Riquet à la houppe

Aujourd’hui je te parle du dernier roman d’Amelie Nothomb que j’ai vue une nouvelle fois mardi pour une dédicace (que d’émotions, que d’émotions!). Je suis restée encore une fois complètement bête devant elle tellement j’admire cette belle personne! Bref on ne va pas en faire un roman (ouai, majesté, ouaiiiiii…), je l’aime d’amour et puis c’est tout!

Amélie et votre altesse

Revenons au roman…

Résumé royal:

Un garçon laid mais très intelligent, une fille très belle qui observe, de beaux bijoux, des oiseaux, la vie…

Résumé au dos du livre:

« L’art a une tendance naturelle à privilégier l’extraordinaire. »

Amélie Nothomb

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Tout, j’ai adoré ce livre. Je retrouve mon Amélie que j’aime tant! C’est drôle, bien écrit, les personnages sont attachants ou détestables, mais le regard de l’auteur reste toujours tendre (ce qui est réellement sa façon d’être, c’est vraiment une personne d’une immense gentillesse).

Le point de vue du bébé. Comme dans Métaphysique des tubes, l’auteur prend le point de vue du bébé, et que c’est drôle!

Le personnage de la grand-mère, Passerose ; mystique, généreuse, une fée. La grand-mère que tout le monde rêverait d’avoir (mais bon la mienne était parfaite alors…).

C’est un roman qui donne envie de relire les contes!

Et surtout, encore une fois, les prénoms des personnages!

Les -: Trop court, peut être, forcément quand on aime on en veut toujours plus.

Ma note:

18/20  J’ai adoré cette lecture!

Citations choisies:

« Par la fenêtre de leur chambre sous les combles de l’Opéra, ils regardaient Paris qui pour eux seuls n’avait pas changé depuis Cocteau. Tout le monde n’a pas la grâce d’être des enfants terribles. »

« Personne ne connaissait l’âge de Passerose. Cette ignorance renforçait l’idée qu’elle venait d’une époque radicalement autre, où les papiers d’identité n’existaient pas et où les filles de seize ans hésitaient entre les carrières de fée ou de sorcière. »

« Qui a vu la splendeur d’un escadron d’oies sauvages ne peut que s’incliner devant ces aristocrates du ciel. »

Notre Dame de Paris

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Bon je vais éviter de te dire encore une fois que je suis de retour, que j’ai été trop absente, etc, la chanson tu la connais. Je n’ai pas du tout abandonné le blog, plutôt les livres pendant un moment. Il y a des moments, comme ça dans ta vie, où ta tête est beaucoup trop préoccupée pour que tu arrives à lire. Malheureusement ces moments là peuvent parfois durer des mois. Ça va mieux, je reprends goût à la lecture petit à petit, malgré mon job de 39h par semaine qui me prend tout mon temps…

Avouons cependant que je reviens en beauté avec un sacré monument, n’est-ce pas?

Il est des livres qui changent une vie. Celui-ci a changé la mienne. Je pensais connaître l’histoire, ce n’était pas vraiment le cas. C’est un livre qui parle de la vie, un livre qui fait grandir. Si tu connais le dessin animé de Disney (et que comme moi tu en étais resté là), lis ce livre! Tu découvriras la véritable histoire, qui est beaucoup moins colorée et gaie, mais quel bonheur de la découvrir! Que de beauté!

Résumé royal:

Paris, le peuple, une élection, le pape des fous, Notre Dame, Esmeralda, Quasimodo, Frollo, un enlèvement, Phoebus, l’amour, l’obsession, partout…

Résumé au dos du livre:

«Il était là, grave, immobile, absorbé dans un regard et dans une pensée. Tout Paris était sous ses pieds, avec les mille flèches de ses édifices et son circulaire horizon de molles collines, avec son fleuve qui serpente sous ses ponts et son peuple qui ondule dans ses rues, avec le nuage de ses fumées, avec la chaîne montueuse de ses toits qui presse Notre-Dame de ses mailles redoublées. Mais dans toute cette ville, l’archidiacre ne regardait qu’un point du pavé :la place du Parvis ; dans toute cette foule, qu’une figure : la bohémienne.
Il eût été difficile de dire de quelle nature était ce regard, et d’où venait la flamme qui en jaillissait. C’était un regard fixe, et pourtant plein de trouble et de tumulte. Et à l’immobilité profonde de tout son corps, à peine agité par intervalles d’un frisson machinal, comme un arbre au vent, à la roideur de ses coudes plus marbre que la rampe où ils s’appuyaient, à voir le sourire pétrifié qui contractait son visage, on eût dit qu’il n’y avait plus dans Claude Frollo que les yeux du vivant.»

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Quelle écriture! Voilà ce que j’aime dans Hugo. Ses romans ont beau être des classiques, ils n’en sont pas pour autant difficiles à lire et on est happé par l’histoire. Quel plaisir, vraiment!

Tout est positif pour moi dans ce livre, tout est beau même si c’est une histoire extrêmement triste (qui je l’avoue a fini de plomber mon dimanche soir… je pensais enchaîner avec Les Misérables, mais je vais faire une pause avant, hein!).

Les -: Je regrette de ne pas mieux connaître Quasimodo, qui est finalement peu présent tout au long du roman.

Et Phoebus, si je l’avais sous la main celui là…

Ma note:

19/20 J’aurais voulu connaître Quasimodo davantage. Mais ce livre est un réel coup de cœur. J’en parle mal, j’ai été tellement touchée que je ne trouve pas vraiment d’arguments pour t’inciter à le lire. Mais lis le, il est fabuleux!

Citations choisies:

«  »Que le diable vous emporte! grommela maître Andry Musnier.

-Maître Andry, reprit Jehan, toujours pendu à son chapiteau, tais-toi, ou je te tombe sur la tête! » Maître Andry leva les yeux, parut mesurer un instant la hauteur du pilier, la pesanteur du drôle, multiplia mentalement cette pesanteur par le carré de la vitesse, et se tut. »

« Vieillard, il faut de plus longues années qu’il ne vous en reste pour entreprendre ce voyage à travers les choses mystérieuses. Votre tête est bien grise! On ne sort de la caverne qu’avec les cheveux blancs, mais on n’y entre qu’avec les cheveux noirs. La science sait bien toute seule creuser, flétrir et dessécher les faces humaines ; elle n’a pas besoin que la vieillesse lui apporte des visages tout ridés. »

« Ce qu’il aimait avant tout dans l’édifice maternel, ce qui réveillait son âme et lui faisait ouvrir ses pauvres ailes qu’elle tenait si misérablement reployées dans sa caverne, ce qui le rendait parfois heureux, c’étaient les cloches. Il les aimait, les caressait, leur parlait, les comprenait. Depuis le carillon de l’aiguille de la croisée jusqu’à la grosse cloche du portail, il les avait toutes en tendresse. Le clocher de la croisée, les deux tours, étaient pour lui comme trois grandes cages dont les oiseaux, élevés par lui, ne chantaient que pour lui. C’étaient pourtant ces mêmes cloches qui l’avaient rendu sourd, mais les mères aiment souvent le mieux l’enfant qui les a fait le plus souffrir. »

Un homme qui dort

 

Cet article ne sera pas comme les autres, parce que ce roman (si l’on peut parler de roman, mais oui, je crois) ne ressemble pas aux autres.

Ce roman est une expérience. Ce roman c’est la contemplation, la recherche de l’indifférence mais la mise en exergue de tous les sens. Ce roman c’est des images, des odeurs, des sons, des sensations. Ce roman c’est le temps qui passe. Ce roman c’est la solitude. Ce roman c’est des humeurs variables. Ce roman est une ritournelle, tout ressemble à tout, la vie est une éternelle répétition.

Ce roman c’est l’enfermement de la petite chambre ou l’enfermement de la grande ville.

Ce roman c’est la fuite de la vie.

Ce roman c’est du gris, partout, et une bassine de plastique rose.

Ce roman est merveilleusement bien écrit.

Ce roman est une leçon.

Extraits choisis: 

« Au fil des heures, des jours, des semaines, des saisons, tu te déprends de tout, tu te détaches de tout. Tu découvres, avec presque, parfois, une sorte d’ivresse, que tu es libre, que rien ne te pèse, ne te plaît ni ne te déplaît. »

« Tu te vois, tu te vois te voir, tu te regardes te regarder. Même si tu t’éveillais, ta vision demeurerait identique, immuable. Même si tu parvenais à t’ajouter des milliers, des milliards de paupières, il y aurait encore, derrière, cet œil, pour te voir. Tu ne dors pas, mais le sommeil ne viendra plus. Tu n’es pas éveillé et tu ne te réveilleras jamais. Tu n’es pas mort et la mort même ne saurait te délivrer… »

« Tu traînes dans les rues, tu entres dans un cinéma ; tu traînes dans les rues, tu entres dans un café ; tu traînes dans les rues, tu regardes la Seine, les boucheries, les trains, les affiches, les gens. Tu traînes dans les rues, tu entres dans un cinéma où tu vois un film qui ressemble à celui que tu viens de voir, la même histoire béate racontée par un monsieur trop intelligent, pleine de gentillesse et de musique, et puis l’entracte, des films publicitaires que tu as vus vingt fois, cent fois, les actualités que tu as vues dix fois, vingt fois, un documentaire sur les sardines, ou sur le soleil, sur Hawaï ou sur la Bibliothèque Nationale, la bande-annonce d’un film que tu as déjà vu et que tu verras encore, le film que tu viens de voir qui recommence encore une fois, avec son générique morcelé, la plage d’Etretat, la mer, les mouettes, les enfants qui jouent sur le sable. »

Intérieur

Bien rentrée du Portugal. J’ai eu du mal à lire cette semaine vu l’actualité dans le monde. J’ai eu la merveilleuse idée vendredi soir, la veille de notre retour en France, d’allumer la TV de l’hôtel pour regarder les nouvelles. Pile à l’heure pour assister à une tuerie en direct. Profondément choquée, j’ai encore du mal aujourd’hui à reprendre le cours normal de ma vie. Je n’en dirais pas plus à ce sujet (si ce n’est que j’adresse tout mon soutien aux familles des victimes), je pense que tout a déjà été dit et même plus qu’il n’en faudrait.  Simplement, on va continuer à vivre. A aimer. A LIRE. Beaucoup.

Je vais vous parler du livre que j’ai terminé ce matin, il s’agit d’Intérieur de Thomas Clerc dans la collection L’arbalète Gallimard. Ce livre je l’ai découvert sur la chaîne Solange te Parle (sur qui j’ai fait un article que tu peux voir ici), sur cette vidéo super chouette que je t’invite à regarder parce qu’elle saura certainement mieux te convaincre que moi de le lire.

J’ai adoré cette lecture! J’adore l’idée, la façon d’écrire de l’auteur, son humour, vraiment je recommande ce livre! J’en dis plus un peu plus bas.

Résumé royal:

La description détaillée de l’appartement parisien de Thomas Clerc, jusqu’aux plus infimes détails. Plans à l’appui, il nous raconte, pièce par pièce, et dans une écriture admirable, l’histoire de chaque objet, la raison d’être de chaque chose présente chez lui. Il s’interroge, se souvient, et nous amène avec lui à la découverte de son intérieur.

Résumé au dos du livre:

«Comme j’ai été lent à faire le tour de ma maison! 3 ans pourtant c’est 3 fois moins qu’Ulysse revenant de Troie. Ulysse ne voulait pas rentrer à Ithaque, et moi je m’évertue à rester ici, je supplie de ne pas sortir.»

L’appartement de Thomas Clerc fait 50 mètres carrés. Il y vit depuis 10 ans. Il y passe la majeure partie de son temps. Sans doute parce qu’il est un homme d’intérieur, il a entrepris d’en faire le tour intégral avec cette espèce de vertige qui le pousse toujours à épuiser la totalité d’un espace.

Ce que j’en ai pensé:

Les +: En tout premier lieu, et avant même d’entrer dans le contenu, le format du livre. La collection L’arbalète Gallimard publie des livres au format 140mm x 190mm, et je trouve ce format hyper agréable à tenir en main et surtout vraiment beau. Les couvertures sont sobres, des photos simples sur fond blanc, effet garanti! J’aime vraiment beaucoup d’ailleurs la photo de couverture d’Intérieur.

Sinon j’aime le fait que ce livre soit aussi bien écrit. J’ai enrichi mon vocabulaire d’au moins cinquante nouveaux mots, j’adore ça!

J’aime le fait que la description de l’appartement soit poussée jusqu’aux plus petits détails, que tout soit passé à la loupe (mon côté voyeur, sans doute, ou Sherlock Holmes, plus avantageux), et surtout que la plupart des objets soient accompagnés d’une anecdote, ou traités avec humour (la description du parquet devant la salle de bain!!). J’aime le côté intimiste de ce livre, l’idée que l’on partage avec l’auteur une partie de son intimité, qu’il nous accorde « sa confiance » est plaisante.

Enfin, j’ai adoré la description du bureau.

Les -: Le fait d’écrire 1 en chiffre. Je comprend l’idée mais n’apprécie pas.

Le dénigrement un peu « bobo » parfois d’une partie de la population que l’on nomme artisans. C’est subjectif, je vous l’accorde.

La description de la bibliothèque! POURQUOI si courte? J’ai attendu si longtemps pour en savoir si peu! Hâte de voir un livre entier sur la bibliothèque, M Clerc!

Enfin, je me suis parfois un peu ennuyée face au côté quelque peu scientifique de certaines descriptions, mais c’était le jeu. Tout objet ne peut pas avoir sa part romanesque!

Ma note:

18/20 J’ai adoré! Rien à ajouter! Lisez-le si vous voulez changer un peu d’univers livresque, il en vaut le coup.

Citations choisies:

Il y en a beaucoup, je n’ai pas pu me décider, désolée.

« Ne pas sortir de mon appartement pendant ces années, rester comme 1 sorte de rat, cloîtré, c’était en souvenir des différents séquestrés que j’avais connus, pour lesquels sortir relevait d’1 tâche impossible. Incapables de mettre le nez dehors, ce dehors qui les écrasait, ils passaient le temps, sans pouvoir même s’abandonner à la décoration intérieure et minutieuse du vide. »

« Il y a en moi une graine d’archiviste et je n’aurais pas entrepris ce vaste documentaire si je n’avais la conviction que l’archive, comme la Littérature, dit le vrai. »

« Dès qu’on regarde quelqu’un râper du fromage, l’Histoire perd son sérieux, sa forme et son sens. Fromage, nostalgie et modernisme se mêlent dans 1 plat à fondue. »

« Se refuser à acheter des marchandises d’occasion au motif qu’elles seraient hantées par l’ancien propriétaire, c’est pousser la logique de la maison Phénix jusque dans ses cendres. »

« Le travail austère de l’écriture implique d’incessants subterfuges. Internet y pourvoit mais redouble le problème de la dépendance à l’écran. Le frigidaire est 1 allié plus onctueux, mais piégeant. Le thé calme. Les toilettes servent. La fenêtre délasse. La sieste tente. Le téléphone divertit. La télé déconcentre. Le sexe vide. La rue agresse. Rien ne vaut 1 bon tour de maison. »

« Si je voulais résumer en 1 formule le rôle que la Littérature a joué dans ma vie, je dirais que mes lectures ont été plus déterminantes que mes expériences. […] Dès le départ (qui signifie aussi : séparation), j’ai senti ma différence d’avec les autres hommes, ceux pour qui le réel, se suffisant à lui même, procurait des satisfactions auxquelles je ne pouvais adhérer sans malentendu. »