La Mort, L’amour et les Vagues

Une rencontre. Un même but. Ultime.

Un voyage de noces. Un jardin japonais de sable et de pierres. Des pensées, des souvenirs. Une décision.

Un gain à la loterie. Un voyage trop cher. La découverte de l’autre. L’amour?

Ce livre c’est trois nouvelles qui parlent « d’amour ». L’amour est plutôt un prétexte pour dénoncer les travers de l’humain tels que la pingrerie, la tromperie ou encore le suicide.

J’ai apprécié cette lecture mais n’ai pas vraiment été conquise. J’ai surtout apprécié la sérénité qui se dégage de ces histoires. J’ai lu ce livre comme on regarderait un paysage qui défile lors d’un voyage en train. J’ai apprécié ce moment de contemplation mais ne retiendrai sans doute pas grand chose des histoires…

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« A partir d’Ofuna, le paysage changea et ils comprirent qu’ils s’éloignaient de la grande ville : les maisons aux tons discrets, les chemins, les collines et les champs baignaient dans un froid soleil de début d’hiver. Les arbres chargés de mandarines jaunes ou de kakis vermillon, les taches claires des buissons de bambous, les toits de chaume, les petits campagnards les mains fourrées dans les manches de leurs kimonos, l’azur de la mer, les falaises défilaient devant leurs yeux puis disparaissaient aussitôt. »

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J’essaierai sans aucun doute de découvrir d’autres textes de cet auteur, sous d’autres formats que la nouvelle. Je ne sais pas trop si je dois te conseiller ce livre. Peut être que oui si tu souhaites découvrir Yasushi Inoue, pas si tu connais déjà cet auteur.

Ni d’Eve ni d’Adam

Au début des cours de français.

Puis deux histoires d’amour.

Une avec un Japonais, beau et incroyablement gentil qui veut devenir Templier.

La deuxième avec ce pays sublime où règne en maître le Mont Fuji, et où les kakis son auréolés de flocons blancs.

Récit d’une intimité qui fait rire puis bouleverse.

Formidable éloge de la liberté, qui n’a pas de prix et pour laquelle on peut tout abandonner.

J’ai beaucoup ri durant cette lecture, beaucoup appris aussi.

Sur Amélie, sur la vie…

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« Le garçon observait mon manège et je jure que je vis dans ses yeux ce constat : « Les Belges sont des gens bizarres. » L’hôpital se foutait de la charité. »

« On tombe amoureux de ceux que l’on ne supporte pas, de ceux qui représentent un danger insoutenable. »

« Pourquoi ne pouvais-je me débarrasser de la conviction que j’y étais surveillée par une caméra? Une impression d’œil invisible m’accompagnait. Je grimaçai vers le plafond, puis vers les murs : il ne se passa rien. L’ennemi était rusé qui feignait de ne pas remarquer mon inconduite. Méfiance.

Le garçon me surprit en train de tirer la langue à une peinture contemporaine. 

 – Tu n’aimes pas l’oeuvre de Nakagami? demanda-t-il. 

 – Si. C’est magnifique, dis-je avec un enthousiasme sincère envers la toile sublime d’obscurité. 

Rinri dut en conclure que les Belges montraient leur langue aux tableaux qui les bouleversaient. »

« On devrait toujours avoir quelque chose à fuir, pour cultiver en soi cette possibilité merveilleuse. D’ailleurs, on a toujours quelque chose à fuir. Ne serait-ce que soi-même. 

La bonne nouvelle, c’est que l’on peut échapper à soi-même. Ce que l’on fuit de soi, c’est la petite prison que la sédentarité installe n’importe où. On prend ses cliques et ses claques et on s’en va : le moi est tellement étonné qu’il oublie de jouer les geôliers. »

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Lis ce livre, il est vraiment chouette! Et découvre cet auteur si tu ne la connais pas, elle est fabuleuse!

Et aussi je te conseille l’adaptation filmique de ce roman : Tokyo fiancée. Ce film est vraiment très bien, très fidèle au livre et les acteurs sont géniaux.

Regarde!

Riquet à la houppe

Aujourd’hui je te parle du dernier roman d’Amelie Nothomb que j’ai vue une nouvelle fois mardi pour une dédicace (que d’émotions, que d’émotions!). Je suis restée encore une fois complètement bête devant elle tellement j’admire cette belle personne! Bref on ne va pas en faire un roman (ouai, majesté, ouaiiiiii…), je l’aime d’amour et puis c’est tout!

Amélie et votre altesse

Revenons au roman…

Résumé royal:

Un garçon laid mais très intelligent, une fille très belle qui observe, de beaux bijoux, des oiseaux, la vie…

Résumé au dos du livre:

« L’art a une tendance naturelle à privilégier l’extraordinaire. »

Amélie Nothomb

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Tout, j’ai adoré ce livre. Je retrouve mon Amélie que j’aime tant! C’est drôle, bien écrit, les personnages sont attachants ou détestables, mais le regard de l’auteur reste toujours tendre (ce qui est réellement sa façon d’être, c’est vraiment une personne d’une immense gentillesse).

Le point de vue du bébé. Comme dans Métaphysique des tubes, l’auteur prend le point de vue du bébé, et que c’est drôle!

Le personnage de la grand-mère, Passerose ; mystique, généreuse, une fée. La grand-mère que tout le monde rêverait d’avoir (mais bon la mienne était parfaite alors…).

C’est un roman qui donne envie de relire les contes!

Et surtout, encore une fois, les prénoms des personnages!

Les -: Trop court, peut être, forcément quand on aime on en veut toujours plus.

Ma note:

18/20  J’ai adoré cette lecture!

Citations choisies:

« Par la fenêtre de leur chambre sous les combles de l’Opéra, ils regardaient Paris qui pour eux seuls n’avait pas changé depuis Cocteau. Tout le monde n’a pas la grâce d’être des enfants terribles. »

« Personne ne connaissait l’âge de Passerose. Cette ignorance renforçait l’idée qu’elle venait d’une époque radicalement autre, où les papiers d’identité n’existaient pas et où les filles de seize ans hésitaient entre les carrières de fée ou de sorcière. »

« Qui a vu la splendeur d’un escadron d’oies sauvages ne peut que s’incliner devant ces aristocrates du ciel. »

Le jeu de l’ange

Bonsoir et bonne fin de semaine! Je reviens aujourd’hui après avoir terrassé un virus que j’ai bravement combattu pendant deux semaines, sans que l’idée de périr à la bataille ait seulement effleuré mon royal esprit! Et ouaip!

Je viens de finir Le jeu de l’ange, qui est la suite de L’ombre du vent dont je t’ai parlé ici et j’avoue avoir été un peu déçue. De par mon coup de cœur pour le premier tome, j’attendais beaucoup de ce roman. Un peu trop peut être. Bon j’ai pas détesté hein! Je t’en dis un peu plus plus loin…

Résumé royal:

Un journal, un roman feuilleton, une proposition, la fatigue, la maladie, les personnes à qui l’on doit tout, le cimetière des livres oubliés, une proposition, un rêve, Isabella, les doutes…

Résumé au dos du livre:

Dans la turbulente Barcelone des années 1920, David, un jeune écrivain hanté par un amour impossible, reçoit l’offre inespérée d’un mystérieux éditeur : écrire un livre comme il n’en a jamais existé, « une histoire pour laquelle les hommes seraient capables de vivre et de mourir, de tuer et d’être tués », en échange d’une fortune et, peut-être, de beaucoup plus.

Du jour où il accepte ce contrat, une étrange mécanique de destruction se met en place autour de lui, menaçant les êtres qu’il aime le plus au monde. En monnayant son talent d’écrivain, David aurait-il vendu son âme au diable ?

Ce que j’en ai pensé:

A nouveau, je remarque que Zafon se moque avec beaucoup d’humour de la religion, du moins du côté très pieux des espagnols, par exemple dans cet extrait: « Tu ne vas pas me sortir maintenant que tu n’es pas un mécréant comme moi et que tu veux arriver le cœur et le reste vierges dans le lit nuptial, que tu es une âme pure n’aspirant qu’à attendre ce moment magique où l’amour véritable te fera découvrir l’extase de la fusion de la chair et de l’âme bénie par le Saint-Esprit pour peupler le monde d’enfants qui porterons ton nom et auront les yeux de leur mère, cette sainte femme modèle de vertu et de pudeur dont la main t’ouvrira les portes du ciel sous le regard bienveillant et approbateur de l’Enfant Jésus. »

Les +: On retrouve le cimetière des livres oubliés, la librairie Sempere et fils et l’ambiance sombre, gothique, les lieux secrets de cette Barcelone que j’ai adorés dans le premier tome.

La fin. Tout s’enchaîne, on est happé par l’histoire et on ne voit pas le temps passer. Et les toutes dernières pages, très touchantes.

Le personnage d’Isabella qui amène de la bonne humeur dans cette histoire sombre, comme Fermín dans L’Ombre du vent.

Encore une fois, un livre qui parle de livres et du métier d’écrivain.

Les -: Le côté « roman policier ». Mais ça c’est entièrement personnel, je ne suis pas très fan de ce type de littérature.

J’ai décroché plusieurs fois, étant un peu perdue dans le marasme des événements, mais j’ai compris à la fin que c’était normal, qu’il n’y avait pas spécialement de logique à tout ça.

Le surnaturel. En général j’aime beaucoup ça, mais dans ce livre empli de réalisme, et sachant que l’histoire précède celle de L’Ombre du vent où on ne trouve rien d’irréaliste, les événements surnaturels m’ont plutôt gênée.

Ma note:

14/20  J’ai aimé, mais ai été déçue par rapport au premier tome. Je le conseillerais quand même étant donné qu’il reçoit de bonnes critiques de la part d’autres lecteurs (tu peux lire d’autres critiques sur Babelio, Livraddict…).

Citations choisies:

« Isabella, si tu veux réellement te consacrer à écrire, ou tout au moins à écrire pour que d’autres te lisent, il va falloir que tu t’habitues à ce que parfois les autres t’ignorent, t’insultent, te méprisent et, presque toujours, te montrent de l’indifférence. Ça fait partie des charmes du métier. »

« Mais si vous préférez, nous pouvons observer une minute de silence.

-Ce ne sera pas nécessaire.

-Evidemment pas. Cela n’est nécessaire que si l’on n’a rien de valable à dire. Le silence pare les sots d’intelligence, l’espace d’une minute. »

« Pas besoin de vous fâcher. Le problème, c’est que l’inspiration ne vient pas.

-L’inspiration vient quand on pose ses coudes sur la table et son derrière sur la chaise, et que l’on commence à transpirer. Choisis un sujet, une idée, et passe ta cervelle au presse-citron jusqu’à ce qu’elle te fasse mal. C’est ça l’inspiration. »

« L’un des principaux expédients propres à l’écrivain professionnel qu’Isabella avait appris de moi était l’art et la pratique de la procrastination. Tout vétéran dans ce métier sait que n’importe quelle occupation, que ce soit tailler son crayon ou compter les mouches, a priorité sur l’acte de s’asseoir à son bureau et se creuser la cervelle. »

L’Ombre du vent

Hey! Oui je suis toujours vivante! Et même, j’ai fini hier soir L’Ombre du vent, alors vous voyez que je ne chôme pas! Est-ce que je vous le dit tout de suite, ou est-ce que je garde un peu de suspense? Non, je vous dis tout, il s’agit d’un gros COUP DE COEUR! Pas très étonnant quand on voit les éloges à propos de ce livre. Cette critique trouvée sur Babelio par exemple : « Ce livre tient en haleine du début à la fin et émerveille par sa poésie et la finesse psychologique de ses personnages.  » Hein pas mal non?

Il se trouve que mon côté borné privilégie toujours la littérature des « pays du nord », ainsi je renie en beauté mes origines espagnoles et mon côté latin (remarque mon amoureux m’a quand même fait remarquer un jour que j’étais tellement blanche que c’était davantage le côté flammekueche que flamenco que l’on remarque en premier chez moi…). ERREUR, GROSSIERE ERREUR! Voilà comment j’ai attendu 25 ans pour découvrir cet auteur! C’est chose faite à présent, et je vais m’empresser de lire le deuxième tome de la série que j’ai trouvée par hasard pour 25cts chez Emmaüs, excusez du peu (je ne peux que vous recommander Emmaüs pour les livres d’occasion, on trouve parfois de véritables pépites pour trois fois rien)!!!

Résumé royal:

L’après guerre, le cimetière des livres oubliés, des amours impossibles, une enquête, la violence, une grande histoire d’amitié, le rire, l’angoisse, la rue…

Résumé au dos du livre:

1945. Barcelone se réveille après neuf années de guerre. Dans une ruelle étroite, deux silhouettes émergent du petit jour. Un père, libraire, et son fils de 10 ans s’en vont sacrifier à un rituel centenaire. Bientôt, le Cimetière des livres oubliés leur ouvrira ses portes. Parmi les fantômes et les rayonnages, le jeune Daniel choisira un volume, un seul. Ce sera L’Ombre du vent. Dès lors, la recherche de son auteur, Julián Carax, obsédera Daniel jusqu’à façonner le cours de son existence…

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Attention ça promet d’être long…

Le personnage de Fermín et ses aphorismes génialissimes! J’ai rarement autant ri en lisant un roman.

L’alternance entre rire et angoisse sans arrêt, tout au long du roman, ce qui permet de respirer un peu entre toutes ces tensions.

Les personnages qui sont chacun attachants à leur façon. Et les méchants que l’on déteste vraiment. La psychologie des personnages est tellement bien décrite que l’on se met à avoir des sentiments réels envers eux.

Pas emballée au premier abord par le fait que l’histoire se déroule en Espagne mais j’ai retrouvé le côté noir, gothique, que j’adore dans les romans anglais, ce qui m’a complètement fait changer d’avis.

C’est un livre qui parle de livres!!!

C’est LE livre qui te donne plus envie de visiter Barcelone que n’importe quel guide de voyage! Et dieu sait que je suis pourtant une adepte du routard!

Les -: Si il fallait dire quelque chose, je dirais peut être le dénouement un peu trop attendu, mais c’est vraiment pour chipoter!

Ah, sinon la couverture fragile de cette édition. Très jolie mais vraiment fragile.

Ma note:

19/20  Gros coup de cœur, j’ai hâte de découvrir la suite!

Citations choisies:

 « Un jour, j’ai entendu un habitué de la librairie de mon père dire que rien ne marque autant un lecteur que le premier livre qui s’ouvre vraiment un chemin jusqu’à son cœur. Ces premières images, l’écho de ces premiers mots que nous croyons avoir laissés derrière nous, nous accompagnent toute notre vie et sculptent dans notre mémoire un palais auquel, tôt ou tard – et peu importe le nombre de livres que nous lisons, combien d’univers nous découvrons – nous reviendrons un jour. »

« La télévision est l’Antéchrist, mon cher Daniel, et je vous dis, moi, qu’il suffira de trois ou quatre générations pour que les gens ne sachent même plus lâcher un pet pour leur compte et que l’être humain retourne à la caverne, à la barbarie médiévale et à l’état d’imbécillité que la limace avait déjà dépassé au Pléistocène. Ce monde ne mourra pas d’une bombe atomique, comme le disent les journaux, il mourra de rire, de banalité, en transformant tout en farce et, de plus, en mauvaise farce. »

 » – Au contraire. Le sot parle, le lâche se tait, le sage écoute.

 – Qui a dit ça? Sénèque?

 – Non. M. Braulio Recolons, charcutier rue Aviñón, qui possède un don extraordinaire tant pour le boudin que pour l’aphorisme bien placé. »

« Julián m’avait affirmé un jour que l’auteur s’écrit à lui-même pour se dire des choses qu’il ne pourrait comprendre autrement. »

Premier amour

Mesdames, Messieurs, bonsoir! Je reviens ce soir avec une nouvelle qui m’a été conseillée par Amélie Nothomb, excusez du peu! Je la remercie mille fois pour cette découverte, j’ai beaucoup aimé cette lecture! Romantisme POWER! Attention, cependant, si comme moi vous la téléchargez au format numérique pour liseuse (le texte faisant partie du domaine public, il est accessible gratuitement, PRO-FI-TEZ – EN!), plusieurs fichiers auxquels j’ai eu accès sont incomplets (il manque le dernier ou les deux derniers chapitres, ce qui est vraiment dommage puisque le dernier est pour moi le plus beau). Donc il faut que votre texte se termine par « […] et pour moi » (désolée pour le peu d’information mais la dernière phrase est en fait un SPOILER).

Pour les intéressés, vous pouvez le lire au format PDF ici (oui je sais votre majesté est trop bonne, elle l’a cherchée pour vous. Non, ne me remerciez pas, ce n’est rien, voyons!)

Résumé royal:

Vladimir Pétrovitch, Zinaïda, la découverte du sentiment amoureux, la jalousie, le secret, la solitude, la souffrance… (oui, à histoire courte, résumé court).

Résumé sur livraddict:

«Quelle fille excitante que Zinaïda!» écrit Flaubert à Tourgueniev à propos de son roman. «C’est une de vos qualités de savoir inventer les femmes. Elles sont idéales et réelles. Elles ont l’attraction et l’auréole.» Irrésistible du haut de ses vingt et un printemps, la capricieuse et attirante Zinaïda fait chavirer le cœur du jeune Vladimir Pétrovitch, seize ans à peine. Premier amour et premiers tourments d’un enfant épris de la jolie princesse pour l’avoir vue par-dessus la palissade de son domaine… Mais lorsque Zinaïda devient froide et mystérieuse, d’étranges soupçons envahissent l’esprit de Vladimir. Quel est donc ce rival secret qui l’éloigne de lui?

Ce que j’en ai pensé:

Les +: La noirceur sous-jacente : en grande fan de Tim Burton et autres choses du même genre que je suis, j’aime le fait que l’histoire, même si elle est romantique à souhait, ne tombe jamais dans la mièvrerie. On sent tout au long du récit qu’il y a un malaise quelque part et… non n’insistez pas je n’en dirai pas plus!

Les -: Trop court. Oui je sais c’est une nouvelle. Mais un roman plus approfondi aurait été bien aussi, avec plus de psychologie des différents personnages peut être.

Ma note:

16/20  J’ai beaucoup aimé cette lecture, mais ce n’est quand même pas un coup de cœur. J’aurais préféré une version plus longue, où l’on se serait plus intéressé à la psychologie des personnages, autant principaux que secondaires. Je recommande tout de même sans hésiter cette nouvelle, surtout si comme moi vous ne connaissez pas encore les Russes : c’est une belle entrée en matière.

Citations choisies:

« Je dépérissais à vue d’œil quand Zinaïda n’était pas là : j’avais la tête vide, tout me tombait des mains et je passais mes journées à penser à elle… Je dépérissais loin d’elle, ai-je dit… N’allez pas croire, pour cela, que je me sentisse mieux en sa présence… Dévoré de jalousie, conscient de mon insignifiance, je me vexais pour un rien et adoptais une attitude sottement servile. »

« Elle en fut amusée et commença à rire de ma passion, à me tourner en bourrique, à me faire goûter les pires supplices. Quoi de plus agréable que de sentir que l’on est la source unique, la cause arbitraire et irresponsable des joies et des malheurs d’autrui ?… C’était précisément ce qu’elle faisait, et moi, je n’étais qu’une cire molle entre ses doigts cruels. »

« Ce que je venais d’apprendre était au-dessus de mes forces… J’étais écrasé, anéanti… Tout était fini… Mes belles fleurs gisaient, éparses autour de moi, piétinées, flétries. »

Le Sabotage amoureux

Bonsoir et bonne soirée ! Je ne suis pas très présente en ce moment, je vous prie de m’excuser. Il se trouve que je lis moins, ayant moins de temps, mais surtout que j’ai reçu pour Noël une liseuse (Kobo glow, pour les intéressés), ce qui fait que je peux maintenant trimbaler avec moi toute une flopée de livres et de ce fait, en lire plusieurs en même temps. Et forcément, ça prend du temps pour en finir un. Soyez ravis, chers serviteurs, c’est chose faite (*hourras, *acclamations) ! J’étais sceptique à propos des liseuses, mais il faut avouer qu’il y a tout de même un avantage: mon sac à main est beaucoup plus léger depuis qu’il ne contient plus la moitié de ma bibliothèque (« oui mais je prends ce livre, mais si ce n’est pas mon humeur du moment je prends celui là pour avoir le choix mais si il ne me plaît pas, au cas où, je prends celui là, et je prends tout ça même si je ne vais avoir qu’une heure pour lire aujourd’hui et que je rentre à la maison ce soir… »).

J’ai donc terminé Le Sabotage amoureux d’Amelie Nothomb (et oui encore elle et je n’en ai pas terminé avec cet auteur étant donné que j’ai décidé de (re)lire tous ses romans dans l’ordre chronologique de parution). Celui-ci n’est pas mon préféré mais j’ai tout de même passé un très bon moment. Si je n’ai pas chroniqué Hygiène de l’assassin, qui est son premier (et qui fait partie de mes plus gros coups de cœur du monde dans la terre dans l’univers), c’est simplement parce que je l’ai lu plusieurs fois et qu’il faudrait que je le relise encore une fois pour écrire une chronique, donc ce sera pour plus tard.

Bref, revenons à nos couronnes…

Résumé royal:

L’enfance de l’auteur durant les trois ans qu’elle a passés en Chine. La méchanceté des enfants « légitimée » par une grande épopée, des escapades à cheval, la découverte du sentiment amoureux… et de l’autodérision, toujours.

Résumé au dos du livre:

Saviez-vous qu’un pays communiste, c’est un pays où il y a des ventilateurs ? Que de 1972 à 1975, une guerre mondiale a fait rage dans la cité-ghetto de San Li Tun, à Pékin? Qu’un vélo est en réalité un cheval ? Que passé la puberté, tout le reste n’est qu’un épilogue?

Vous l’apprendrez et bien d’autres choses encore dans ce roman inclassable, épique et drôle, fantastique et tragique, qui nous conte aussi une histoire d’amour authentique, absolu, celui qui peut naître dans un cœur de sept ans. Un sabotage amoureux : sabotage, comme sous les sabots d’un cheval qui est un vélo…

Avec ce roman, son deuxième livre, Amélie Nothomb s’est imposée comme un des noms les plus prometteurs de la jeune génération littéraire.

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Je le dis et le redis, j’adore Amélie Nothomb! C’est une personne d’une immense gentillesse et qui pour moi a vraiment un talent formidable. J’adore sa façon d’écrire, et je suis d’autant plus impressionnée quand je me rend compte qu’elle a écrit ce roman alors qu’elle avait mon âge aujourd’hui. Chapeau Madame!

L’humour! Cette faculté qu’elle a de nous faire rire de tout, y compris (et surtout) d’elle même.

Le vocabulaire. Je sais que ça en dérange certains, mais moi ça me plaît d’apprendre des nouveaux mots quand je lis, et de devoir parfois stopper ma lecture pour prendre le dictionnaire.

Les -: Peut être quelques longueurs parfois, mais c’est tout.

Ma note:

15/20  Pas mon préféré de Nothomb, mais c’était un chouette moment. Que j’aime cet auteur! Hâte de lire le suivant. Mais avant, je vais commencer par ceux qu’elle m’a conseillés (oui parce que j’ai reçu un joli cadeau en provenance de Paris vendredi dernier… une jolie lettre! Jolie émotion aussi!).

Citations choisies:

« Je n’avais jamais eu d’ami ou d’amie. Je n’y avais même pas songé. A quoi m’eussent-ils servi? J’étais enchantée de ma compagnie.

J’avais besoin de parents, d’ennemis et de compagnons d’armes. Dans une moindre mesure, j’avais besoin d’esclaves et de spectateurs  –  question de standing. »

« C’était mon troisième hiver au pays des Ventilateurs. Comme d’habitude, mon nez se transformait en Dame aux camélias, crachant le sang avec une belle prodigalité. »

« La neige, où je lisais des questions qui me donnaient très chaud et puis très froid.

La neige, sale et dure, que je finissais par manger dans l’espoir d’y trouver une réponse, en vain.

La neige, eau éclatée, sable de gel, sel non pas de la terre, mais du ciel, ciel non salé, au goût de silex, à la texture de gemme pilée, au parfum de froidure, pigment du blanc, seule couleur qui tombe des nuages.

La neige qui amortit tout  –  les bruits, les chutes, le temps  –  pour mieux mettre en valeur les choses éternelles et immuables comme le sang, la lumière, les illusions. »