Le Papillon des étoiles

Bonsoir, bonsoir (faudrait que je trouve une autre introduction,je pense que celle là sent le réchauffé ; promis, j’y pense pour le prochain article)!

Aujourd’hui, je reviens avec Le Papillon des étoiles de Bernard Werber que je viens de terminer. Je suis assez mitigée quant à mon avis sur ce roman. J’ai été très emballée par la première partie (ATTENTION, MICRO SPOILER qui n’en est pas vraiment un puisqu’il s’agit d’un voyage de mille ans donc ça paraît logique : en gros jusqu’à la mort des initiateurs du projet), beaucoup moins par la suite.

J’aime bien le côté savant fou des livres de Werber, on est transporté très loin (c’est le cas de le dire ici) à chaque fois, et c’est ce que j’apprécie chez cet auteur (si tu n’as pas lu Les fourmis, je te le conseille). Mais ce roman me laisse un goût amer, il contient un côté pessimiste auquel je ne m’attendais pas, et c’est ce qui m’a déçue. Bref, je ne vais pas tout dire dans l’introduction, sinon me direz-vous, pourquoi écrire un article?

Résumé royal:

La Terre, les guerres, la politique, un rêve fou, les bonnes rencontres, un projet, le départ, un voyage de mille ans et un peu plus, la nouvelle Terre…

Résumé au dos du livre:

Le plus beau des rêves : Bâtir ailleurs une nouvelle humanité qui ne fasse plus les mêmes erreurs. Le plus beau des projets : Construire un vaisseau spatial de 32 km de long propulsé par la lumière et capable de faire voyager cette humanité pendant plus de 1000 ans dans les étoiles. La plus folle des ambitions : Réunir des pionniers idéalistes qui arrivent enfin à vivre ensemble en harmonie. Et au final la plus grande des surprises…

Ce que j’en ai pensé:

Les +: La première partie. J’étais à fond dans le projet, prête à embarquer, j’ai adoré les personnages initiateurs, leur culot, leurs rêves!

Le rythme ; je tire mon chapeau pour ça à cet auteur, on ne s’ennuie jamais avec ses bouquins. Le rythme est soutenu, l’histoire avance, même parfois un peu trop vite peut-être. Certains grands événement sont simplement mentionnés avant de passer illico à la suite. Mais c’est peut être ce que veut l’auteur, montrer que ce sont des événements qui font partie du cycle de la vie et sur lesquels il n’est peut être pas bon de trop s’attarder (pour le lecteur, j’entends).

L’inventivité. On peut aussi reconnaître à Werber qu’il déborde d’imagination. Je me suis demandée plusieurs fois où il pouvait aller chercher tout ça (et j’ai bien ri quelques fois).

Petit plus aussi pour le côté humoristique de la fin.

Les -: La deuxième et même la troisième partie : le pessimisme ambiant qui je l’avoue, m’a gâché le plaisir de cette lecture. Je ne voulais pas que l’histoire se déroule comme ça et évidemment c’est arrivé. Bref, je n’en dit pas plus je ne voudrais pas gâcher la fête.

Quelques « facilités ». Comment dire? Des événements se produisent de façon trop évidentes, trop facilement. Je comprends le fait que l’intérêt de l’histoire ne soit pas dans ces événements, mais pour un roman qui traite de la complexité de l’être humain, je ne les trouve pas très compliqués ces personnages quand même!

La « facilité » de la fin aussi. C’est compliqué d’en parler sans rien révéler, mais la réécriture du mythe est pour moi un peu trop explicite et facile. L’argument « elle est sourde et déforme donc les noms » sonne un peu trop « je ne savais pas comment amener la chose alors j’ai trouvé ça » à mon avis.

Ma note:

14/20 Bon c’est facile de critiquer quand on n’a jamais rien fait soi-même, je vous l’accorde. Mais je suis énervée parce que j’attendais beaucoup plus de cette lecture. Pour moi, ce n’est vraiment pas le meilleur roman de Werber.

Citations choisies:

« On le disait étourdi, il se disait rêveur.
On le disait maladroit, il se disait dispersé.
On le disait distrait, il se disait absorbé par des réflexions exotiques. »

« Vous imaginez le premier poisson qui est sorti de l’eau pour ramper sur a terre ferme? Il a dû avoir une sacrée émotion. A peine sorti de l’eau il a dû vouloir y revenir. D’ailleurs, beaucoup y sont retournés, reconnut-elle. »

« C’est ton unique devoir. Transmets le savoir. Nos enfants oublieront beaucoup de choses, ils comprendront de travers, ils croiront même que cette planète est la seule où ont vécu les hommes. « La Terre ». Le Savoir, c’est le seul trésor qui peut nous permettre de sortir de l’obscurantisme. C’est tout ce qui reste des expériences, des douleurs, des erreurs et des inventions de nos ancêtres. Transmets le Savoir afin d’être sûre que nos descendants ne recommencent pas indéfiniment les mêmes erreurs. »

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Un homme qui dort

 

Cet article ne sera pas comme les autres, parce que ce roman (si l’on peut parler de roman, mais oui, je crois) ne ressemble pas aux autres.

Ce roman est une expérience. Ce roman c’est la contemplation, la recherche de l’indifférence mais la mise en exergue de tous les sens. Ce roman c’est des images, des odeurs, des sons, des sensations. Ce roman c’est le temps qui passe. Ce roman c’est la solitude. Ce roman c’est des humeurs variables. Ce roman est une ritournelle, tout ressemble à tout, la vie est une éternelle répétition.

Ce roman c’est l’enfermement de la petite chambre ou l’enfermement de la grande ville.

Ce roman c’est la fuite de la vie.

Ce roman c’est du gris, partout, et une bassine de plastique rose.

Ce roman est merveilleusement bien écrit.

Ce roman est une leçon.

Extraits choisis: 

« Au fil des heures, des jours, des semaines, des saisons, tu te déprends de tout, tu te détaches de tout. Tu découvres, avec presque, parfois, une sorte d’ivresse, que tu es libre, que rien ne te pèse, ne te plaît ni ne te déplaît. »

« Tu te vois, tu te vois te voir, tu te regardes te regarder. Même si tu t’éveillais, ta vision demeurerait identique, immuable. Même si tu parvenais à t’ajouter des milliers, des milliards de paupières, il y aurait encore, derrière, cet œil, pour te voir. Tu ne dors pas, mais le sommeil ne viendra plus. Tu n’es pas éveillé et tu ne te réveilleras jamais. Tu n’es pas mort et la mort même ne saurait te délivrer… »

« Tu traînes dans les rues, tu entres dans un cinéma ; tu traînes dans les rues, tu entres dans un café ; tu traînes dans les rues, tu regardes la Seine, les boucheries, les trains, les affiches, les gens. Tu traînes dans les rues, tu entres dans un cinéma où tu vois un film qui ressemble à celui que tu viens de voir, la même histoire béate racontée par un monsieur trop intelligent, pleine de gentillesse et de musique, et puis l’entracte, des films publicitaires que tu as vus vingt fois, cent fois, les actualités que tu as vues dix fois, vingt fois, un documentaire sur les sardines, ou sur le soleil, sur Hawaï ou sur la Bibliothèque Nationale, la bande-annonce d’un film que tu as déjà vu et que tu verras encore, le film que tu viens de voir qui recommence encore une fois, avec son générique morcelé, la plage d’Etretat, la mer, les mouettes, les enfants qui jouent sur le sable. »

Le mot du jour:

Question.

C’est ça le mot du jour. Des questions sur tout. Mais pardon, je ne me suis pas présentée.

Son altesse, 23 ans, « créatrice de mode » qui se cherche, qui se demande si elle a choisi la bonne voie, qui se dit tous les jours qu’elle aurait du en choisir une autre mais qui en même temps prend parfois du plaisir à faire ce qu’elle fait. Besoin de créer, en fait. N’importe quoi mais créer.

Petit coup de déprime.

Mais envie de faire des choses, de belles choses.

Mais je n’aime pas la mode, la mode c’est tout le temps pareil. Envie de bousculer les codes! Mais est ce que les gens sont prêts a les bousculer les codes? J’ai l’impression que plus personne ne bouscule quoi que ce soit aujourd’hui.

Pessimisme.

C’est peut être ça le mot du jour.

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