Dracula

Cher lecteur je t’adresse toutes mes salutations les plus distinguées (je vous prie d’agréer, tout ça tout ça…). Avant toute chose, jeudi dernier j’ai regardé, comme à mon habitude, la Grande librairie et j’ai adoré cette émission tout particulièrement, surtout le témoignage de Delphine Minoui à propos d’une bibliothèque clandestine en Syrie. Ce sont des jeunes qui ont récupéré pendant plus d’un an des livres des décombres alors que la guerre éclatait tout autour d’eux et qui ont créé une bibliothèque clandestine. Je te conseille de regarder en replay l’émission en entier, mais si telle n’est pas ton intention, au moins ce passage. Cet épisode m’a vraiment fait réfléchir, et donné une seule envie : lire, lire encore et toujours plus, parce que c’est une chance immense que l’on a de pouvoir accéder à tous ces ouvrages et à autant de connaissance alors que certains sont obligés de se battre encore aujourd’hui pour ça.

J’ai donc décidé de ne pas me cantonner à un thème finalement mais de lire tout ce qui est à ma disposition, et de partager avec toi je l’espère cette envie que j’avais, mais qui s’est réellement accrue ces derniers temps.

Sur ce…

Attention coup de cœur!!! Je viens de terminer ma lecture et, oh mon dieu je me demande bien ce que je vais pouvoir lire ensuite qui pourra autant me captiver! Pas de tergiversations, on commence tout de suite!

Résumé royal:

La Transylvanie. Un voyage angoissant, un hôte aux étranges manières qui ne vit que dans les anciennes demeures, des pièces fermées à clé, l’absence de miroirs. La folie. Le somnambulisme. La maladie. Van Helsing. La non mort. Un fou philosophe. La traque.

Résumé au dos du livre:

Jonathan Harker, jeune et brillant clerc de notaire, se rend pour affaires dans les Carpates, où réside son client, le comte Dracula. Celui-ci se révèle un hôte chaleureux et prévenant, mais la curiosité incite Jonathan à pousser son exploration de l’immense château toujours un peu plus loin. A travers les lettres qu’il lui envoie presque chaque jour, Mina, sa jeune épouse restée à Londres, découvre qu’une effroyable réalité se tapit dans l’ombre de la légende…

Ce que j’en ai pensé:

Les +:

La forme du récit, entre roman épistolaire et journaux intimes, j’ai adoré.

L’ambiance et les descriptions si bien menées par l’auteur : on est aussitôt immergé dans le décor, que ce soit la Transylvanie ou l’Angleterrevictorienne, happé par l’angoisse ambiante ou les enquêtes menées par les différents personnages.

Le personnage de Van Helsing, le sage de l’équipe (tant par son savoir que par le fait qu’il ne recule d’emblée devant aucune hypothèse, aussi invraisemblable soit-elle), mais d’un humour noir qui m’a fait me tordre de rire.

Le personnage de Mina, femme forte et très indépendante pour l’époque (ce qui fait dire aux autres personnages qu’elle dispose certainement d’un cerveau d’homme, voyez un peu!), qui prend les choses en main face à certains messieurs qui n’auraient pas fait la moitié de ce qu’ils ont fait sans elle et son courage.

Et surtout, le personnage de Renfield, un fou philosophe que j’ai trouvé attachant dès le départ même si son comportement était vraiment étrange et répugnant (je n’en dirai pas plus pour vous laisser la surprise).

En parlant de fou, les descriptions de l’asile tellement réalistes, et les études du docteur Seward, contemporain de Charcot (dont l’auteur a du lire les ouvrages étant donné la précision avec laquelle il décrit les crises d’hystérie de Renfield ou l’hypnose pratiquée par Van Helsing). J’ai très envie d’approfondir ce sujet, la psychiatrie et la médecine de cette époque, si tu as des romans ou ouvrages à me conseiller n’hésite pas.

Les – :

Le personnage de Lucy que j’ai trouvé un peu exaspérante, mais c’est entièrement subjectif.

La fin un peu trop précipitée à mon goût, et en même temps je ne suis pas sûre que la lecture de quelques pages supplémentaires aurait été soutenable.

Ma note:

19/20 Coup de cœur pour moi! J’ai aimé la forme, l’histoire, l’époque bien sûr, le côté sombre et à la fois l’enquête qui prend le dessus, tous les personnages. Je conseille vivement cette lecture, pas si sanglante contrairement à ce à quoi on peut s’attendre.

Citations choisies:

« Des portes, encore des portes et toujours des portes, partout, et toutes étaient fermées et verrouillées à double tour. Il n’y a que les fenêtres pratiquées dans les murs du château qui offrent un semblant d’issue de secours.

Le château est une véritable prison et je suis donc prisonnier. »

« A cette remarque, il répondit de manière très énigmatique : « Les demoiselles d’honneur réjouissent la vue de ceux qui attendent la mariée, mais quand la mariée fait son entrée, ces mêmes demoiselles ne brillent plus du même éclat au regard de ceux qui n’ont d’yeux que pour la promise. »  »

« Vous êtes un homme brillant, ami John, vous raisonnez juste et votre esprit est ouvert et même, si je peux dire, audacieux, mais vous avez encore trop de préjugés. Vous ne laissez pas vos yeux voir ni vos oreilles entendre, et ce qui est en dehors de vos préoccupations quotidiennes ne retient pas votre attention. Ne pensez-vous pas qu’il existe des choses que vous ne pouvez pas comprendre et qui pourtant existent, que certaines personnes voient des choses où d’autres ne voient rien? Mais il existe des choses vieilles ou nouvelles qui ne doivent pas être contemplées uniquement avec les yeux parce qu’ils savent ou croient savoir des choses que d’autres hommes leur ont racontées. Ah, c’est la faute de notre science qui cherche à tout expliquer et, si elle n’y parvient pas, c’est tout simplement parce qu’il n’y a rien à expliquer. »

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Le Bon Gros Géant

 

Avant de partir en vacances, j’inaugure la série de ceux que je nommerai #lesgensparticuliers avec ma première lecture : Le BGG de Roald Dahl.

Quel bonheur de me replonger dans l’écriture de cet auteur! J’avais vu avant ma lecture l’adaptation de Spielberg (qui est plutôt pas mal faite et fidèle au livre bien que peut être plus enfantine) donc je connaissais déjà l’histoire, mais quel plaisir de la lire!

Voici la bande annonce du film, si tu es intéressé(e) :

Résumé royal:

Un kidnapping. Un géant végétarien souffleur de rêves qui s’entortille dans ses mots. La frambouille. L’Avaleur de chair fraîche. La chasse aux rêves. Un cauchemard. Une idée. La reine d’Angleterre…

Résumé au dos du livre:

Sophie ne rêve pas, cette nuit-là, quand elle aperçoit de la fenêtre de l’orphelinat une silhouette immense vêtue d’une longue cape et munie d’une curieuse trompette. Une main énorme s’approche et saisit la petite fille terrifiée pour l’emmener au pays des géants. Mais heureusement, Sophie est tombée entre les mains d’un géant peu ordinaire : le Bon Gros Géant, qui se nourrit de légumes et souffle des rêves dans les chambres des enfants…

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Bien sûr l’inventivité de l’auteur, qui crée un monde de A à Z. Le pays des rêves par exemple est tellement bien décrit qu’on n’a aucun mal à l’imaginer même s’il est complètement surréaliste.

La traduction! Le BGG parle en déformant tous les mots (parce qu’il n’est jamais allé à l’école, alors il est « tout plein de fautes »), et la traduction est tellement bien faite! Je voudrais lire un passage en VO pour me faire une idée de ce que ça donne en anglais.

Les Mots tordus, justement. A la façon d’Alice au Pays des Merveilles, de Zazie dans le métro ou encore des livres de PEF que je dévorais étant petite, quelle inventivité et quel plaisir que cette écriture!

Les illustrations. Gros coup de cœur pour celles de la reine qui est immédiatement reconnaissable.

En parlant de reine, la participation de la Reine d’Angleterre, ma chère consœur, à cette histoire!

L’humour! Parlons de la « frambouille »…

Les suppléments de cette édition, ludiques et intéressants.

La dernière phrase (à ne pas lire avant de commencer cette lecture!).

Les – : Rien ne me vient à l’esprit.

Ma note:

18/20 Tant de poésie, de douceur, d’humanité se dégagent du BGG! C’est une histoire émouvante, drôle, qui donne envie d’en lire beaucoup d’autres, et de découvrir les romans destinés aux adultes de cet auteur. Bref, une lecture « délexquisavouricieuse ! »

Citations choisies:

« – Moi? ! s’exclama le géant en faisant trembler de sa voix puissante les rangées de bocaux alignés sur les étagères, moi, me nourrir d’hommes de terre? ! Ça, moi, jamais! Les autres, oui! Tous les autres en dévorent chaque nuit, mais pas moi! Moi, c’est un géant farfelu! Un gentil géant tout confus! Je suis le seul gentil géant tout confus au pays des géants! »

« – Comparée à moi, tu es aussi sourde qu’une brioche! s’exclama le BGG, tu n’entends que les gros bruits lourdauds avec tes petites oreillouchettes. Mais moi, j’entends tous les secrets murmures du monde!

– Comme quoi, par exemple? demanda Sophie.

– Dans ton pays, j’entends les pas d’une coccinelle qui marche sur une feuille d’arbre.

– Vraiment? s’étonna Sophie, impressionnée.

– Et en plus, je les entends très fort, ajouta le BGG, quand une coccinelle marche sur une feuille d’arbre j’entends ses pas qui font polotop polotop, tout comme ceux d’un géant!

– Mon Dieu ! s’écria Sophie, et qu’entendez vous d’autre?

– J’entends les petites fourmis qui bavardouillent quand elles trottent sur le sol.

– Vous voulez dire que vous entendez parler les fourmis?

– Chaque mot qu’elles prononcent, assura le BGG, bien que je ne comprenne pas leur baragouin. »

« – Non, cela ne me plaît pas, répondit fermement le BGG, ce n’est pas parce qu’on a un peu raison qu’on n’a jamais tort. »

« On ne devient pas maître d’hôtel de la reine sans pouvoir faire preuve au plus haut point d’ingéniosité, d’adaptabilité, de souplesse, de dextérité, d’astuce, de sophistication, de sagacité, de discrétion et d’une foule d’autres qualités que ni vous ni moi ne possédons. M. Tibbs, en revanche, les avait toutes.

Il se trouvait à l’office en train de boire paisiblement sa première bière de la journée, lorsque l’ordre royal lui parvint. »

David Copperfield – Tome 1

Une naissance agitée.

Des rencontres qui ne devraient jamais avoir eu lieu.

Le sérieux des amours d’enfants.

Une enfance heureuse mais vite devenue difficile, une vie mouvementée.

Apprendre par soi-même.

Se lier d’amitié. Partager les difficultés.

Souffrir de sa naïveté, devoir ouvrir les yeux mais ne pas y parvenir.

S’échapper, avec un dernier espoir.

Le renouveau.

Mais les difficultés ne sont jamais très loin…

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« Pour moi, je restai longtemps occupé à contempler Pegotty, tout en rêvant à une supposition que je venais de faire : si Pegotty avait l’intention de me perdre comme le petit Poucet dans les contes de fées, ne pourrais-je pas toujours retrouver mon chemin à l’aide des boutons et des agrafes qu’elle laisserait tomber en route? »

« Une seule chose m’empêchait de m’abrutir absolument. Mon père avait laissé dans un cabinet, au second, une petite collection de livres ; ma chambre était à côté, et personne ne songeait à cette bibliothèque. Peu à peu Roderick Random, Peregrine Pickle, Humphrey Clinker, Tom Jones, le Vicaire de Wakefield, donQuichotte, Gil Blas et Robinson Crusoé, sortirent, glorieux bataillon, de cette précieuse petite chambre pour me tenir compagnie. Ils tenaient mon imagination en éveil ; ils me donnaient l’espoir d’échapper un jour à ce lieu. Ni ces livres, ni les Mille et une Nuits, ni les histoires des génies, ne me faisaient de mal, car le mal qui pouvait s’y trouver ne m’atteignait pas ; je n’y comprenais rien. »

« Que de repas passés dans le silence et dans l’embarras, en sentant toujours qu’il y avait une fourchette de trop et que c’était la mienne, un appétit de trop et que c’était le mien, une chaise de trop et que c’était la mienne, quelqu’un de trop et que c’était moi ! »

« Mes besoins étaient si pressants pourtant que je dis que j’accepterais vingt sous si cela lui convenait. M. Dolloby y consentit en grommelant. Je lui souhaitai le bonsoir, et je sortis de la boutique avec vingt sous de plus et mon gilet de moins. Mais, bah ! en boutonnant ma veste, cela ne se voyait pas. »

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J’ai aimé cette lecture. Cette capacité qu’a Dickens de nous immerger dans la vie intime de cette société de l’Angleterre victorienne qu’il décrit si bien. J’ai aimé sa façon de rendre chaque personnage si « vivant », et bien sûr, son humour!

J’ai aussi aimé le fait que David, le narrateur, raconte cette histoire sous forme de souvenirs, toujours avec beaucoup de nostalgie et de tendresse malgré les difficultés auxquelles il a du faire face. J’ai parfois été exaspérée par sa naïveté, mais qui tient en grande partie à son immense bonté qui fait qu’on le pardonne.

Quelques longueurs parfois, mais qui sont nécessaires pour « planter le décor ».

Je ne pensais pas enchaîner tout de suite sur le tome II mais la fin de ce premier tome ne me laisse pas vraiment le choix…

(Ce texte est libre de droit, tu peux trouver cette version gratuitement ici).

Contes de Noël

Aujourd’hui, je reviens avec un conte de Dickens, plutôt de circonstance n’est-ce pas! Autant te le dire tout de suite : j’ai adoré cette lecture! Cette histoire se déroule à Londres à Noël, et je crois que tout le monde devrait la découvrir en cette période. Il y a tout ce que j’aime dans cette histoire : Noël, de la neige, et surtout, des fantômes! Ouiiiii! Et puis ça finit bien, et ça, ça fait plaisir !

On sent que ce conte a inspiré énormément d’auteurs, je vais te citer un passage :

« Quittant le théâtre bruyant des affaires, ils allèrent dans un quartier obscur de la ville, où Scrooge n’avait pas encore pénétré, quoiqu’il en connût parfaitement les êtres et la mauvaise renommée. Les rues étaient sales et étroites, les boutiques et les maisons misérables, les habitants à demi nus, ivres, mal chaussés, hideux. Des allées et des passages sombres, comme autant d’égouts, vomissaient leurs odeurs repoussantes, leurs immondices et leurs ignobles habitants dans ce labyrinthe de rues ; tout le quartier respirait le crime, l’ordure, la misère. Au fond de ce repaire infâme on voyait une boutique basse, s’avançant en saillie sous le toit d’un auvent, dans laquelle on achetait le fer, les vieux chiffons, les vieilles bouteilles, les os, les restes des assiettes du dîner d’hier au soir. Sur le plancher, à l’intérieur, étaient entassés des clefs rouillées, des clous, des chaînes, des gonds, des limes, des plateaux de balances, des poids et toute espèce de ferraille. Des mystères que peu de personnes eussent été curieuses d’approfondir s’agitaient peut-être sous ces monceaux de guenilles repoussantes, sous ces masses de graisse corrompue et ces sépulcres d’ossements. »

Ça ne te ferait pas penser à un autre quartier sombre et malfamé?

Passons à la suite…

Résumé royal:

Scrooge, un vieux radin qui ne veut pas fêter Noël. Le froid qui s’installe. Une apparition sur le pas de la porte. Une sonnette qui s’agite. Une apparition sans entrailles. Un drôle de spectacle. L’heure détraquée. L’esprit du Noël passé. L’esprit du Noël présent. Le dernier esprit…

Résumé au dos du livre:

Le soir de Noël, un vieil homme égoïste et solitaire choisit de passer la soirée seul. Mais les esprits de Noël en ont décidé autrement. L’entraînant tour à tour dans son passé, son présent et son futur, les trois spectres lui montrent ce que sera son avenir s’il persiste à ignorer que le bonheur existe, même dans le quotidien le plus ordinaire.

Ce que j’en ai pensé:

Les + : Le Londres un peu gothique de Dickens, j’adore! Voyez plutôt : « Il n’y a pas de doute que Marley était mort : ceci doit être parfaitement compris, autrement l’histoire que je vais raconter ne pourrait rien avoir de merveilleux. »

La capacité de cet auteur à nous plonger au cœur de l’histoire et nous faire oublier ce qui existe autour de nous. C’était Noël pour moi aujourd’hui.

Un conte qui finit bien, qui donne envie de sourire, de gâter ses proches, de passer de bonnes fêtes. On se sentirait presque honteux d’être grognon sinon!

Les petites allusions de l’auteur au cours de l’histoire, c’est quand même Dickens hein, il ne va pas manquer une occasion de dénoncer des injustices ou de lancer une petite pique de temps en temps : « […] qu’en outre Scrooge possédait aussi peu de ce qu’on appelle imagination qu’aucun habitant de la Cité de Londres, y compris même, je crains d’être un peu téméraire, la corporation, les aldermen et les notables. »

Sa façon de dénoncer l’avarice avec humour…

Les – : Trop court, je pense, c’était tellement chouette!

Ma note:

18/20 J’ai vraiment aimé cette lecture, j’aime beaucoup Dickens. J’ai hâte de me replonger dans un de ses romans. J’ai aussi envie de découvrir les adaptations en film de ce conte, histoire de me plonger pour de bon dans l’ambiance!

Citations choisies:

« Scrooge prit son triste dîner dans la triste taverne où il mangeait d’ordinaire. Ayant lu tous les journaux et charmé le reste de la soirée en parcourant son livre de comptes, il alla chez lui pour se coucher. »

« L’obscurité ne coûte pas cher, c’est pour cela que Scrooge ne la détestait pas. »

« Les rideaux de son lit furent tirés, et Scrooge, se dressant dans l’attitude d’une personne à demi couchée, se trouva face à face avec le visiteur surnaturel qui les tirait, aussi près de lui que je le suis maintenant de vous, et notez que je me tiens debout, en esprit, à votre coude. »

Les ferrailleurs 1 – Le château

Hey, salutations!

Aujourd’hui je te parle du tome 1 de la saga Les Ferrailleurs : Le Château. Pour la petite histoire, j’étais à la fnac, cherchant un cadeau pour une amie, lorsque j’ai été happée par cette couverture (qui est vraiment canon, avouons-le), chose qui m’arrive quand même très rarement. Comme n’importe quelle personne un tant soit peu réfléchie (mais oui…), avant d’emporter avec moi mon précieux, je regarde rapidement les avis sur Livraddict. Et là, je me rend compte qu’il était sur ma wish list (majesté, 0 – boulet, 1). Voilà comment son petit côté burtonien m’a séduite deux fois.

Résumé royal:

Un enfant qui entend les objets, une orpheline tachetée, une poignée de porte perdue, un cousin tortionnaire, des discussions dans une horloge, des punaises qui piquent, un nom perdu, une séance sur canapé, une mouette disparue, des paroles étranges, une tasse repose moustache, un oncle aveugle qui les entend aussi, des conduits de cheminées, une grand-mère séquestrée, une autruche, un bouton d’argile et un demi souverain…

Résumé au dos du livre:

Au milieu d’un océan de détritus composé de tous les rebuts de Londres se dresse la demeure des Ferrayor. Le Château, gigantesque puzzle architectural, abrite cette étrange famille depuis des générations. Selon la tradition, chacun de ses membres, à la naissance, se voit attribuer un objet particulier, qui le suivra toute sa vie.
Clod a quinze ans et possède un don singulier : il est capable d’entendre parler les objets… Tout commence le jour où la poignée de porte appartenant à Tante Rosamud disparaît. Les murmures des objets se font de plus en plus insistants. Dehors, une terrible tempête menace. Et voici qu’une jeune orpheline se présente à la porte du Château…

Entre Gormenghast, de Mervyn Peake, et les délices steampunk d’Otomo ou de China Miéville, féerie machinique peuplée de cauchemars gothiques, telle s’annonce l’histoire de la déchetterie fantastique d’Edward Carey. François Angelier, Le Monde des livres.

Ce que j’en ai pensé:

Les + : Les illustrations de l’auteur, sombres et belles, de personnages macabres et farfelus.

Le plan du manoir au début du livre! J’adore quand un livre commence par un plan ou une carte, ici on est directement plongé dans le fatras de ces lieux avant même d’avoir lu une ligne.

Bien sûr, le contexte : quoi de mieux que l’Angleterre victorienne, n’est ce pas? Gothique à souhait!

L’idée des objets de naissance, tu ressentirais quoi, toi si on te donnais « un racloir à chaussure »?

Le personnage de Tummis. Complètement déjanté, mais qui a des convictions et les assume jusqu’au bout, quitte à en souffrir.

La grand-mère qui s’énerve vers la fin, et là je me suis dit : « Enfin quelqu’un pète les plombs dans cette barraque! »

Les – : J’ai mis beaucoup de temps à entrer dans l’histoire, au moins la moitié du livre.

Un peu déçue par le côté « pas assez loufoque » que promettait la couverture (même si l’autruche m’a bien fait rire). J’ai plutôt aimé cette lecture, mais je m’attendais à ce que ce soit un peu plus sombre et plus déjanté, avec de l’humour noir, façon famille Addams.

Les objets qui prennent vie, une excellente idée, mais pourquoi les transformer en monstre façon Marvel? Pour l’adaptation au cinéma? J’ai malheureusement eu l’impression que ce livre est écrit dans le but d’être adapté à l’écran (ce qui serait sans doute formidable, je n’ai rien à redire là dessus, c’est simplement le côté scénario déjà ficelé qui me gêne).

Ma note:

14/20 J’ai apprécié cette lecture, le côté hyper-inventif de l’auteur, ses descriptions, mais je n’ai pas réussi à être absorbée par l’histoire. Je lirai sans doute le tome 2 en espérant me réconcilier avec les Ferrayor. Je l’espère vraiment.

Citations choisies:

« Je file dans mes appartements, qui seront vides sans toi. Mais je vais retrouver mes scarabées poilus, mes poissons d’argent, mes vers de farine, mes charançons, mes mites et mes termites, mes cafards, mes blattes, mes phoridae, mes bousiers, mes hannetons, mes mouches à viande, mes cloportes et mes punaises, mes moucherons et mes perce-oreilles, sans oublier bien sûr ma mouette cendrée, et à tous je transmettrai tes salutations.

– Merci, vieux robinet, à plus tard.

– Allez, vieille bonde, dit-il, et pas un mot à ce sujet, hein? »

« Parfois, pour avoir le sentiment d’une indépendance encore plus grande et l’impression que je m’appartenais pleinement, je m’allumais une pipe en argile ou prenais même une bouffée de cigarillo si j’en avais trouvé un, sinon je me roulais tout seul dans mon coin une cigarette avec des chutes d’ongle et de la poussière de mites séchées. »

« Grand-Père, pour nous les Ferrayor, était à lui seul toutes les planètes et leurs mouvements : nul soleil ne pouvait jamais se lever, aucun matin, aucune couleur, aucun mouvement, aucun souffle ne pouvait advenir sans son autorisation. Il était l’autorisation d’exister, revêtue de sombres habits, dans un costume noir, très noir. »

Harry Potter et l’enfant maudit

Attention là on arrive à l’Article (avec un A majuscule, je vous prie).

Tadadadaaaaaaaaaaaa!

Bon je vais vous annoncer la couleur dès le départ, je suis un peu perdue quant à mon avis sur cette lecture. Je fais certainement partie des plus grands fans d’Harry Potter depuis mes 11ans (oui parce que j’ai eu la chance de découvrir ces livres à 11 ans et d’attendre chaque sortie d’un nouveau tome tel un hippogryphe affamé), et c’est pour cette raison que j’ai mis tant de temps avant de lire L’Enfant maudit : j’avais peur d’être déçue.

Bon avant que votre majesté vous fasse l’honneur de vous donner son avis (… oui bon c’est dimanche!), commençons dans l’ordre (maiiiis oui!).

Résumé royal:

Dix-neuf ans plus tard, retour sur le quai de la voie 9 3/4, Harry accompagne ses enfants jusqu’au Poudlard express, son fils Albus a peur d’être envoyé chez les Serpentard.

La décision du choixpeau. Une amitié profonde. Des rencontres. Un défi. L’inattendu. Les ennuis. Le passé. Des décisions. La compréhension.

Résumé au dos du livre:

La huitième histoire. Dix-neuf ans plus tard.

Être Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il travaille au cœur des secrets du ministère de la Magie.
Marié et père de trois enfants, Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, tandis que son fils Albus affronte le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu.
Quand passé et présent s’entremêlent dangereusement, père et fils se retrouvent face à une dure vérité : les ténèbres surviennent parfois des endroits les plus inattendus.

Le texte intégral de la pièce de théâtre.
D’après une nouvelle histoire originale de J.K. Rowling, John Tiffany et Jack Thorne.
Une pièce de théâtre de Jack Thorne.

Ce que j’en ai pensé (je vais essayer de ne pas spoiler):

D’abord, j’ai davantage eu l’impression de lire une fan fiction qu’un 8ème tome de Harry Potter. Je m’explique (en évitant de spoiler au maximum) : j’ai eu l’impression que cette histoire tourne davantage autour de ce qui aurait pu se passer durant l’histoire que l’on connaît, plutôt que dans le présent. Un peu comme si on avait ressorti les brouillons de JK Rowling et que l’on avait écrit une histoire avec. Du coup, les nouveaux personnages (les enfants de Harry, Ginny, Ron, Hermione et Malefoy) ne sont pas vraiment des personnages principaux à mon sens puisqu’ils partent en quête de quelque chose qui puisse résoudre le passé de leurs parents…

Les +: La scène de la bibliothèque dans le bureau d’Hermione! J’ai adoré!

Même si j’ai mis un peu de temps à démarrer, j’ai quand même été happée par cette lecture (on est quand même de retour dans cet univers que j’adore!) et ai tout lu d’un trait!

Ron, toujours aussi drôle (quoique un peu trop…).

Rogue, toujours aussi… « CŒUR » « CŒUR » « CŒUR »!!?!?!!

Enfin, la relève est plutôt pas trop mal assurée, même si je ne me suis pas autant attachée aux enfants qu’aux parents. Mais le Scorpius Hermionesque-intello-froussard me plaît bien.

Les – (et là, sachez que je suis vraiment désolée de tout ce que je vais dire, j’en suis la première peinée) :

J’ai mis un bon moment avant de me mettre dans le bain, je n’arrivais pas à m’attacher aux nouveaux personnages au début… ni aux anciens d’ailleurs. Je ne les reconnaissais pas.

Malefoy qui s’entend avec tout le monde! Non mais c’est un comble! Je veux bien qu’ils aient des intérêts communs, et pas des moindres, mais Malefoy est censé rester Malefoy pas faire copain copain!

McGonagall qui appelle Hermione Mme la Ministre, et Malefoy qui appelle McGonagall Minerva… sont devenus potes? C’est possible mais moi ça me gêne, pour moi McGonagall reste leur professeur même si ils sont adultes, je comprends qu’ils aient d’autres relations mais de là à inverser les rôles, je m’insurge! Un peu de respect tout de même!

Un gros moins, comme l’a fait remarquer Margaud Liseuse dans sa vidéo, pourquoi les parents interviennent toujours lorsque leurs enfants ont des ennuis à Poudlard? Personne n’est intervenu pour Harry, Ron, Hermione et les autres pendant sept ans non? Et d’ailleurs, où sont passé leurs autres enfants, James, etc? On ne les voit jamais!

La vendeuse de bonbons dans le Poudlard express qui se sent pousser des ailes (ah ah le jeu de mots majesté! Tape m’en cinq!). Non mais qu’est ce qui lui prend?

Et le polynectar préparé viteuf on en parle?

Enfin, on sent que J.K Rowling n’a pas écrit cette histoire. J’ai trouvé qu’il manquait ce petit je ne sais quoi qui a rendu les Harry Potter uniques. Peut être est-ce dû à la forme (théâtrale) du texte, je ne sais pas. Il m’a manqué sa « magie ».

Et enfin,questions SPOILER: Pourquoi avant la bataille de Poudlard, Voldemort, certain de son succès, aurait cherché à s’embarrasser d’une descendance puisqu’il visait l’immortalité? Et surtout, puisque Bellatrix a accouché dans le manoir des Malefoy, comment ça se fait Drago ne soit pas au courant? Ron était saoul pour son mariage au point de ne pas s’en souvenir et Hermione n’a rien dit? Ah et juste une dernière : Harry a peur des pigeons???!???

Ma note:

14/20 Même si j’ai eu pas mal déceptions, il n’en reste pas moins que j’ai été plus qu’heureuse de retrouver le monde d’Harry Potter. Mais trop d’incohérences à mon goût. Je n’ai pas envie de détester ce livre alors je suis un peu désarçonnée.

Citations choisies:

« Comment distraire Scorpius d’un gros problème émotionnel ?
Emmenez-le dans une bibliothèque. »

« Albus est différent et c’est plutôt une bonne chose, non ? Tu sais, il voit très bien que tu fais ton Harry Potter. Ce qu’il veut, c’est voir qui tu es vraiment. »

« DELPHI
Qu’est-ce que tu as fabriqué ?

SCORPIUS
J’ai…heu….ouvert un livre pour le lire. Depuis que je suis sur cette planète, ça ne m’a jamais paru une activité particulièrement dangereuse. »

Le Miroir d’Ambre – A la croisée des mondes / 3

Tout est bien qui finit… triste! Et moi je suis contente d’avoir enfin fini (même si j’ai failli, je l’avoue, verser ma petite larme. En même temps, quel mélodrame cette fin)! Il est de ces livres que l’on ne veut jamais terminer, desquels on déguste chaque page comme si la vie allait s’arrêter quand on les aura refermés. Ça n’a pas du tout été mon cas ici. J’ai eu beau apprécier cette lecture, je me dis qu’ENFIN je vais pouvoir passer à autre chose. J’ai trouvé ce tome meilleur que le précédent, plus rythmé, plus intéressant, mais je crois que lire les trois d’affilée, c’était trop pour moi.

Difficile d’en parler sans dévoiler quoi que ce soit des tomes précédents (mais je suis contente que certains personnages meurent enfin! Non, non, n’insistez pas, je n’en dirais pas plus.).

Comme dans le tome 2, on retrouve une critique très virulente de l’église, parfois de façon explicite: « Mais il était parfois nécessaire de tuer des gens, par exemple; dans ces cas-là, l’assassin était beaucoup plus serein s’il pouvait agir en état de grâce », ou encore « Le crucifix autour de son cou et le fusil dans son dos étaient les deux symboles de sa volonté inébranlable d’accomplir sa tâche ». Je préfère ne pas donner d’avis critique, n’étant pas compétente pour le faire, mais je trouve dommage que ce genre de choses apparaissent dans un livre jeunesse, les enfants ne disposant (à mon avis) pas d’assez de sens critique ou de culture historique pour comprendre le contexte dans lequel se déroule l’histoire.

Ah et j’ai aussi remarqué que l’auteur aime les mots « bougainvilliers » et « rhododendrons », on les retrouve souvent!

Résumé royal:

La disparition. Des anges amoureux. Le sommeil. Le retour de Iorek. Serafina Pekkala. Les changements climatiques. Ama. La forteresse. Des complots. Mary. Des personnages étranges au squelette en losange. La Sibérie. Le feu. La course. Les affrontements. Mme Coulter. Les libellules. Des personnes de petite taille. La forge. La montagne. Lord Asriel. Le vaisseau d’intentions. Une mission. Un voyage particulier. Les harpies. L’Eglise. La mort. La bataille…

Résumé au dos du livre:

Lyra, l’héroïne des Royaumes du Nord et de La Tour des Anges, est retenue prisonnière par sa mère, Mme Coulter, qui pour mieux s’assurer de sa docilité, l’a plongée dans un sommeil artificiel. Will, le compagnon de Lyra, armé du poignard subtil, s’est lancé à sa recherche, escorté de deux anges, Balthamos et Baruch. Avec leur aide, il parviendra à délivrer son amie. Mais, à son réveil, Lyra lui annonce qu’une mission encore plus périlleuse, presque désespérée, les attend : ils doivent descendre dans le monde des morts…

Ce que j’en ai pensé:

Les +: J’ai adoré les passages avec Mary et les mulefas, c’était nouveau, très inventif, et plein de beaux sentiments (instant de mièvrerie, le retour!).

Contente de retrouver les anciens personnages, même si le paysage du grand nord du premier tome m’a manqué (trop de soleil! Trop de soleil! Et moi qui pensais que ce serait une histoire parfaite à lire pendant l’hiver!).

Mon côté sorcière a beaucoup aimé les harpies aussi! Très chouette description, j’aurais presque senti leur odeur!

La « morale » de l’histoire: Donnez, beaucoup, mais surtout, soyez libres!

Enfin, ce que Philip Pullman écrit dans ses remerciements: « J’ai volé des idées dans tous les livres que j’ai lus. Quand j’effectue des recherches pour un roman, mon principe est le suivant: « Lire comme un papillon, écrire comme une abeille » et, si cette histoire renferme un peu de miel, c’est uniquement grâce au nectar que j’ai trouvé dans l’oeuvre de bien meilleurs écrivains ». C’est très joliment dit!

Les -: Euh là j’ai envie de m’indigner! On nous promet le retour des gitans, moi trop heureuse, ouiiiiii les gitans reviennent… AU DERNIER CHAPITRE! Quelle grande mascarade!

La fin. Ce dénouement qui n’arrive jamais. C’était long! J’avais l’impression que l’auteur se cachait derrière moi en se disant « Mais tu vas pleurer oui!!! » Difficile de ne pas Spoiler, mais j’avais hâte qu’on en finisse!

Le fait que P(SPOIL) soit moins proche de Lyra (c’est ce qui m’a rendue la plus triste en fait), et le fait que Lyra grandisse (même syndrome qu’Harry Potter, lui non plus je ne voulais pas qu’il grandisse!).

Et puis vraiment trop de Soleil et de plages!

Ma note:

15/20 Une belle manière de clôturer la trilogie, mais j’aurais aimé retrouver à la fin l’esprit du premier tome (Le grand Nord, le froid, les ours, les gitans), histoire de boucler la boucle. Mais une guerre est passée et tout le monde a changé. Ça n’aurait pas pu être la même chose.

Citations choisies:

« Les sténographes qui notaient chaque mot étaient des nonnes de l’ordre de Saint-Philomel ayant fait vœu de silence mais, en entendant les paroles de Fra Pavel, l’une d’elle laissa échapper un petit cri de stupeur et, aussitôt, toutes les mains s’agitèrent comme des oiseaux affolés lorsque les religieuses se signèrent. »

« Elle n’avait jamais connu un tel silence, pas même dans l’immensité neigeuse de l’Arctique : il n’y avait pas un souffle de vent, la mer était si calme qu’aucune vaguelette ne venait lécher le rivage ; le monde semblait suspendu entre une inspiration et une expiration. »

« Capable d’être dans l’incertitude, le mystère et le doute, en oubliant l’exaspérante quête de la vérité et de la raison. Voilà l’état d’esprit qui convient. »

« Ce qui mérite d’être possédé mérite qu’on travaille pour l’obtenir. »