Agatha Raisin enquête – La quiche fatale

Changement d’univers pour cette lecture, on reste en Angleterre, mais à l’époque contemporaine.

 

J’avais remarqué que ce livre ainsi que les tomes suivants étaient mis en avant à la Fnac et j’avais noté ça dans un coin de ma tête, sans pour autant m’y intéresser tout de suite. Et puis j’ai trouvé ce tome qui est le premier d’une longue série dans une boîte à livres alors je me suis dit que c’était l’occasion de le découvrir.

 

Résumé au dos du livre:

Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l’assassin.

 

Ce que j’en ai pensé:

Les +:

  • Ceci est entièrement subjectif, mais je suis passionnée par l’Angleterre, donc le fait que l’histoire s’y déroule, qui plus est ailleurs qu’à Londres pour une fois, n’était pas pour me déplaire.
  • L’intrigue plutôt bien menée. On nous annonce dès le début un meurtre, et personnellement j’ai trouvé que tous les suspects avaient les mobiles parfaits pour être les meurtriers. J’ai donc deviné qui c’était à un moment, oui, sauf que je soupçonnais aussi tous les autres! 
  • Ce n’est pas une histoire prise de tête, je l’ai lu (passé les 100 premières pages) avec plaisir et j’ai ri quelques fois.

Les – :

  • Malgré le fait que ce roman ne soit pas très long (320 pages), il m’a fallu au moins 100 pages pour m’intéresser à l’histoire. Je trouvais le début sans intérêt, long et sans qu’il se passe vraiment grand chose. Mais je me dis que l’auteur a certainement pris le parti de prendre le temps de bien planter le décor étant donné que d’autres tomes vont suivre. Celui-ci est en quelque sorte une introduction, à mon avis.
  • Les personnages plutôt caricaturaux, à commencer par Agatha elle même, mélange de Miss Marple et de Bridget Jones à qui il n’arrive que des catastrophes.
  • Peut être le manque de finesse, j’ai trouvé que tout est un peu « trop » : les personnages un peu trop caricaturaux, le village un peu trop cliché, et la fin un peu trop facile. Par facile, j’entend que j’ai trouvé la chute aurait mérité d’être plus subtile alors que l’intrigue avait été si bien menée. Mais je n’en dirai pas plus au risque de vous spoiler.

 

Ma note:

14/20 J’ai eu beaucoup de mal à m’immerger dans l’histoire au début, j’ai même pensé à abandonner cette lecture, mais je suis contente d’avoir poursuivi. Passé les 100 premières pages, j’ai tout de même passé un bon moment. Je pense même que je vais donner une chance au tome 2, pour voir.

 

Citations choisies:

« Si je suis venu vous rendre visite, Agatha Raisin, c’est pour vous donner un bon conseil : n’allez pas mettre le bazar dans la vie des gens, ou alors il y aura bientôt un meurtre pour de vrai, et c’est vous qui jouerez le rôle du cadavre ! »

« Autour de cette grand-rue s’étalaient quelques ruelles désordonnées où les cottages étaient blottis les uns contre les autres comme pour se soutenir dans la vieillesse »

« Les vieilles maisons craquent et soupirent quand elles se préparent pour la nuit. »

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Un monde sans fin

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De retour sur la blogosphère, je pense passer un peu de temps ici à l’avenir. J’ai plein de lectures en retard à partager, Son altesse reprend du service.

Je reviens avec ma lecture du deuxième tome de la saga Les Piliers de la Terre de Ken Follett.

Résumé au dos du livre:

1327 Quatre enfants sont les témoins d’une poursuite meurtrière dans les bois : un chevalier tue deux soldats au service de la reine, avant d’enfouir dans le sol une lettre mystérieuse, dont le secret pourrait mettre en danger la Couronne d’Angleterre.
Ce jour lie à jamais leurs sorts.
L’architecte de génie, la voleuse éprise de liberté, la femme idéaliste, le moine dévoré par l’ambition. Mus par la foi, l’amour et la haine, le goût du pouvoir ou la soif de vengeance, chacun devra se battre pour accomplir sa destinée dans un monde en pleine mutation – secoué par les guerres, terrassé par les famines, et ravagé par la peste noire.

Avec Un monde sans fin, Ken Follett nous offre une nouvelle fresque historique aussi séduisante et captivante que Les Piliers de la Terre, cette superbe épopée romanesque qui avait pour cadre l’Angleterre du XIIème siècle.

Ce que j’en ai pensé:

Les +:

  • J’ai repris cette lecture il y a peu après une interruption plutôt longue, et j’ai complètement dévoré la suite jusqu’à la fin. On retrouve les mêmes types de personnages que dans le premier tome, un bâtisseur, une femme autonome et qui lutte pour sa liberté, qui n’a besoin de personne pour prendre sa vie en main, des gens perfides et d’autres violents. On retrouve aussi le monastère et le couvent, dans lesquels se déroule la majeure partie de l’histoire. Tout ça donne une impression de déjà vu, mais on est malgré tout emporté par l’intrigue.
  • Bien sûr une invitée surprise vient se greffer à la vie de l’époque (sinon comment pourrait-on se marrer deux minutes?): la peste. J’ai beaucoup aimé la manière avec laquelle Ken Follet décrit la vie et l’attitude des gens face à la maladie, l’évolution des soins et de la médecine (je n’ai en revanche aucune idée de la véracité de ces faits vis à vis de l’époque).
  • Le fait que l’auteur arrive à dépeindre si bien ses personnages que l’on en vient nous même à les adorer ou les détester.

Les – :

  • Je dois dire que j’ai eu du mal à accrocher au début avec ce tome qui se veut être la suite des Piliers de la Terre (et qui en réalité se déroule toujours à Kingsbridge, mais deux siècles plus tard, donc n’a pas vraiment de lien avec l’histoire précédente). L’histoire met du temps à se mettre en place. J’ai préféré mettre cette lecture en pause un moment, pour me tourner vers d’autres romans avant de le reprendre.
  • Des longueurs dont on aurait pu se passer dans un roman de plus de 1300 pages, surtout au début.
  • Certains personnages dont j’aurais personnellement voulu connaître un peu plus l’histoire, comme le tisserand ou Lolla, par exemple.

Ma note:

15/20 Pas aussi bon que les Piliers de la Terre pour moi, une impression de déjà vu. J’ai malgré tout beaucoup aimé ma lecture et j’ai hâte de découvrir le troisième tome quand il sortira en poche.

Citations choisies:

« La faim était plus redoutable que le fouet. Elle durait plus longtemps. »

« L’homme qui prépare les onguents et les médecines a pour nom apothicaire. Lorsque c’est une femme qui exerce cette activité, on l’appelle sorcière. »

« Il y avait une fois un évêque qui répandait des glands sur la route partout où il se rendait. Pour se protéger des lions, expliquait-il. Et quand on lui fit remarquer qu’il n’y avait pas de lion en Angleterre, il répondit: « Vraiment? C’est encore plus efficace que je ne le pensais ». »

Dracula

Cher lecteur je t’adresse toutes mes salutations les plus distinguées (je vous prie d’agréer, tout ça tout ça…). Avant toute chose, jeudi dernier j’ai regardé, comme à mon habitude, la Grande librairie et j’ai adoré cette émission tout particulièrement, surtout le témoignage de Delphine Minoui à propos d’une bibliothèque clandestine en Syrie. Ce sont des jeunes qui ont récupéré pendant plus d’un an des livres des décombres alors que la guerre éclatait tout autour d’eux et qui ont créé une bibliothèque clandestine. Je te conseille de regarder en replay l’émission en entier, mais si telle n’est pas ton intention, au moins ce passage. Cet épisode m’a vraiment fait réfléchir, et donné une seule envie : lire, lire encore et toujours plus, parce que c’est une chance immense que l’on a de pouvoir accéder à tous ces ouvrages et à autant de connaissance alors que certains sont obligés de se battre encore aujourd’hui pour ça.

J’ai donc décidé de ne pas me cantonner à un thème finalement mais de lire tout ce qui est à ma disposition, et de partager avec toi je l’espère cette envie que j’avais, mais qui s’est réellement accrue ces derniers temps.

Sur ce…

Attention coup de cœur!!! Je viens de terminer ma lecture et, oh mon dieu je me demande bien ce que je vais pouvoir lire ensuite qui pourra autant me captiver! Pas de tergiversations, on commence tout de suite!

Résumé royal:

La Transylvanie. Un voyage angoissant, un hôte aux étranges manières qui ne vit que dans les anciennes demeures, des pièces fermées à clé, l’absence de miroirs. La folie. Le somnambulisme. La maladie. Van Helsing. La non mort. Un fou philosophe. La traque.

Résumé au dos du livre:

Jonathan Harker, jeune et brillant clerc de notaire, se rend pour affaires dans les Carpates, où réside son client, le comte Dracula. Celui-ci se révèle un hôte chaleureux et prévenant, mais la curiosité incite Jonathan à pousser son exploration de l’immense château toujours un peu plus loin. A travers les lettres qu’il lui envoie presque chaque jour, Mina, sa jeune épouse restée à Londres, découvre qu’une effroyable réalité se tapit dans l’ombre de la légende…

Ce que j’en ai pensé:

Les +:

La forme du récit, entre roman épistolaire et journaux intimes, j’ai adoré.

L’ambiance et les descriptions si bien menées par l’auteur : on est aussitôt immergé dans le décor, que ce soit la Transylvanie ou l’Angleterrevictorienne, happé par l’angoisse ambiante ou les enquêtes menées par les différents personnages.

Le personnage de Van Helsing, le sage de l’équipe (tant par son savoir que par le fait qu’il ne recule d’emblée devant aucune hypothèse, aussi invraisemblable soit-elle), mais d’un humour noir qui m’a fait me tordre de rire.

Le personnage de Mina, femme forte et très indépendante pour l’époque (ce qui fait dire aux autres personnages qu’elle dispose certainement d’un cerveau d’homme, voyez un peu!), qui prend les choses en main face à certains messieurs qui n’auraient pas fait la moitié de ce qu’ils ont fait sans elle et son courage.

Et surtout, le personnage de Renfield, un fou philosophe que j’ai trouvé attachant dès le départ même si son comportement était vraiment étrange et répugnant (je n’en dirai pas plus pour vous laisser la surprise).

En parlant de fou, les descriptions de l’asile tellement réalistes, et les études du docteur Seward, contemporain de Charcot (dont l’auteur a du lire les ouvrages étant donné la précision avec laquelle il décrit les crises d’hystérie de Renfield ou l’hypnose pratiquée par Van Helsing). J’ai très envie d’approfondir ce sujet, la psychiatrie et la médecine de cette époque, si tu as des romans ou ouvrages à me conseiller n’hésite pas.

Les – :

Le personnage de Lucy que j’ai trouvé un peu exaspérante, mais c’est entièrement subjectif.

La fin un peu trop précipitée à mon goût, et en même temps je ne suis pas sûre que la lecture de quelques pages supplémentaires aurait été soutenable.

Ma note:

19/20 Coup de cœur pour moi! J’ai aimé la forme, l’histoire, l’époque bien sûr, le côté sombre et à la fois l’enquête qui prend le dessus, tous les personnages. Je conseille vivement cette lecture, pas si sanglante contrairement à ce à quoi on peut s’attendre.

Citations choisies:

« Des portes, encore des portes et toujours des portes, partout, et toutes étaient fermées et verrouillées à double tour. Il n’y a que les fenêtres pratiquées dans les murs du château qui offrent un semblant d’issue de secours.

Le château est une véritable prison et je suis donc prisonnier. »

« A cette remarque, il répondit de manière très énigmatique : « Les demoiselles d’honneur réjouissent la vue de ceux qui attendent la mariée, mais quand la mariée fait son entrée, ces mêmes demoiselles ne brillent plus du même éclat au regard de ceux qui n’ont d’yeux que pour la promise. »  »

« Vous êtes un homme brillant, ami John, vous raisonnez juste et votre esprit est ouvert et même, si je peux dire, audacieux, mais vous avez encore trop de préjugés. Vous ne laissez pas vos yeux voir ni vos oreilles entendre, et ce qui est en dehors de vos préoccupations quotidiennes ne retient pas votre attention. Ne pensez-vous pas qu’il existe des choses que vous ne pouvez pas comprendre et qui pourtant existent, que certaines personnes voient des choses où d’autres ne voient rien? Mais il existe des choses vieilles ou nouvelles qui ne doivent pas être contemplées uniquement avec les yeux parce qu’ils savent ou croient savoir des choses que d’autres hommes leur ont racontées. Ah, c’est la faute de notre science qui cherche à tout expliquer et, si elle n’y parvient pas, c’est tout simplement parce qu’il n’y a rien à expliquer. »

Le Bon Gros Géant

 

Avant de partir en vacances, j’inaugure la série de ceux que je nommerai #lesgensparticuliers avec ma première lecture : Le BGG de Roald Dahl.

Quel bonheur de me replonger dans l’écriture de cet auteur! J’avais vu avant ma lecture l’adaptation de Spielberg (qui est plutôt pas mal faite et fidèle au livre bien que peut être plus enfantine) donc je connaissais déjà l’histoire, mais quel plaisir de la lire!

Voici la bande annonce du film, si tu es intéressé(e) :

Résumé royal:

Un kidnapping. Un géant végétarien souffleur de rêves qui s’entortille dans ses mots. La frambouille. L’Avaleur de chair fraîche. La chasse aux rêves. Un cauchemard. Une idée. La reine d’Angleterre…

Résumé au dos du livre:

Sophie ne rêve pas, cette nuit-là, quand elle aperçoit de la fenêtre de l’orphelinat une silhouette immense vêtue d’une longue cape et munie d’une curieuse trompette. Une main énorme s’approche et saisit la petite fille terrifiée pour l’emmener au pays des géants. Mais heureusement, Sophie est tombée entre les mains d’un géant peu ordinaire : le Bon Gros Géant, qui se nourrit de légumes et souffle des rêves dans les chambres des enfants…

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Bien sûr l’inventivité de l’auteur, qui crée un monde de A à Z. Le pays des rêves par exemple est tellement bien décrit qu’on n’a aucun mal à l’imaginer même s’il est complètement surréaliste.

La traduction! Le BGG parle en déformant tous les mots (parce qu’il n’est jamais allé à l’école, alors il est « tout plein de fautes »), et la traduction est tellement bien faite! Je voudrais lire un passage en VO pour me faire une idée de ce que ça donne en anglais.

Les Mots tordus, justement. A la façon d’Alice au Pays des Merveilles, de Zazie dans le métro ou encore des livres de PEF que je dévorais étant petite, quelle inventivité et quel plaisir que cette écriture!

Les illustrations. Gros coup de cœur pour celles de la reine qui est immédiatement reconnaissable.

En parlant de reine, la participation de la Reine d’Angleterre, ma chère consœur, à cette histoire!

L’humour! Parlons de la « frambouille »…

Les suppléments de cette édition, ludiques et intéressants.

La dernière phrase (à ne pas lire avant de commencer cette lecture!).

Les – : Rien ne me vient à l’esprit.

Ma note:

18/20 Tant de poésie, de douceur, d’humanité se dégagent du BGG! C’est une histoire émouvante, drôle, qui donne envie d’en lire beaucoup d’autres, et de découvrir les romans destinés aux adultes de cet auteur. Bref, une lecture « délexquisavouricieuse ! »

Citations choisies:

« – Moi? ! s’exclama le géant en faisant trembler de sa voix puissante les rangées de bocaux alignés sur les étagères, moi, me nourrir d’hommes de terre? ! Ça, moi, jamais! Les autres, oui! Tous les autres en dévorent chaque nuit, mais pas moi! Moi, c’est un géant farfelu! Un gentil géant tout confus! Je suis le seul gentil géant tout confus au pays des géants! »

« – Comparée à moi, tu es aussi sourde qu’une brioche! s’exclama le BGG, tu n’entends que les gros bruits lourdauds avec tes petites oreillouchettes. Mais moi, j’entends tous les secrets murmures du monde!

– Comme quoi, par exemple? demanda Sophie.

– Dans ton pays, j’entends les pas d’une coccinelle qui marche sur une feuille d’arbre.

– Vraiment? s’étonna Sophie, impressionnée.

– Et en plus, je les entends très fort, ajouta le BGG, quand une coccinelle marche sur une feuille d’arbre j’entends ses pas qui font polotop polotop, tout comme ceux d’un géant!

– Mon Dieu ! s’écria Sophie, et qu’entendez vous d’autre?

– J’entends les petites fourmis qui bavardouillent quand elles trottent sur le sol.

– Vous voulez dire que vous entendez parler les fourmis?

– Chaque mot qu’elles prononcent, assura le BGG, bien que je ne comprenne pas leur baragouin. »

« – Non, cela ne me plaît pas, répondit fermement le BGG, ce n’est pas parce qu’on a un peu raison qu’on n’a jamais tort. »

« On ne devient pas maître d’hôtel de la reine sans pouvoir faire preuve au plus haut point d’ingéniosité, d’adaptabilité, de souplesse, de dextérité, d’astuce, de sophistication, de sagacité, de discrétion et d’une foule d’autres qualités que ni vous ni moi ne possédons. M. Tibbs, en revanche, les avait toutes.

Il se trouvait à l’office en train de boire paisiblement sa première bière de la journée, lorsque l’ordre royal lui parvint. »

David Copperfield – Tome 1

Une naissance agitée.

Des rencontres qui ne devraient jamais avoir eu lieu.

Le sérieux des amours d’enfants.

Une enfance heureuse mais vite devenue difficile, une vie mouvementée.

Apprendre par soi-même.

Se lier d’amitié. Partager les difficultés.

Souffrir de sa naïveté, devoir ouvrir les yeux mais ne pas y parvenir.

S’échapper, avec un dernier espoir.

Le renouveau.

Mais les difficultés ne sont jamais très loin…

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« Pour moi, je restai longtemps occupé à contempler Pegotty, tout en rêvant à une supposition que je venais de faire : si Pegotty avait l’intention de me perdre comme le petit Poucet dans les contes de fées, ne pourrais-je pas toujours retrouver mon chemin à l’aide des boutons et des agrafes qu’elle laisserait tomber en route? »

« Une seule chose m’empêchait de m’abrutir absolument. Mon père avait laissé dans un cabinet, au second, une petite collection de livres ; ma chambre était à côté, et personne ne songeait à cette bibliothèque. Peu à peu Roderick Random, Peregrine Pickle, Humphrey Clinker, Tom Jones, le Vicaire de Wakefield, donQuichotte, Gil Blas et Robinson Crusoé, sortirent, glorieux bataillon, de cette précieuse petite chambre pour me tenir compagnie. Ils tenaient mon imagination en éveil ; ils me donnaient l’espoir d’échapper un jour à ce lieu. Ni ces livres, ni les Mille et une Nuits, ni les histoires des génies, ne me faisaient de mal, car le mal qui pouvait s’y trouver ne m’atteignait pas ; je n’y comprenais rien. »

« Que de repas passés dans le silence et dans l’embarras, en sentant toujours qu’il y avait une fourchette de trop et que c’était la mienne, un appétit de trop et que c’était le mien, une chaise de trop et que c’était la mienne, quelqu’un de trop et que c’était moi ! »

« Mes besoins étaient si pressants pourtant que je dis que j’accepterais vingt sous si cela lui convenait. M. Dolloby y consentit en grommelant. Je lui souhaitai le bonsoir, et je sortis de la boutique avec vingt sous de plus et mon gilet de moins. Mais, bah ! en boutonnant ma veste, cela ne se voyait pas. »

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J’ai aimé cette lecture. Cette capacité qu’a Dickens de nous immerger dans la vie intime de cette société de l’Angleterre victorienne qu’il décrit si bien. J’ai aimé sa façon de rendre chaque personnage si « vivant », et bien sûr, son humour!

J’ai aussi aimé le fait que David, le narrateur, raconte cette histoire sous forme de souvenirs, toujours avec beaucoup de nostalgie et de tendresse malgré les difficultés auxquelles il a du faire face. J’ai parfois été exaspérée par sa naïveté, mais qui tient en grande partie à son immense bonté qui fait qu’on le pardonne.

Quelques longueurs parfois, mais qui sont nécessaires pour « planter le décor ».

Je ne pensais pas enchaîner tout de suite sur le tome II mais la fin de ce premier tome ne me laisse pas vraiment le choix…

(Ce texte est libre de droit, tu peux trouver cette version gratuitement ici).

Contes de Noël

Aujourd’hui, je reviens avec un conte de Dickens, plutôt de circonstance n’est-ce pas! Autant te le dire tout de suite : j’ai adoré cette lecture! Cette histoire se déroule à Londres à Noël, et je crois que tout le monde devrait la découvrir en cette période. Il y a tout ce que j’aime dans cette histoire : Noël, de la neige, et surtout, des fantômes! Ouiiiii! Et puis ça finit bien, et ça, ça fait plaisir !

On sent que ce conte a inspiré énormément d’auteurs, je vais te citer un passage :

« Quittant le théâtre bruyant des affaires, ils allèrent dans un quartier obscur de la ville, où Scrooge n’avait pas encore pénétré, quoiqu’il en connût parfaitement les êtres et la mauvaise renommée. Les rues étaient sales et étroites, les boutiques et les maisons misérables, les habitants à demi nus, ivres, mal chaussés, hideux. Des allées et des passages sombres, comme autant d’égouts, vomissaient leurs odeurs repoussantes, leurs immondices et leurs ignobles habitants dans ce labyrinthe de rues ; tout le quartier respirait le crime, l’ordure, la misère. Au fond de ce repaire infâme on voyait une boutique basse, s’avançant en saillie sous le toit d’un auvent, dans laquelle on achetait le fer, les vieux chiffons, les vieilles bouteilles, les os, les restes des assiettes du dîner d’hier au soir. Sur le plancher, à l’intérieur, étaient entassés des clefs rouillées, des clous, des chaînes, des gonds, des limes, des plateaux de balances, des poids et toute espèce de ferraille. Des mystères que peu de personnes eussent été curieuses d’approfondir s’agitaient peut-être sous ces monceaux de guenilles repoussantes, sous ces masses de graisse corrompue et ces sépulcres d’ossements. »

Ça ne te ferait pas penser à un autre quartier sombre et malfamé?

Passons à la suite…

Résumé royal:

Scrooge, un vieux radin qui ne veut pas fêter Noël. Le froid qui s’installe. Une apparition sur le pas de la porte. Une sonnette qui s’agite. Une apparition sans entrailles. Un drôle de spectacle. L’heure détraquée. L’esprit du Noël passé. L’esprit du Noël présent. Le dernier esprit…

Résumé au dos du livre:

Le soir de Noël, un vieil homme égoïste et solitaire choisit de passer la soirée seul. Mais les esprits de Noël en ont décidé autrement. L’entraînant tour à tour dans son passé, son présent et son futur, les trois spectres lui montrent ce que sera son avenir s’il persiste à ignorer que le bonheur existe, même dans le quotidien le plus ordinaire.

Ce que j’en ai pensé:

Les + : Le Londres un peu gothique de Dickens, j’adore! Voyez plutôt : « Il n’y a pas de doute que Marley était mort : ceci doit être parfaitement compris, autrement l’histoire que je vais raconter ne pourrait rien avoir de merveilleux. »

La capacité de cet auteur à nous plonger au cœur de l’histoire et nous faire oublier ce qui existe autour de nous. C’était Noël pour moi aujourd’hui.

Un conte qui finit bien, qui donne envie de sourire, de gâter ses proches, de passer de bonnes fêtes. On se sentirait presque honteux d’être grognon sinon!

Les petites allusions de l’auteur au cours de l’histoire, c’est quand même Dickens hein, il ne va pas manquer une occasion de dénoncer des injustices ou de lancer une petite pique de temps en temps : « […] qu’en outre Scrooge possédait aussi peu de ce qu’on appelle imagination qu’aucun habitant de la Cité de Londres, y compris même, je crains d’être un peu téméraire, la corporation, les aldermen et les notables. »

Sa façon de dénoncer l’avarice avec humour…

Les – : Trop court, je pense, c’était tellement chouette!

Ma note:

18/20 J’ai vraiment aimé cette lecture, j’aime beaucoup Dickens. J’ai hâte de me replonger dans un de ses romans. J’ai aussi envie de découvrir les adaptations en film de ce conte, histoire de me plonger pour de bon dans l’ambiance!

Citations choisies:

« Scrooge prit son triste dîner dans la triste taverne où il mangeait d’ordinaire. Ayant lu tous les journaux et charmé le reste de la soirée en parcourant son livre de comptes, il alla chez lui pour se coucher. »

« L’obscurité ne coûte pas cher, c’est pour cela que Scrooge ne la détestait pas. »

« Les rideaux de son lit furent tirés, et Scrooge, se dressant dans l’attitude d’une personne à demi couchée, se trouva face à face avec le visiteur surnaturel qui les tirait, aussi près de lui que je le suis maintenant de vous, et notez que je me tiens debout, en esprit, à votre coude. »

Les ferrailleurs 1 – Le château

Hey, salutations!

Aujourd’hui je te parle du tome 1 de la saga Les Ferrailleurs : Le Château. Pour la petite histoire, j’étais à la fnac, cherchant un cadeau pour une amie, lorsque j’ai été happée par cette couverture (qui est vraiment canon, avouons-le), chose qui m’arrive quand même très rarement. Comme n’importe quelle personne un tant soit peu réfléchie (mais oui…), avant d’emporter avec moi mon précieux, je regarde rapidement les avis sur Livraddict. Et là, je me rend compte qu’il était sur ma wish list (majesté, 0 – boulet, 1). Voilà comment son petit côté burtonien m’a séduite deux fois.

Résumé royal:

Un enfant qui entend les objets, une orpheline tachetée, une poignée de porte perdue, un cousin tortionnaire, des discussions dans une horloge, des punaises qui piquent, un nom perdu, une séance sur canapé, une mouette disparue, des paroles étranges, une tasse repose moustache, un oncle aveugle qui les entend aussi, des conduits de cheminées, une grand-mère séquestrée, une autruche, un bouton d’argile et un demi souverain…

Résumé au dos du livre:

Au milieu d’un océan de détritus composé de tous les rebuts de Londres se dresse la demeure des Ferrayor. Le Château, gigantesque puzzle architectural, abrite cette étrange famille depuis des générations. Selon la tradition, chacun de ses membres, à la naissance, se voit attribuer un objet particulier, qui le suivra toute sa vie.
Clod a quinze ans et possède un don singulier : il est capable d’entendre parler les objets… Tout commence le jour où la poignée de porte appartenant à Tante Rosamud disparaît. Les murmures des objets se font de plus en plus insistants. Dehors, une terrible tempête menace. Et voici qu’une jeune orpheline se présente à la porte du Château…

Entre Gormenghast, de Mervyn Peake, et les délices steampunk d’Otomo ou de China Miéville, féerie machinique peuplée de cauchemars gothiques, telle s’annonce l’histoire de la déchetterie fantastique d’Edward Carey. François Angelier, Le Monde des livres.

Ce que j’en ai pensé:

Les + : Les illustrations de l’auteur, sombres et belles, de personnages macabres et farfelus.

Le plan du manoir au début du livre! J’adore quand un livre commence par un plan ou une carte, ici on est directement plongé dans le fatras de ces lieux avant même d’avoir lu une ligne.

Bien sûr, le contexte : quoi de mieux que l’Angleterre victorienne, n’est ce pas? Gothique à souhait!

L’idée des objets de naissance, tu ressentirais quoi, toi si on te donnais « un racloir à chaussure »?

Le personnage de Tummis. Complètement déjanté, mais qui a des convictions et les assume jusqu’au bout, quitte à en souffrir.

La grand-mère qui s’énerve vers la fin, et là je me suis dit : « Enfin quelqu’un pète les plombs dans cette barraque! »

Les – : J’ai mis beaucoup de temps à entrer dans l’histoire, au moins la moitié du livre.

Un peu déçue par le côté « pas assez loufoque » que promettait la couverture (même si l’autruche m’a bien fait rire). J’ai plutôt aimé cette lecture, mais je m’attendais à ce que ce soit un peu plus sombre et plus déjanté, avec de l’humour noir, façon famille Addams.

Les objets qui prennent vie, une excellente idée, mais pourquoi les transformer en monstre façon Marvel? Pour l’adaptation au cinéma? J’ai malheureusement eu l’impression que ce livre est écrit dans le but d’être adapté à l’écran (ce qui serait sans doute formidable, je n’ai rien à redire là dessus, c’est simplement le côté scénario déjà ficelé qui me gêne).

Ma note:

14/20 J’ai apprécié cette lecture, le côté hyper-inventif de l’auteur, ses descriptions, mais je n’ai pas réussi à être absorbée par l’histoire. Je lirai sans doute le tome 2 en espérant me réconcilier avec les Ferrayor. Je l’espère vraiment.

Citations choisies:

« Je file dans mes appartements, qui seront vides sans toi. Mais je vais retrouver mes scarabées poilus, mes poissons d’argent, mes vers de farine, mes charançons, mes mites et mes termites, mes cafards, mes blattes, mes phoridae, mes bousiers, mes hannetons, mes mouches à viande, mes cloportes et mes punaises, mes moucherons et mes perce-oreilles, sans oublier bien sûr ma mouette cendrée, et à tous je transmettrai tes salutations.

– Merci, vieux robinet, à plus tard.

– Allez, vieille bonde, dit-il, et pas un mot à ce sujet, hein? »

« Parfois, pour avoir le sentiment d’une indépendance encore plus grande et l’impression que je m’appartenais pleinement, je m’allumais une pipe en argile ou prenais même une bouffée de cigarillo si j’en avais trouvé un, sinon je me roulais tout seul dans mon coin une cigarette avec des chutes d’ongle et de la poussière de mites séchées. »

« Grand-Père, pour nous les Ferrayor, était à lui seul toutes les planètes et leurs mouvements : nul soleil ne pouvait jamais se lever, aucun matin, aucune couleur, aucun mouvement, aucun souffle ne pouvait advenir sans son autorisation. Il était l’autorisation d’exister, revêtue de sombres habits, dans un costume noir, très noir. »