Dans les forêts de Sibérie

Ce livre c’est la liberté sans limites. La liberté d’être seul, la liberté d’être loin de tout, et en même temps si (trop) près.

Ce livre c’est un éloge de la nature, des arbres, des animaux. C’est ne prendre à la nature que ce dont on a vraiment besoin. Ce livre c’est se sentir humble face à elle.

Ce livre c’est la vie en cabane. C’est le réconfort de l’alcool, d’un feu de bois, d’un thé brûlant.

Ce livre parle de livres.

Ce livre c’est la solitude et le silence. C’est partager un repas sous la pluie allongé à même le sol.

Ce livre c’est le temps qui passe et que l’on regarde passer. Ce livre c’est vivre l’instant.

J’ai adoré ce livre.

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« L’homme libre possède le temps. L’homme qui maîtrise l’espace est simplement puissant. En ville, les minutes, les heures, les années nous échappent. Elles coulent de la plaie du temps blessé. Dans la cabane, le temps se calme. Il se couche à vos pieds en vieux chien gentil et, soudain, on ne sait même plus qu’il est là. Je suis libre parce que mes jours le sont. »

« Les livres sont plus secourables que la psychanalyse. Ils disent tout,mieux que la vie. »

« Etre seul, c’est entendre le silence. Une rafale. Le grésil brouille la vue. Je pousse un hurlement. J’écarte les bras, tends mon visage au vide glacé et rentre au chaud. J’ai atteint le débarcadère de ma vie. »

« Il est bon de savoir que dans une forêt du monde, là-bas, il est une cabane où quelque chose est possible, situé pas trop loin du bonheur de vivre. »

Le Miroir d’Ambre – A la croisée des mondes / 3

Tout est bien qui finit… triste! Et moi je suis contente d’avoir enfin fini (même si j’ai failli, je l’avoue, verser ma petite larme. En même temps, quel mélodrame cette fin)! Il est de ces livres que l’on ne veut jamais terminer, desquels on déguste chaque page comme si la vie allait s’arrêter quand on les aura refermés. Ça n’a pas du tout été mon cas ici. J’ai eu beau apprécier cette lecture, je me dis qu’ENFIN je vais pouvoir passer à autre chose. J’ai trouvé ce tome meilleur que le précédent, plus rythmé, plus intéressant, mais je crois que lire les trois d’affilée, c’était trop pour moi.

Difficile d’en parler sans dévoiler quoi que ce soit des tomes précédents (mais je suis contente que certains personnages meurent enfin! Non, non, n’insistez pas, je n’en dirais pas plus.).

Comme dans le tome 2, on retrouve une critique très virulente de l’église, parfois de façon explicite: « Mais il était parfois nécessaire de tuer des gens, par exemple; dans ces cas-là, l’assassin était beaucoup plus serein s’il pouvait agir en état de grâce », ou encore « Le crucifix autour de son cou et le fusil dans son dos étaient les deux symboles de sa volonté inébranlable d’accomplir sa tâche ». Je préfère ne pas donner d’avis critique, n’étant pas compétente pour le faire, mais je trouve dommage que ce genre de choses apparaissent dans un livre jeunesse, les enfants ne disposant (à mon avis) pas d’assez de sens critique ou de culture historique pour comprendre le contexte dans lequel se déroule l’histoire.

Ah et j’ai aussi remarqué que l’auteur aime les mots « bougainvilliers » et « rhododendrons », on les retrouve souvent!

Résumé royal:

La disparition. Des anges amoureux. Le sommeil. Le retour de Iorek. Serafina Pekkala. Les changements climatiques. Ama. La forteresse. Des complots. Mary. Des personnages étranges au squelette en losange. La Sibérie. Le feu. La course. Les affrontements. Mme Coulter. Les libellules. Des personnes de petite taille. La forge. La montagne. Lord Asriel. Le vaisseau d’intentions. Une mission. Un voyage particulier. Les harpies. L’Eglise. La mort. La bataille…

Résumé au dos du livre:

Lyra, l’héroïne des Royaumes du Nord et de La Tour des Anges, est retenue prisonnière par sa mère, Mme Coulter, qui pour mieux s’assurer de sa docilité, l’a plongée dans un sommeil artificiel. Will, le compagnon de Lyra, armé du poignard subtil, s’est lancé à sa recherche, escorté de deux anges, Balthamos et Baruch. Avec leur aide, il parviendra à délivrer son amie. Mais, à son réveil, Lyra lui annonce qu’une mission encore plus périlleuse, presque désespérée, les attend : ils doivent descendre dans le monde des morts…

Ce que j’en ai pensé:

Les +: J’ai adoré les passages avec Mary et les mulefas, c’était nouveau, très inventif, et plein de beaux sentiments (instant de mièvrerie, le retour!).

Contente de retrouver les anciens personnages, même si le paysage du grand nord du premier tome m’a manqué (trop de soleil! Trop de soleil! Et moi qui pensais que ce serait une histoire parfaite à lire pendant l’hiver!).

Mon côté sorcière a beaucoup aimé les harpies aussi! Très chouette description, j’aurais presque senti leur odeur!

La « morale » de l’histoire: Donnez, beaucoup, mais surtout, soyez libres!

Enfin, ce que Philip Pullman écrit dans ses remerciements: « J’ai volé des idées dans tous les livres que j’ai lus. Quand j’effectue des recherches pour un roman, mon principe est le suivant: « Lire comme un papillon, écrire comme une abeille » et, si cette histoire renferme un peu de miel, c’est uniquement grâce au nectar que j’ai trouvé dans l’oeuvre de bien meilleurs écrivains ». C’est très joliment dit!

Les -: Euh là j’ai envie de m’indigner! On nous promet le retour des gitans, moi trop heureuse, ouiiiiii les gitans reviennent… AU DERNIER CHAPITRE! Quelle grande mascarade!

La fin. Ce dénouement qui n’arrive jamais. C’était long! J’avais l’impression que l’auteur se cachait derrière moi en se disant « Mais tu vas pleurer oui!!! » Difficile de ne pas Spoiler, mais j’avais hâte qu’on en finisse!

Le fait que P(SPOIL) soit moins proche de Lyra (c’est ce qui m’a rendue la plus triste en fait), et le fait que Lyra grandisse (même syndrome qu’Harry Potter, lui non plus je ne voulais pas qu’il grandisse!).

Et puis vraiment trop de Soleil et de plages!

Ma note:

15/20 Une belle manière de clôturer la trilogie, mais j’aurais aimé retrouver à la fin l’esprit du premier tome (Le grand Nord, le froid, les ours, les gitans), histoire de boucler la boucle. Mais une guerre est passée et tout le monde a changé. Ça n’aurait pas pu être la même chose.

Citations choisies:

« Les sténographes qui notaient chaque mot étaient des nonnes de l’ordre de Saint-Philomel ayant fait vœu de silence mais, en entendant les paroles de Fra Pavel, l’une d’elle laissa échapper un petit cri de stupeur et, aussitôt, toutes les mains s’agitèrent comme des oiseaux affolés lorsque les religieuses se signèrent. »

« Elle n’avait jamais connu un tel silence, pas même dans l’immensité neigeuse de l’Arctique : il n’y avait pas un souffle de vent, la mer était si calme qu’aucune vaguelette ne venait lécher le rivage ; le monde semblait suspendu entre une inspiration et une expiration. »

« Capable d’être dans l’incertitude, le mystère et le doute, en oubliant l’exaspérante quête de la vérité et de la raison. Voilà l’état d’esprit qui convient. »

« Ce qui mérite d’être possédé mérite qu’on travaille pour l’obtenir. »

Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre

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Encore une fois, je suis impardonnable! Une si longue absence! Et bien oui, mais voyez vous, durant tout ce temps je n’ai pas lu. Beaucoup de préoccupations, et d’occupations qui ont fait que je n’arrivais pas à me poser un moment et lire. En fait si, j’ai commencé Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, mais impossible de me plonger dedans. Est-ce le livre qui ne me plaît pas ou le fait que ce n’était pas le bon moment, je n’en sait rien, mais le fait est que depuis je n’avais pas repris un livre. Mais c’est aujourd’hui chose faite, j’ai dévoré Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre, de Ruta Sepetys.

 

Résumé royal:

Nous suivons le parcours de Lina, passionnée de dessin, et de sa famille, déportés de Lituanie pendant la seconde guerre mondiale, jusqu’à la Sibérie. Sur « la route », si l’on peut dire, elle va faire de nombreuses rencontres et créer des liens très fort avec ses compagnons d’infortune. Elle nous raconte son histoire.

Résumé au dos du livre:

Lina est une jeune Lituanienne comme tant d’autres. Très douée pour le dessin, elle va intégrer une école d’art. Mais une nuit de juin 1941, des gardes soviétiques l’arrachent à son foyer. Elle est déportée en Sibérie avec sa mère et son petit frère, Jonas, au terme d’un terrible voyage. Dans ce désert gelé, il faut lutter pour survivre dans les conditions les plus cruelles qui soient. Mais Lina tient bon, portée par l’amour des siens et son audace d’adolescente. Dans le camp, Andrius, dix-sept ans, affiche la même combativité qu’elle…

Le récit de Lina vous coupera le souffle. Vous n’aurez qu’une envie: faire partager cette histoire aussi terrible qu’exemplaire, qui irradie d’amour et d’espérance. Déjà un classique dans de nombreux pays.

Ce que j’en ai pensé:

Les +: Encore un livre de plus sur la deuxième guerre mondiale, me suis-je dis au départ. Mais celui-ci est différent. D’abord, il nous montre un point de vue autre que ceux que l’on a l’habitude de lire: celui des pays baltes. Personnellement, c’est la première fois que je lis un roman dont l’histoire se déroule dans ces pays, et il faut dire que ça fait du bien de changer de paysage. Ensuite, et surtout, même si il est questions d’événements abominables, dont les atrocités sont plutôt bien décrites d’ailleurs, il n’en reste pas moins un roman très optimiste. Tout au long de l’histoire, on partage l’espoir de Lina et de ses proches, qui cherchent sans cesse à dégager du positif de toutes les choses effroyables qui leur arrivent, et malgré une fin qui fait verser quelques larmes, on referme ce livre plutôt avec le sourire. Enfin, ce livre étant destiné à un jeune public, j’ai apprécié la simplicité de lecture qui fait défaut à la plupart des romans portant sur ce thème.

Les -: Le seul point négatif à mon avis est la fin. J’aurais voulu savoir si Lina a pu retrouver… mais je ne vous en dirais pas plus, ce serait gâcher votre lecture!

Ma note:

17/20  J’ai beaucoup aimé et ai passé un très agréable moment, mais je ne dirais pas que ce fut un énorme coup de cœur pour autant.

Citations choisies:

« Personne ne répondit. Comment allions-nous pouvoir prendre notre propre défense si chacun se recroquevillait de peur et restait muet? »

« Janina restait plantée sous la pluie. Elle contemplait le ciel tout en poursuivant une conversation avec un interlocuteur imaginaire – sans doute le fantôme de sa poupée. »

« J’aspire à la mort depuis le premier jour et pourtant je suis toujours en vie. Est-il possible que ce soit si difficile de mourir? »