Dracula

Cher lecteur je t’adresse toutes mes salutations les plus distinguées (je vous prie d’agréer, tout ça tout ça…). Avant toute chose, jeudi dernier j’ai regardé, comme à mon habitude, la Grande librairie et j’ai adoré cette émission tout particulièrement, surtout le témoignage de Delphine Minoui à propos d’une bibliothèque clandestine en Syrie. Ce sont des jeunes qui ont récupéré pendant plus d’un an des livres des décombres alors que la guerre éclatait tout autour d’eux et qui ont créé une bibliothèque clandestine. Je te conseille de regarder en replay l’émission en entier, mais si telle n’est pas ton intention, au moins ce passage. Cet épisode m’a vraiment fait réfléchir, et donné une seule envie : lire, lire encore et toujours plus, parce que c’est une chance immense que l’on a de pouvoir accéder à tous ces ouvrages et à autant de connaissance alors que certains sont obligés de se battre encore aujourd’hui pour ça.

J’ai donc décidé de ne pas me cantonner à un thème finalement mais de lire tout ce qui est à ma disposition, et de partager avec toi je l’espère cette envie que j’avais, mais qui s’est réellement accrue ces derniers temps.

Sur ce…

Attention coup de cœur!!! Je viens de terminer ma lecture et, oh mon dieu je me demande bien ce que je vais pouvoir lire ensuite qui pourra autant me captiver! Pas de tergiversations, on commence tout de suite!

Résumé royal:

La Transylvanie. Un voyage angoissant, un hôte aux étranges manières qui ne vit que dans les anciennes demeures, des pièces fermées à clé, l’absence de miroirs. La folie. Le somnambulisme. La maladie. Van Helsing. La non mort. Un fou philosophe. La traque.

Résumé au dos du livre:

Jonathan Harker, jeune et brillant clerc de notaire, se rend pour affaires dans les Carpates, où réside son client, le comte Dracula. Celui-ci se révèle un hôte chaleureux et prévenant, mais la curiosité incite Jonathan à pousser son exploration de l’immense château toujours un peu plus loin. A travers les lettres qu’il lui envoie presque chaque jour, Mina, sa jeune épouse restée à Londres, découvre qu’une effroyable réalité se tapit dans l’ombre de la légende…

Ce que j’en ai pensé:

Les +:

La forme du récit, entre roman épistolaire et journaux intimes, j’ai adoré.

L’ambiance et les descriptions si bien menées par l’auteur : on est aussitôt immergé dans le décor, que ce soit la Transylvanie ou l’Angleterrevictorienne, happé par l’angoisse ambiante ou les enquêtes menées par les différents personnages.

Le personnage de Van Helsing, le sage de l’équipe (tant par son savoir que par le fait qu’il ne recule d’emblée devant aucune hypothèse, aussi invraisemblable soit-elle), mais d’un humour noir qui m’a fait me tordre de rire.

Le personnage de Mina, femme forte et très indépendante pour l’époque (ce qui fait dire aux autres personnages qu’elle dispose certainement d’un cerveau d’homme, voyez un peu!), qui prend les choses en main face à certains messieurs qui n’auraient pas fait la moitié de ce qu’ils ont fait sans elle et son courage.

Et surtout, le personnage de Renfield, un fou philosophe que j’ai trouvé attachant dès le départ même si son comportement était vraiment étrange et répugnant (je n’en dirai pas plus pour vous laisser la surprise).

En parlant de fou, les descriptions de l’asile tellement réalistes, et les études du docteur Seward, contemporain de Charcot (dont l’auteur a du lire les ouvrages étant donné la précision avec laquelle il décrit les crises d’hystérie de Renfield ou l’hypnose pratiquée par Van Helsing). J’ai très envie d’approfondir ce sujet, la psychiatrie et la médecine de cette époque, si tu as des romans ou ouvrages à me conseiller n’hésite pas.

Les – :

Le personnage de Lucy que j’ai trouvé un peu exaspérante, mais c’est entièrement subjectif.

La fin un peu trop précipitée à mon goût, et en même temps je ne suis pas sûre que la lecture de quelques pages supplémentaires aurait été soutenable.

Ma note:

19/20 Coup de cœur pour moi! J’ai aimé la forme, l’histoire, l’époque bien sûr, le côté sombre et à la fois l’enquête qui prend le dessus, tous les personnages. Je conseille vivement cette lecture, pas si sanglante contrairement à ce à quoi on peut s’attendre.

Citations choisies:

« Des portes, encore des portes et toujours des portes, partout, et toutes étaient fermées et verrouillées à double tour. Il n’y a que les fenêtres pratiquées dans les murs du château qui offrent un semblant d’issue de secours.

Le château est une véritable prison et je suis donc prisonnier. »

« A cette remarque, il répondit de manière très énigmatique : « Les demoiselles d’honneur réjouissent la vue de ceux qui attendent la mariée, mais quand la mariée fait son entrée, ces mêmes demoiselles ne brillent plus du même éclat au regard de ceux qui n’ont d’yeux que pour la promise. »  »

« Vous êtes un homme brillant, ami John, vous raisonnez juste et votre esprit est ouvert et même, si je peux dire, audacieux, mais vous avez encore trop de préjugés. Vous ne laissez pas vos yeux voir ni vos oreilles entendre, et ce qui est en dehors de vos préoccupations quotidiennes ne retient pas votre attention. Ne pensez-vous pas qu’il existe des choses que vous ne pouvez pas comprendre et qui pourtant existent, que certaines personnes voient des choses où d’autres ne voient rien? Mais il existe des choses vieilles ou nouvelles qui ne doivent pas être contemplées uniquement avec les yeux parce qu’ils savent ou croient savoir des choses que d’autres hommes leur ont racontées. Ah, c’est la faute de notre science qui cherche à tout expliquer et, si elle n’y parvient pas, c’est tout simplement parce qu’il n’y a rien à expliquer. »

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Le Bon Gros Géant

 

Avant de partir en vacances, j’inaugure la série de ceux que je nommerai #lesgensparticuliers avec ma première lecture : Le BGG de Roald Dahl.

Quel bonheur de me replonger dans l’écriture de cet auteur! J’avais vu avant ma lecture l’adaptation de Spielberg (qui est plutôt pas mal faite et fidèle au livre bien que peut être plus enfantine) donc je connaissais déjà l’histoire, mais quel plaisir de la lire!

Voici la bande annonce du film, si tu es intéressé(e) :

Résumé royal:

Un kidnapping. Un géant végétarien souffleur de rêves qui s’entortille dans ses mots. La frambouille. L’Avaleur de chair fraîche. La chasse aux rêves. Un cauchemard. Une idée. La reine d’Angleterre…

Résumé au dos du livre:

Sophie ne rêve pas, cette nuit-là, quand elle aperçoit de la fenêtre de l’orphelinat une silhouette immense vêtue d’une longue cape et munie d’une curieuse trompette. Une main énorme s’approche et saisit la petite fille terrifiée pour l’emmener au pays des géants. Mais heureusement, Sophie est tombée entre les mains d’un géant peu ordinaire : le Bon Gros Géant, qui se nourrit de légumes et souffle des rêves dans les chambres des enfants…

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Bien sûr l’inventivité de l’auteur, qui crée un monde de A à Z. Le pays des rêves par exemple est tellement bien décrit qu’on n’a aucun mal à l’imaginer même s’il est complètement surréaliste.

La traduction! Le BGG parle en déformant tous les mots (parce qu’il n’est jamais allé à l’école, alors il est « tout plein de fautes »), et la traduction est tellement bien faite! Je voudrais lire un passage en VO pour me faire une idée de ce que ça donne en anglais.

Les Mots tordus, justement. A la façon d’Alice au Pays des Merveilles, de Zazie dans le métro ou encore des livres de PEF que je dévorais étant petite, quelle inventivité et quel plaisir que cette écriture!

Les illustrations. Gros coup de cœur pour celles de la reine qui est immédiatement reconnaissable.

En parlant de reine, la participation de la Reine d’Angleterre, ma chère consœur, à cette histoire!

L’humour! Parlons de la « frambouille »…

Les suppléments de cette édition, ludiques et intéressants.

La dernière phrase (à ne pas lire avant de commencer cette lecture!).

Les – : Rien ne me vient à l’esprit.

Ma note:

18/20 Tant de poésie, de douceur, d’humanité se dégagent du BGG! C’est une histoire émouvante, drôle, qui donne envie d’en lire beaucoup d’autres, et de découvrir les romans destinés aux adultes de cet auteur. Bref, une lecture « délexquisavouricieuse ! »

Citations choisies:

« – Moi? ! s’exclama le géant en faisant trembler de sa voix puissante les rangées de bocaux alignés sur les étagères, moi, me nourrir d’hommes de terre? ! Ça, moi, jamais! Les autres, oui! Tous les autres en dévorent chaque nuit, mais pas moi! Moi, c’est un géant farfelu! Un gentil géant tout confus! Je suis le seul gentil géant tout confus au pays des géants! »

« – Comparée à moi, tu es aussi sourde qu’une brioche! s’exclama le BGG, tu n’entends que les gros bruits lourdauds avec tes petites oreillouchettes. Mais moi, j’entends tous les secrets murmures du monde!

– Comme quoi, par exemple? demanda Sophie.

– Dans ton pays, j’entends les pas d’une coccinelle qui marche sur une feuille d’arbre.

– Vraiment? s’étonna Sophie, impressionnée.

– Et en plus, je les entends très fort, ajouta le BGG, quand une coccinelle marche sur une feuille d’arbre j’entends ses pas qui font polotop polotop, tout comme ceux d’un géant!

– Mon Dieu ! s’écria Sophie, et qu’entendez vous d’autre?

– J’entends les petites fourmis qui bavardouillent quand elles trottent sur le sol.

– Vous voulez dire que vous entendez parler les fourmis?

– Chaque mot qu’elles prononcent, assura le BGG, bien que je ne comprenne pas leur baragouin. »

« – Non, cela ne me plaît pas, répondit fermement le BGG, ce n’est pas parce qu’on a un peu raison qu’on n’a jamais tort. »

« On ne devient pas maître d’hôtel de la reine sans pouvoir faire preuve au plus haut point d’ingéniosité, d’adaptabilité, de souplesse, de dextérité, d’astuce, de sophistication, de sagacité, de discrétion et d’une foule d’autres qualités que ni vous ni moi ne possédons. M. Tibbs, en revanche, les avait toutes.

Il se trouvait à l’office en train de boire paisiblement sa première bière de la journée, lorsque l’ordre royal lui parvint. »

La ballade de l’impossible et news du blog

Cher toi,

J’ai mis beaucoup de temps à revenir ici, je m’en excuse. A vrai dire j’ai passé beaucoup de temps sans vraiment lire, juste quelques passages piochés ça et là, pas de quoi faire un article. J’ai commencé un nouveau travail, et je commence à trouver un nouveau rythme. Et surtout je me suis remise à créer. J’ai brodé, beaucoup, et la broderie demande beaucoup de temps. J’aurais pu te parler de ce que je faisais, mais ça ne rentrait pas « dans le cadre » d’un blog de lecture. J’aurais pu aussi te parler, par exemple, de ce que j’écoutais en travaillant, mais ça non plus ne rentrait pas « dans le cadre ». Alors j’ai créé un autre site pour parler de ça.

Ça fait un petit moment maintenant que je réfléchis à tout ça, et je me dis que c’est vraiment trop bête de créer cinquante choses et d’être sans arrêt hyper frustrée de ne pas pouvoir accorder assez de temps à chacun de mes projets et surtout à la lecture sous prétexte que ça n’est « pas compatible »…

Qui décide?

Il va donc y avoir du nouveau ici. Déjà je vais publier plus souvent (euh ça, Majesté, c’est pas dur en fait! Oui je sais!), et je ne parlerai pas uniquement de lecture mais de tout ce que je fais et qui m’intéresse. Je voudrais te parler de gens qui font des choses bien, au niveau de la culture, mais pourquoi pas aussi de l’environnement ou de l’humain, je voudrais partager mon travail de création sous tous ses aspects, je voudrais aussi me mettre à la calligraphie et m’améliorer en photo et création graphique, et je voudrais le partager avec toi. Bien sûr, je continuerai de te parler bouquins puisque je vais arrêter de m’interdire de lire sous prétexte d’avoir besoin de temps pour le reste. Ça m’a manqué, énormément.

Je vais modifier l’allure de ce blog, et je vais essayer d’arranger tout ça de sorte que tu t’y retrouves si seulement certains sujets t’intéressent.

Je vais aussi être un peu plus active sur les réseaux sociaux, en particulier sur instagram qui est définitivement mon favori. Tu peux d’ailleurs m’y suivre ici si le cœur t’en dis.

Voilà, comme ça la boucle est bouclée, les moutons sont bien gardés et les piqûres de moustiques se portent au mieux.

*   *   *

Sur ces entrefaites, je reviens donc avec une nouvelle lecture.

Je crois que c’est la première fois que je vais avoir du mal à parler d’un livre de Murakami. Cette lecture est spéciale et m’a chamboulée. Je vais faire de mon mieux.

Résumé royal:

L’amour, le deuil, les sentiments, grandir, le sexe, l’alcool, un air de guitare, la vie…

Résumé au dos du livre:

Dans un avion, une chanson ramène Watanabe à ses souvenirs. Son amour de lycée pour Naoko, hantée comme lui par le suicide de leur ami Kizuki. Puis sa rencontre avec une jeune fille, Midori, qui combat ses démons en affrontant la vie. Hommage aux amours enfuies, le premier roman culte d’Haruki Murakami fait resurgir la violence et la poésie de l’adolescence.

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Murakami! Ou comment avoir l’impression de changer de monde dès que tu ouvres un livre. Que ça fait du bien! Murakami ou cette écriture qui parle simplement de la vie quotidienne mais que tu ne peux t’empêcher de dévorer comme s’il s’agissait d’un roman à suspense. Lire cet auteur me fait le même effet qu’une longue méditation, je me sens paisible et je fais beaucoup plus attention à ce qui m’entoure, à tous ces petits détails auxquels je ne fais pas forcément attention en temps normal.

L’évolution de Watanabe, son apprentissage de la vie, de l’amour : les premières amours ratées, les amours platoniques, l’amour physique. Ses introspections, cette psychologie si fine et tellement bien menée que l’on s’y retrouve forcément à un moment.

Les lettres de Watanabe à Naoko, d’une tendresse infinie. Ses anecdotes sur son voisin de chambre qui font sourire.

Le passage à l’hôpital. Je n’ai jamais lu de toute ma vie une scène qui me donne autant envie de manger un plat en particulier (je te laisse découvrir lequel), et je te laisse imaginer ma tête quand j’ai ouvert mon réfrigérateur et que je n’avais pas les ingrédients pour le préparer là tout de suite! (et en plus c’était l’heure du goûter…)

Le personnage de Midori, pétillante, rafraîchissante (telle une excellente limonade… oui merci!) dans cette histoire.

Les –: J’aurais voulu connaître la suite. Mais pas de ça chez Murakami, encore une fin ouverte et c’est pour ça qu’on l’aime aussi.

Le personnage de Nagasawa, malaisant. J’ai cherché à le comprendre malgré ses défauts mais je n’y suis pas parvenue.

Ma note:

17/20 Il m’est très difficile de parler de ce livre étant donné que l’histoire tient à peu de choses, ce serait plus simple de parler de mon ressenti : j’ai adoré cette lecture et la conseille aux personnes qui aiment cet auteur. Peut être pas pour le découvrir en revanche, je conseillerai plutôt Kafka sur le rivage ou la trilogie 1Q84, peut être plus simples d’accès.

Citations choisies:

« Il y a des gens comme ça. Ils ont un don extraordinaire et ils n’ont pas assez d’énergie pour le faire fructifier, alors ils finissent toujours par gaspiller leurs capacités. J’en ai vu pas mal comme ça. Au départ, on est ébloui. Il y en a par exemple qui sont capables de jouer un morceau très difficile dès la première fois qu’ils voient la partition. Et cela assez bien. On en est abasourdi. On a l’impression d’être complètement surclassé. Mais c’est tout. Ils ne vont jamais plus loin. Pourquoi? Parce qu’ils n’ont pas le courage de continuer. »

« Je me demandais soudain combien de dizaines ou de centaines de fois allait se répéter un pareil dimanche. « Un dimanche calme, paisible et solitaire », dis-je à haute voix. Je ne remontais pas mes ressorts le dimanche. »

« Nous nous enlaçâmes dans sa chambre, sur son lit. Nous nous embrassâmes dans son futon, tout en écoutant la pluie tomber, puis nous discutâmes de toutes sortes de choses, depuis a formation du monde jusqu’à la cuisson des œufs à la coque.

« Je me demande ce que peuvent bien faire les fourmis quand il pleut, dit-elle. » »

David Copperfield – Tome 1

Une naissance agitée.

Des rencontres qui ne devraient jamais avoir eu lieu.

Le sérieux des amours d’enfants.

Une enfance heureuse mais vite devenue difficile, une vie mouvementée.

Apprendre par soi-même.

Se lier d’amitié. Partager les difficultés.

Souffrir de sa naïveté, devoir ouvrir les yeux mais ne pas y parvenir.

S’échapper, avec un dernier espoir.

Le renouveau.

Mais les difficultés ne sont jamais très loin…

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« Pour moi, je restai longtemps occupé à contempler Pegotty, tout en rêvant à une supposition que je venais de faire : si Pegotty avait l’intention de me perdre comme le petit Poucet dans les contes de fées, ne pourrais-je pas toujours retrouver mon chemin à l’aide des boutons et des agrafes qu’elle laisserait tomber en route? »

« Une seule chose m’empêchait de m’abrutir absolument. Mon père avait laissé dans un cabinet, au second, une petite collection de livres ; ma chambre était à côté, et personne ne songeait à cette bibliothèque. Peu à peu Roderick Random, Peregrine Pickle, Humphrey Clinker, Tom Jones, le Vicaire de Wakefield, donQuichotte, Gil Blas et Robinson Crusoé, sortirent, glorieux bataillon, de cette précieuse petite chambre pour me tenir compagnie. Ils tenaient mon imagination en éveil ; ils me donnaient l’espoir d’échapper un jour à ce lieu. Ni ces livres, ni les Mille et une Nuits, ni les histoires des génies, ne me faisaient de mal, car le mal qui pouvait s’y trouver ne m’atteignait pas ; je n’y comprenais rien. »

« Que de repas passés dans le silence et dans l’embarras, en sentant toujours qu’il y avait une fourchette de trop et que c’était la mienne, un appétit de trop et que c’était le mien, une chaise de trop et que c’était la mienne, quelqu’un de trop et que c’était moi ! »

« Mes besoins étaient si pressants pourtant que je dis que j’accepterais vingt sous si cela lui convenait. M. Dolloby y consentit en grommelant. Je lui souhaitai le bonsoir, et je sortis de la boutique avec vingt sous de plus et mon gilet de moins. Mais, bah ! en boutonnant ma veste, cela ne se voyait pas. »

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J’ai aimé cette lecture. Cette capacité qu’a Dickens de nous immerger dans la vie intime de cette société de l’Angleterre victorienne qu’il décrit si bien. J’ai aimé sa façon de rendre chaque personnage si « vivant », et bien sûr, son humour!

J’ai aussi aimé le fait que David, le narrateur, raconte cette histoire sous forme de souvenirs, toujours avec beaucoup de nostalgie et de tendresse malgré les difficultés auxquelles il a du faire face. J’ai parfois été exaspérée par sa naïveté, mais qui tient en grande partie à son immense bonté qui fait qu’on le pardonne.

Quelques longueurs parfois, mais qui sont nécessaires pour « planter le décor ».

Je ne pensais pas enchaîner tout de suite sur le tome II mais la fin de ce premier tome ne me laisse pas vraiment le choix…

(Ce texte est libre de droit, tu peux trouver cette version gratuitement ici).

La Mort, L’amour et les Vagues

Une rencontre. Un même but. Ultime.

Un voyage de noces. Un jardin japonais de sable et de pierres. Des pensées, des souvenirs. Une décision.

Un gain à la loterie. Un voyage trop cher. La découverte de l’autre. L’amour?

Ce livre c’est trois nouvelles qui parlent « d’amour ». L’amour est plutôt un prétexte pour dénoncer les travers de l’humain tels que la pingrerie, la tromperie ou encore le suicide.

J’ai apprécié cette lecture mais n’ai pas vraiment été conquise. J’ai surtout apprécié la sérénité qui se dégage de ces histoires. J’ai lu ce livre comme on regarderait un paysage qui défile lors d’un voyage en train. J’ai apprécié ce moment de contemplation mais ne retiendrai sans doute pas grand chose des histoires…

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« A partir d’Ofuna, le paysage changea et ils comprirent qu’ils s’éloignaient de la grande ville : les maisons aux tons discrets, les chemins, les collines et les champs baignaient dans un froid soleil de début d’hiver. Les arbres chargés de mandarines jaunes ou de kakis vermillon, les taches claires des buissons de bambous, les toits de chaume, les petits campagnards les mains fourrées dans les manches de leurs kimonos, l’azur de la mer, les falaises défilaient devant leurs yeux puis disparaissaient aussitôt. »

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J’essaierai sans aucun doute de découvrir d’autres textes de cet auteur, sous d’autres formats que la nouvelle. Je ne sais pas trop si je dois te conseiller ce livre. Peut être que oui si tu souhaites découvrir Yasushi Inoue, pas si tu connais déjà cet auteur.

Ni d’Eve ni d’Adam

Au début des cours de français.

Puis deux histoires d’amour.

Une avec un Japonais, beau et incroyablement gentil qui veut devenir Templier.

La deuxième avec ce pays sublime où règne en maître le Mont Fuji, et où les kakis son auréolés de flocons blancs.

Récit d’une intimité qui fait rire puis bouleverse.

Formidable éloge de la liberté, qui n’a pas de prix et pour laquelle on peut tout abandonner.

J’ai beaucoup ri durant cette lecture, beaucoup appris aussi.

Sur Amélie, sur la vie…

🗻       🗻       🗻

« Le garçon observait mon manège et je jure que je vis dans ses yeux ce constat : « Les Belges sont des gens bizarres. » L’hôpital se foutait de la charité. »

« On tombe amoureux de ceux que l’on ne supporte pas, de ceux qui représentent un danger insoutenable. »

« Pourquoi ne pouvais-je me débarrasser de la conviction que j’y étais surveillée par une caméra? Une impression d’œil invisible m’accompagnait. Je grimaçai vers le plafond, puis vers les murs : il ne se passa rien. L’ennemi était rusé qui feignait de ne pas remarquer mon inconduite. Méfiance.

Le garçon me surprit en train de tirer la langue à une peinture contemporaine. 

 – Tu n’aimes pas l’oeuvre de Nakagami? demanda-t-il. 

 – Si. C’est magnifique, dis-je avec un enthousiasme sincère envers la toile sublime d’obscurité. 

Rinri dut en conclure que les Belges montraient leur langue aux tableaux qui les bouleversaient. »

« On devrait toujours avoir quelque chose à fuir, pour cultiver en soi cette possibilité merveilleuse. D’ailleurs, on a toujours quelque chose à fuir. Ne serait-ce que soi-même. 

La bonne nouvelle, c’est que l’on peut échapper à soi-même. Ce que l’on fuit de soi, c’est la petite prison que la sédentarité installe n’importe où. On prend ses cliques et ses claques et on s’en va : le moi est tellement étonné qu’il oublie de jouer les geôliers. »

🗻       🗻       🗻

Lis ce livre, il est vraiment chouette! Et découvre cet auteur si tu ne la connais pas, elle est fabuleuse!

Et aussi je te conseille l’adaptation filmique de ce roman : Tokyo fiancée. Ce film est vraiment très bien, très fidèle au livre et les acteurs sont géniaux.

Regarde!

Kafka sur le rivage

Ce livre est un voyage initiatique.

On y croise un homme qui parle avec les chats et à qui il manque la moitié de son ombre, un chauffeur routier qui découvre la musique classique, une femme gay, un adolescent en quête de vérité et une âme cherchant le repos.

Dans ce livre, les poissons tombent du ciel.

Tout commence par une malédiction.

Ce livre est un éloge de la liberté et de la culture.

Tout finit au pays des merveilles.

Ce livre est une métaphore de la vie dans laquelle le manque est omniprésent.

Marcher dans la forêt, de plus en plus loin et ne plus avoir peur.

Ce livre a changé ma vie et j’ai pris énormément de plaisir à le relire.

☔     ☔     ☔

« Parfois, le destin ressemble à une tempête de sable qui se déplace sans cesse. Tu modifies ton allure pour lui échapper. Mais la tempête modifie aussi la sienne. Tu changes à nouveau le rythme de ta marche, et la tempête change son rythme elle aussi. C’est sans fin, cela se répète un nombre incalculable de fois, comme une danse macabre avec le dieu de la Mort, juste avant l’aube. Pourquoi ? Parce que la tempête n’est pas un phénomène venu d’ailleurs, sans aucun lien avec toi. Elle est toi-même, et rien d’autre. Elle vient de l’intérieur de toi. Alors, la seule chose que tu puisses faire, c’est pénétrer délibérément dedans, fermer les yeux et te boucher les oreilles afin d’empêcher le sable d’y entrer, et la traverser pas à pas. Au cœur de cette tempête, il n’y a pas de soleil, il n’y a pas de lune, pas de repères dans l’espace ; par moments, même le temps n’existe plus. Il n’y a que du sable blanc et fin comme des os broyés qui tourbillonne haut dans le ciel. Voilà la tempête de sable que tu dois imaginer. »

« Mais je déteste par dessus tout les gens qui manquent d’imagination. Ceux que T.S Eliot appelait « les hommes vides ». Ils bouchent leur vide avec des brins de paille qu’ils ne sentent pas, et ne se rendent pas compte de ce qu’ils font. Et avec leurs mots creux, ils essaient d’imposer leur propre insensibilité aux autres. »

« – Mon camion pue le poisson, ça ne vous fait rien? demanda-t-il.

 – Nakata aime beaucoup le poisson.

    Le routier se mit à rire. 

 – T’es pas ordinaire, toi au moins!

 – Oui, on me le dit parfois.

 – Moi, j’aime bien les gens bizarres. Je me méfie des gens normaux qui mènent une vie normale. »