Dans les forêts de Sibérie

Ce livre c’est la liberté sans limites. La liberté d’être seul, la liberté d’être loin de tout, et en même temps si (trop) près.

Ce livre c’est un éloge de la nature, des arbres, des animaux. C’est ne prendre à la nature que ce dont on a vraiment besoin. Ce livre c’est se sentir humble face à elle.

Ce livre c’est la vie en cabane. C’est le réconfort de l’alcool, d’un feu de bois, d’un thé brûlant.

Ce livre parle de livres.

Ce livre c’est la solitude et le silence. C’est partager un repas sous la pluie allongé à même le sol.

Ce livre c’est le temps qui passe et que l’on regarde passer. Ce livre c’est vivre l’instant.

J’ai adoré ce livre.

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« L’homme libre possède le temps. L’homme qui maîtrise l’espace est simplement puissant. En ville, les minutes, les heures, les années nous échappent. Elles coulent de la plaie du temps blessé. Dans la cabane, le temps se calme. Il se couche à vos pieds en vieux chien gentil et, soudain, on ne sait même plus qu’il est là. Je suis libre parce que mes jours le sont. »

« Les livres sont plus secourables que la psychanalyse. Ils disent tout,mieux que la vie. »

« Etre seul, c’est entendre le silence. Une rafale. Le grésil brouille la vue. Je pousse un hurlement. J’écarte les bras, tends mon visage au vide glacé et rentre au chaud. J’ai atteint le débarcadère de ma vie. »

« Il est bon de savoir que dans une forêt du monde, là-bas, il est une cabane où quelque chose est possible, situé pas trop loin du bonheur de vivre. »

Anna Karénine

Mais que ça faisait longtemps! Votre altesse vous prie d’accepter pour la centième fois ses plus plates excuses pour sa trop longue absence. Elle souhaite de tout son cœur pouvoir tenir ce blog de façon régulière mais il lui est parfois difficile de lire autant qu’elle le voudrait. Si tu t’inquiètes de son absence, tu peux t’abonner à son compte instagram créé il y a peu, et partager avec elle tes propres lectures, passions et envies.

Bref, j’en ai mis du temps avant de te parler de ce roman, je m’en excuse! Fini l’attente, je m’exécute tout de suite! Ah et juste pour info, demain je vais à nouveau à la rencontre de la belle personne qui m’a conseillé cette lecture (ouiiiiiiiiiii!!!)… je te laisse deviner qui (petit indice : elle est de nationalité belge et un tout petit peu connue…).

Résumé royal:

Pour une fois, je préfère à un résumé plus ou moins détaillé, te citer la première phrase de ce roman (qui est en quelque sorte un résumé à elle seule) :

« Toutes les familles heureuses se ressemblent. Chaque famille malheureuse, au contraire, l’est à sa façon. »

Résumé au dos du livre:

Anna n’est pas qu’une femme, qu’un splendide spécimen du sexe féminin, c’est une femme dotée d’un sens moral entier, tout d’un bloc, prédominant : tout ce qui fait partie de sa personne est important, a une intensité dramatique, et cela s’applique aussi bien à son amour.
Elle n’est pas, comme Emma Bovary, une rêveuse de province, une femme désenchantée qui court en rasant des murs croulants vers les lits d’amants interchangeables. Anna donne à Vronski toute sa vie.
Elle part vivre avec lui d’abord en Italie, puis dans les terres de la Russie centrale, bien que cette liaison « notoire » la stigmatise, aux yeux du monde immoral dans lequel elle évolue, comme une femme immorale. Anna scandalise la société hypocrite moins par sa liaison amoureuse que par son mépris affiché des conventions sociales.
Avec Anna Karénine, Tolstoï atteint le comble de la perfection créative.
Vladimir Nabokov.

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Ce livre c’est la vie. Pas romancée, même si c’est un roman, pas exagérée, même si les personnages sont exubérants, ce livre c’est un portrait magnifique de la société russe du XIXème siècle et du temps qui passe.

J’ai beaucoup aimé cette lecture, du fait qu’on suit l’histoire de plusieurs personnages en parallèle, et si certains sont parfois agaçants, on est aussitôt embarqué au chapitre suivant par un autre dont la vie est plus palpitante, ou dont les traits de caractères sont plus aimables.

Les personnages de Levine et Kitty! Qu’ils sont choux n’est-ce pas!

L’écriture de Tolstoï. J’ai ri, j’ai pleuré, et tout ça est amené avec tellement de facilité! Sans compter le point de vue très juste et l’ironie de l’auteur sur la condition humaine.

Les -: Anna. Je n’ai pas réussi à l’aimer. Un peu au début mais je me suis lassée d’elle… pour mieux la comprendre finalement à la fin du livre.

Certaines longueurs, notamment les passages politiques qui ne m’intéressent pas vraiment.

La fin. Je n’ai pas trop apprécié cet enchaînement de « révélations soudaines », qui m’ont donné une impression de « bon on est à 1000 pages il faut en finir ». Mais ce n’est que mon avis (et c’est facile à dire, majesté!), et surtout, ce n’est pas si important.

Ma note:

17/20 Un grand classique que j’ai été ravie de découvrir, et qui m’encourage à lire d’autres œuvres de ce grand auteur. Je ne peux que te le conseiller, ne t’arrête pas au nombre de pages, il se lit facilement et les chapitres sont courts, ce qui fait qu’on n’a absolument pas le temps de s’ennuyer.

Citations choisies:

« A mon avis, ces deux questions sont liées indissolublement, dit Pestzof. C’est un cercle vicieux. La femme est privée de droits, faute d’instruction; et de son manque d’instruction, on déduit l’absence de droits. Il ne faut pas oublier que l’asservissement des femmes est si grand et si ancien que souvent nous ne voulons pas comprendre l’abîme qui nous sépare de l’autre sexe. »

« D’abord ne te balance pas ainsi, dit Alexis Alexandrovitch. Et ensuite, sache que ce qui doit nous être cher, c’est le travail lui-même et non la récompense. Je voudrais te faire comprendre cela. Si tu ne cherches que la récompense, le travail te paraîtra pénible ; mais si tu aimes le travail, ta récompense ira de soi. »

« Tiens! une mendiante avec un enfant… Elle pense sans doute que j’ai pitié d’elle… Est-ce que nous tous ne sommes pas abandonnés dans le monde?… Pour seulement se haïr, et ensuite se tourmenter et faire souffrir les autres… »

Premier amour

Mesdames, Messieurs, bonsoir! Je reviens ce soir avec une nouvelle qui m’a été conseillée par Amélie Nothomb, excusez du peu! Je la remercie mille fois pour cette découverte, j’ai beaucoup aimé cette lecture! Romantisme POWER! Attention, cependant, si comme moi vous la téléchargez au format numérique pour liseuse (le texte faisant partie du domaine public, il est accessible gratuitement, PRO-FI-TEZ – EN!), plusieurs fichiers auxquels j’ai eu accès sont incomplets (il manque le dernier ou les deux derniers chapitres, ce qui est vraiment dommage puisque le dernier est pour moi le plus beau). Donc il faut que votre texte se termine par « […] et pour moi » (désolée pour le peu d’information mais la dernière phrase est en fait un SPOILER).

Pour les intéressés, vous pouvez le lire au format PDF ici (oui je sais votre majesté est trop bonne, elle l’a cherchée pour vous. Non, ne me remerciez pas, ce n’est rien, voyons!)

Résumé royal:

Vladimir Pétrovitch, Zinaïda, la découverte du sentiment amoureux, la jalousie, le secret, la solitude, la souffrance… (oui, à histoire courte, résumé court).

Résumé sur livraddict:

«Quelle fille excitante que Zinaïda!» écrit Flaubert à Tourgueniev à propos de son roman. «C’est une de vos qualités de savoir inventer les femmes. Elles sont idéales et réelles. Elles ont l’attraction et l’auréole.» Irrésistible du haut de ses vingt et un printemps, la capricieuse et attirante Zinaïda fait chavirer le cœur du jeune Vladimir Pétrovitch, seize ans à peine. Premier amour et premiers tourments d’un enfant épris de la jolie princesse pour l’avoir vue par-dessus la palissade de son domaine… Mais lorsque Zinaïda devient froide et mystérieuse, d’étranges soupçons envahissent l’esprit de Vladimir. Quel est donc ce rival secret qui l’éloigne de lui?

Ce que j’en ai pensé:

Les +: La noirceur sous-jacente : en grande fan de Tim Burton et autres choses du même genre que je suis, j’aime le fait que l’histoire, même si elle est romantique à souhait, ne tombe jamais dans la mièvrerie. On sent tout au long du récit qu’il y a un malaise quelque part et… non n’insistez pas je n’en dirai pas plus!

Les -: Trop court. Oui je sais c’est une nouvelle. Mais un roman plus approfondi aurait été bien aussi, avec plus de psychologie des différents personnages peut être.

Ma note:

16/20  J’ai beaucoup aimé cette lecture, mais ce n’est quand même pas un coup de cœur. J’aurais préféré une version plus longue, où l’on se serait plus intéressé à la psychologie des personnages, autant principaux que secondaires. Je recommande tout de même sans hésiter cette nouvelle, surtout si comme moi vous ne connaissez pas encore les Russes : c’est une belle entrée en matière.

Citations choisies:

« Je dépérissais à vue d’œil quand Zinaïda n’était pas là : j’avais la tête vide, tout me tombait des mains et je passais mes journées à penser à elle… Je dépérissais loin d’elle, ai-je dit… N’allez pas croire, pour cela, que je me sentisse mieux en sa présence… Dévoré de jalousie, conscient de mon insignifiance, je me vexais pour un rien et adoptais une attitude sottement servile. »

« Elle en fut amusée et commença à rire de ma passion, à me tourner en bourrique, à me faire goûter les pires supplices. Quoi de plus agréable que de sentir que l’on est la source unique, la cause arbitraire et irresponsable des joies et des malheurs d’autrui ?… C’était précisément ce qu’elle faisait, et moi, je n’étais qu’une cire molle entre ses doigts cruels. »

« Ce que je venais d’apprendre était au-dessus de mes forces… J’étais écrasé, anéanti… Tout était fini… Mes belles fleurs gisaient, éparses autour de moi, piétinées, flétries. »