un livre d’Amélie Nothomb, déjà, impossible de le poser quand j’ai commencé à lire. Toujours envie de lire immédiatement ce qui suit. Aussi, cet humour décapant voire noir que j’aime tant. Et surtout, et ça c’est la première fois que je le ressent aussi intensément, cette capacité à transmettre à ce point ses émotions, que le lecteur ne peut que partager avec elle cette joie de l’enfance qui s’étiole petit à petit au fil des années. C’est exactement ce que j’ai ressenti au fil de ma lecture. Moi qui riait tant au début, j’ai perdu petit à petit mon sourire jusqu’à ressentir un profond malaise. Merci à Amélie d’avoir évoqué ses vingt ans dans les dernières pages, qui ont été un second souffle pour elle et qui m’ont évité de finir ma journée complètement déprimée!

Les -: Difficile de trouver des points négatifs pour ce livre qui m’a tellement troublée que je suis complètement incapable de dire ce qui ne va pas. Si je voulais être pointilleuse, je dirais que tout va un peu trop vite dès le moment où elle arrive au Bangladesh. Moment qui correspond au début de son adolescence et qui m’amène à me contredire: si elle avait approfondi cette période, je pense que la dose de déprime causée par le livre aurait été beaucoup trop forte à supporter pour moi. Donc c’est bien comme ça en fait.

Ma note:

17/20  Ce livre m’a tellement troublée (je me répète mais troublée est le terme vraiment plus qu’approprié) que je suis incapable de dire à d’autres personnes s’il va leur plaire. Personnellement j’ai vraiment beaucoup aimé mais je peux comprendre que certains aient détesté le malaise que provoque cette lecture. Je ne peux que vous conseiller de le lire pour me donner votre avis car je suis très curieuse de savoir le ressenti d’autres lecteurs.

Citations choisies:

J’aime tellement le style d’Amélie Nothomb qu’il m’est difficile de faire un choix et de ne pas recopier la moitié du livre.

« Les cas le plus flagrants étaient les contes de fées. Un fabuleux créateur d’histoires tirait du néant des commencements formidables : là où il n’y avait rien il installait des mécaniques sublimes, des astuces narratives qui mettaient l’eau à la bouche de l’esprit. Il y avait des bottes de sept lieues, des citrouilles transformistes, des animaux pourvus d’une belle voix et d’un vocabulaire étendu, des robes couleur de lune, des crapauds qui se prétendaient princes. Et tout cela pour quoi? Pour découvrir que le crapaud était réellement un prince et qu’il fallait donc l’épouser et avoir de lui beaucoup d’enfants.  De qui se moquait-on? »

« Or j’étais le contraire d’une esclave puisque j’étais Dieu. Je régnais sur l’univers et en particulier sur le plaisir, prérogative des prérogatives, que je m’organisais à longueur de journée. »

« Juliette, dix ans et demi, était mon rêve. Quand on lui demandait ce qu’elle voulait devenir à l’âge adulte, elle répondait : « Fée ». En vérité, elle en était une de toute éternité, comme le prouvait son joli visage toujours dans la lune. Sa plus grande ambition était d’avoir un jour les cheveux les plus longs du monde. Comment ne pas aimer follement un être animé d’aussi nobles desseins? »

« Pour me rassurer, je voulus trop d’amour. Tel un suzerain médiéval accablant d’impôts son peuple exsangue, je réclamai à mes favorites d’inhumains tributs amoureux : je les mis littéralement à genoux. »

« J’avais lu pour qu’on m’admire. Je lisais et je découvrais que j’admirais. Admirer était une activité exquise, cela donnait des picotements dans les mains et facilitait la respiration. »

Mercure

 

Bon OK j’arrête de m’excuser, ça ne sert à rien! Je ne poste pas beaucoup, parce que je ne lis pas beaucoup. Je me lance dans des projets de longue haleine au niveau de mes créations, ce qui fait que mes longues heures de broderie remplacent mes longues heures de lecture. Il n’en demeure pas moins que j’écoute des livres audio en brodant, mais je ne vais pas faire des chroniques dessus hein! Enfin, étant donné que je commence à en avoir pas mal à mon actif dans les oreilles, si cela vous intéresse je pourrais faire un article dessus.

Revenons donc au sujet qui nous intéresse. N’ayant pas le temps d’entreprendre de grandes lectures, je cherchais un livre court qui m’accompagnerait lors de mon dernier voyage en train. J’ai donc pensé à Mercure, d’Amélie Nothomb, un roman que j’ai lu il y a cinq ou six ans et qui m’avait fait rencontrer cet auteur avec un grand plaisir. J’ai eu envie de le relire pour me remémorer cette histoire, et pour savoir si mon avis était toujours le même après avoir lu plusieurs romans de cet auteur et avoir un peu « grandi » (si tant est que l’on puisse considérer que j’ai grandi à ce jour, mais là n’est pas la question…).

 

Résumé royal:

Hazel, une jeune fille au visage monstrueux est détenue captive par un vieil homme dans une grande maison sur une île où tout reflet est prohibé, des miroirs jusqu’aux fenêtres en passant même par l’eau de son bain. Tout est pensé pour que la jeune fille ne puisse pas voir son visage, car cette seule vision pourrait la détruire. Jusqu’au jour où Hazel tombe malade et qu’une infirmière, Françoise, est envoyée sur l’île pour la soigner. C’est alors que Françoise découvre la vérité des conditions de détention de la jeune fille…

 

Résumé au dos du livre:

Sur une île au large de Cherbourg, un vieil homme et une jeune fille vivent isolés, entourés de serviteurs et de gardes du corps, à l’abri de tout reflet; en aucun cas Hazel ne doit voir son propre visage.

Engagée pour soigner la jeune fille, Françoise, une infirmière, va découvrir les étranges mystères qui unissent ces deux personnages. Elle saura pourquoi Hazel se résigne, nuit après nuit, aux caresses du vieillard. Elle comprendra au prix de quelle implacable machination ce dernier assouvit une amour fou, paroxystique…

Au cœur de ce huit clos inquiétant, la romancière du Sabotage amoureux et d’Attentat retrouve ses thèmes de prédilection: l’amour absolu et ses illusions, la passion indissociable de la perversité.

 

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Comme je l’ai déjà dit, une histoire qui tient en peu de pages (188 exactement mais en gros caractères), ce qui parfois fait du bien. Moi qui déteste lire un livre de façon hachée et sur une longue durée, cela me fait du bien de pouvoir profiter d’une histoire complète en seulement quelques heures, quand je n’ai pas de temps pour les gros pavés. Et gros point positif pour celui-ci, Amélie Nothomb nous emmène très vite dans l’univers de l’histoire sans avoir besoin de longues pages de descriptions.

Le plus gros point positif, d’ailleurs c’est à mon avis cet univers. A la fois romantique, angoissant et morbide. On imagine exactement cette maison, on se sent oppressé par l’absence de fenêtres, et en même temps protégé du monde extérieur car étant sur un île, solitaire.

J’aime également beaucoup quand il est fait dans des romans des allusion dans le récit à d’autres romans de la littérature classique. Cela me donne à chaque fois envie de dévaliser ma librairie!

Enfin, un bon point pour la fin… original mais je n’en dirai pas plus.

 

Les -: Premier et plus gros point négatif à mon avis, on devine la fin très, trop tôt. C’est dommage, car il n’y a plus cette attente de la vérité qui nous tient en haleine, même si l’histoire ne s’arrête pas pour autant.

Un autre point négatif, mais là je vais me contredire, c’est que j’aurais aimé cinquante pages de plus (ouais bon faut savoir ce qu’elle veut hein!). Plus de descriptions, surtout sur les sentiments de Françoise dans la deuxième partie de l’histoire, aurait été un plus car j’ai trouvé que tout allait trop vite. Je regrette de ne pas avoir ressenti le côté pesant de sa situation: pas le temps!

Et enfin, je n’ai pas été convaincue par la fin, même si je les l’ai trouvée originale. Un peu trop cucul la praline à mon goût (mon dieu cette expression! Il faut absolument que je la bannisse à tout jamais de mon vocabulaire!), par rapport au côté angoissant – morbide du reste de l’histoire.

 

Ma note:

16/20  J’ai passé un agréable moment, mais ce n’est définitivement pas mon roman préféré d’Amélie Nothomb.

Mais j’aime tout de même beaucoup son style!

 

Citations choisies:

« Savez vous que Stendhal a dit : « Le roman est un miroir que l’on promène le long du chemin »?  »

 

« Seriez-vous experte en cette question, Françoise? ricana Hazel.

– Je suis simplement réaliste.

– Il ne s’agit pas d’être réaliste, il s’agit d’être littéraire.

– Justement. Le texte dit : « un mouvement presque involontaire ». On ne dépucelle pas avec un mouvement presque involontaire.

– Pourquoi pas?

– D’abord, je n’appellerais pas ça un mouvement.

– C’est une litote.

– Prendre la virginité d’une fille avec une litote, je trouve ça un peu fort.

– Moi, je trouve ça charmant.  »

 

« La tour livresque atteignit alors la hauteur requise.

« Et maintenant, si la pile s’écroule, c’est qu’il n’y a plus rien à espérer de la littérature », se dit-elle.  »