La Mort, L’amour et les Vagues

Une rencontre. Un même but. Ultime.

Un voyage de noces. Un jardin japonais de sable et de pierres. Des pensées, des souvenirs. Une décision.

Un gain à la loterie. Un voyage trop cher. La découverte de l’autre. L’amour?

Ce livre c’est trois nouvelles qui parlent « d’amour ». L’amour est plutôt un prétexte pour dénoncer les travers de l’humain tels que la pingrerie, la tromperie ou encore le suicide.

J’ai apprécié cette lecture mais n’ai pas vraiment été conquise. J’ai surtout apprécié la sérénité qui se dégage de ces histoires. J’ai lu ce livre comme on regarderait un paysage qui défile lors d’un voyage en train. J’ai apprécié ce moment de contemplation mais ne retiendrai sans doute pas grand chose des histoires…

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« A partir d’Ofuna, le paysage changea et ils comprirent qu’ils s’éloignaient de la grande ville : les maisons aux tons discrets, les chemins, les collines et les champs baignaient dans un froid soleil de début d’hiver. Les arbres chargés de mandarines jaunes ou de kakis vermillon, les taches claires des buissons de bambous, les toits de chaume, les petits campagnards les mains fourrées dans les manches de leurs kimonos, l’azur de la mer, les falaises défilaient devant leurs yeux puis disparaissaient aussitôt. »

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J’essaierai sans aucun doute de découvrir d’autres textes de cet auteur, sous d’autres formats que la nouvelle. Je ne sais pas trop si je dois te conseiller ce livre. Peut être que oui si tu souhaites découvrir Yasushi Inoue, pas si tu connais déjà cet auteur.

Premier amour

Mesdames, Messieurs, bonsoir! Je reviens ce soir avec une nouvelle qui m’a été conseillée par Amélie Nothomb, excusez du peu! Je la remercie mille fois pour cette découverte, j’ai beaucoup aimé cette lecture! Romantisme POWER! Attention, cependant, si comme moi vous la téléchargez au format numérique pour liseuse (le texte faisant partie du domaine public, il est accessible gratuitement, PRO-FI-TEZ – EN!), plusieurs fichiers auxquels j’ai eu accès sont incomplets (il manque le dernier ou les deux derniers chapitres, ce qui est vraiment dommage puisque le dernier est pour moi le plus beau). Donc il faut que votre texte se termine par « […] et pour moi » (désolée pour le peu d’information mais la dernière phrase est en fait un SPOILER).

Pour les intéressés, vous pouvez le lire au format PDF ici (oui je sais votre majesté est trop bonne, elle l’a cherchée pour vous. Non, ne me remerciez pas, ce n’est rien, voyons!)

Résumé royal:

Vladimir Pétrovitch, Zinaïda, la découverte du sentiment amoureux, la jalousie, le secret, la solitude, la souffrance… (oui, à histoire courte, résumé court).

Résumé sur livraddict:

«Quelle fille excitante que Zinaïda!» écrit Flaubert à Tourgueniev à propos de son roman. «C’est une de vos qualités de savoir inventer les femmes. Elles sont idéales et réelles. Elles ont l’attraction et l’auréole.» Irrésistible du haut de ses vingt et un printemps, la capricieuse et attirante Zinaïda fait chavirer le cœur du jeune Vladimir Pétrovitch, seize ans à peine. Premier amour et premiers tourments d’un enfant épris de la jolie princesse pour l’avoir vue par-dessus la palissade de son domaine… Mais lorsque Zinaïda devient froide et mystérieuse, d’étranges soupçons envahissent l’esprit de Vladimir. Quel est donc ce rival secret qui l’éloigne de lui?

Ce que j’en ai pensé:

Les +: La noirceur sous-jacente : en grande fan de Tim Burton et autres choses du même genre que je suis, j’aime le fait que l’histoire, même si elle est romantique à souhait, ne tombe jamais dans la mièvrerie. On sent tout au long du récit qu’il y a un malaise quelque part et… non n’insistez pas je n’en dirai pas plus!

Les -: Trop court. Oui je sais c’est une nouvelle. Mais un roman plus approfondi aurait été bien aussi, avec plus de psychologie des différents personnages peut être.

Ma note:

16/20  J’ai beaucoup aimé cette lecture, mais ce n’est quand même pas un coup de cœur. J’aurais préféré une version plus longue, où l’on se serait plus intéressé à la psychologie des personnages, autant principaux que secondaires. Je recommande tout de même sans hésiter cette nouvelle, surtout si comme moi vous ne connaissez pas encore les Russes : c’est une belle entrée en matière.

Citations choisies:

« Je dépérissais à vue d’œil quand Zinaïda n’était pas là : j’avais la tête vide, tout me tombait des mains et je passais mes journées à penser à elle… Je dépérissais loin d’elle, ai-je dit… N’allez pas croire, pour cela, que je me sentisse mieux en sa présence… Dévoré de jalousie, conscient de mon insignifiance, je me vexais pour un rien et adoptais une attitude sottement servile. »

« Elle en fut amusée et commença à rire de ma passion, à me tourner en bourrique, à me faire goûter les pires supplices. Quoi de plus agréable que de sentir que l’on est la source unique, la cause arbitraire et irresponsable des joies et des malheurs d’autrui ?… C’était précisément ce qu’elle faisait, et moi, je n’étais qu’une cire molle entre ses doigts cruels. »

« Ce que je venais d’apprendre était au-dessus de mes forces… J’étais écrasé, anéanti… Tout était fini… Mes belles fleurs gisaient, éparses autour de moi, piétinées, flétries. »

Les attaques de la boulangerie

20151101_164238Quelle honte! Je viens de m’apercevoir que je n’avais même pas donné le nom de l’illustratrice dans mon article sur Sommeil. Il s’agit de Kat Menschik qui est aussi l’illustratrice de cette autre nouvelle de Murakami, toujours aux éditions Belfond, que je viens de terminer. Encore des illustrations magnifiques! Ne parlant pas Allemand, il m’est difficile de trouver des informations sur le travail de cet artiste. Je vous invite tout de même à admirer son travail ici (oh le lien! Très recherché, bravo majesté!).

Bref, revenons à nos citrouilles (jeu de mots douteux, je vous l’accorde, mais de circonstance hein!), encore une fois j’ai été séduite par la beauté de cet ouvrage. Un peu moins par l’histoire qui se compose de deux nouvelles très courtes, ou de deux chapitres d’une même nouvelle. Je vous en dis plus ensuite, en attendant en voici un aperçu:

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Résumé royal:

La faim qui, telle un volcan sous-marin, creuse un gouffre tellement vaste qu’elle amène à commettre des actes absurdes et irraisonnés…

Résumé au dos du livre:

Superbement illustrées, deux nouvelles, dont une totalement inédite, pour découvrir autrement l’univers envoûtant de l’auteur de la trilogie culte 1Q84.

Un homme et une femme dans un appartement de Tokyo. Ils ont faim. Pas une faim ordinaire. Une faim qui tenaille, qui prend aux tripes, qui obsède.

Une faim comme le souvenir d’une faim antérieure.

Une faim tellement forte, tellement impérieuse qu’elle va les pousser à commettre la plus absurde des attaques…

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Toujours les illustrations, vert et or cette fois, d’une finesse et d’une poésie qui collent à la perfection avec l’univers de Murakami. Aussi, même si j’ai beaucoup moins apprécié cette histoire que celle de Sommeil, je reste tout de même sensible à la poésie dans l’écriture de cet auteur.

Les -: Là je vais être plus virulente que d’habitude. Encore une fois, le prix. 17€ et cette nouvelle est encore plus courte que Sommeil! Ensuite, justement, j’ai trouvé ce texte vraiment trop court. Certes, c’est une nouvelle, mais on n’a pas le temps d’être immergé dans l’histoire que c’est déjà fini. Dommage. Je n’ai pas non plus été sensible au sujet de cette histoire. L’idée de base était bien mais pourquoi ne rien développer? On sait que la vie du personnage a complètement changée après avoir entendu de la musique classique, mais pourquoi? Trop de pourquoi à la fin de ma lecture. Le coup de la malédiction, c’est un peu trop facile à mon humble avis. Je n’en dirais pas plus car ce serait vous Spoiler toute l’histoire, mais c’est un bilan très mitigé, pour la première fois pour moi avec cet auteur.

Ma note:

14/20  De belles illustrations, encore une fois beaucoup de style et de poésie dans l’écriture mais je n’ai pas été transportée par l’histoire. Ma première déception à la lecture d’Haruki Murakami et j’espère, la dernière.

Citations choisies:

« Peu importait, au demeurant.

Dieu était mort, tout comme Marx et John Lennon. »

« Sur la table s’alignaient leurs têtes et deux gobelets de milk-shake à la fraise, une vraie sculpture avant-gardiste. »

Sommeil

Non, je n’ai toujours pas fini Modiano, j’ai eu une grosse panne de lecture, ce n’était plus le moment et je ne veux pas le finir parce que j’aime cette lecture et que je ne veux pas la gâcher. Donc je le reprend plus tard, c’est mieux. Ayant envie de me remettre à lire mais ne sachant que choisir qui me sortirait de cet état de rébellion que je déteste, je me suis dit qu’avec une nouvelle de Murakami je ne prenais aucun risque. En effet, j’ai adoré. J’ai emprunté celle-ci ainsi que Les attaques de la boulangerie (que je vais lire très vite) à la bibliothèque. Cette édition est absolument sublime, ce qui ne gâche rien, les illustrations à l’intérieur sont de toute beauté, et en plus ça brille (c’est ça majesté, laisse ton côté féminin s’exprimer, vas y laisse toi aller ça te fera du bien…)!

Voyez plutôt:
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Vraiment j’ai passé un très bon moment. Je vais essayer de ne pas trop en dire à propos de l’histoire car le texte étant court, j’aurais vite fait de trop en dévoiler.

Avant de passer à la suite, il faut que je vous annonce une grande découverte que je viens de faire à l’instant. Je cherchais tranquillement sur le site des éditions Belfond les photos et liens de mes petites nouvelles et là, QUOI??? (oui un QUOI??? à peu près équivalent à celui-là) Une nouvelle nouvelle??? (Oui, comme quoi Coluche n’exagérait pas grand chose finalement…). Et oui! Elle vient de sortir! Je vais donc m’empresser de harceler les bibliothécaires pour qu’elles la commandent et vite! Surtout que d’après le titre ça m’a l’air très prometteur!

Bref revenons à Sommeil…

Résumé royal:

Une femme, trente ans, un mari, un fils, une maison, les courses, la routine. Puis un cauchemar, de l’eau, l’insomnie, l’alcool, la lecture, la révélation. Et la fin…

Résumé au dos du livre:

Envoûtante, onirique, mystérieuse, une des nouvelles les plus énigmatiques de Haruki Murakami, dans une édition luxueuse, superbement illustrée pour restituer tout le mystère, la magie, la fantaisie de l’univers du maître.

Une femme, la trentaine. Elle est mariée, a un enfant. Le matin, elle fait les courses et prépare les repas. L’après-midi, elle va nager à la piscine. Elle vit sa vie comme un robot.

Mais la nuit, quand tout le monde dort, la femme se verse un verre de cognac, mange un peu de chocolat, lit et relit Anna Karénine. La nuit, cette femme redécouvre le plaisir.
Dix-sept nuits sans sommeil…

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Mais comment fait-il? MAIS COMMENT FAIT-IL??? Comment fait-il pour nous transporter aussi loin, nous faire ressentir la sérénité, la peur, l’envie d’aller à la piscine, de manger, de boire, de nouveau la sérénité, l’angoisse, tout ça en 70 pages (illustrations comprises)? C’est beau, c’est beau, c’est beauuuuuuu! Et comment il fait pour encore créer un personnage qui prend le temps de vivre alors que c’est une nouvelle? Et la fin, LA FIN! Lisez le, lisez le vous dis-je!

Les -: Le prix. Malgré le fait que ce soit de très beaux livres, 17€ pour une nouvelle c’est pour moi un prix inabordable. Dommage! Je continuerai donc à les emprunter à la bibliothèque en attendant de pouvoir me les procurer d’occasion. Sinon au niveau de l’histoire, le seul inconvénient à mon avis est que c’est trop court. Voilà pourquoi je ne suis pas une grande amatrice de nouvelles. Quand c’est bien je voudrais toujours que ça dure plus longtemps. Enfin s’il avait développé la fin je serais morte d’une surdose de stress. Donc finalement c’est peut être bien comme ça.

Ma note:

17/20  Le livre est beau, l’histoire est chouette, je ne suis simplement pas une grande adepte des nouvelles. C’est donc une note tout à fait subjective.

Citations choisies:

« Fermant les yeux, je me mis à hurler de toutes mes forces.

Mais aucun son ne sortit de ma bouche. L’air ne vibrait plus sous ma langue, et mon cri se répercuta sans bruit à l’intérieur de moi-même. Ce hurlement muet parcourut tout mon corps, mon cœur s’arrêta de battre, tout devint blanc dans ma tête. »

« Je ne m’en étais pas aperçue autrefois en le lisant mais, à la réflexion, quel étrange roman! L’héroïne n’apparaissait pas avant la page cent seize. Les lecteurs du XIXème siècle trouvaient-ils cela normal? »

« Mais, à franchement parler, cela m’était bien égal. Le fait que je doive mourir plus jeune à cause de ça ne me faisait ni chaud ni froid. Les hypothèses pouvaient suivre leur cours. Il n’en restait pas moins qu’en ce moment j’agrandissais ma vie. Et c’était merveilleux. Enfin, il se passait quelque chose, je me sentais vivre, je ne m’usais pas. […] Je trouve qu’une existence humaine, même si elle dure très longtemps, n’a aucun sens si l’on n’a pas le sentiment de vivre. »

« Si jamais la mort c’étais ça, que devais-je faire? Si la mort c’était rester éveillé pour l’éternité, les yeux fixés sur les ténèbres? »